‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 813 sur 993 · Voy. ci-iiprts l»48il5Ct · texte numérisé non relu

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tions ne sont pas nécessaires et une simple indication générale peut suffire.

L'absence complète de tout document rend très difficile une précision véritable au sujet de ces détails. Cependant, on peut presque affirmer que la lettre d'échevinage contenant le marché primitif touchait au moins à quatre questions essentielles : la matière et son pri.x. le travail et son prix. Les deux premières regardaient surtout le drapier et le passé, les deux dernières concernaient plutôt le maître et l'avenir. Elles pouvaient être complétées par des clauses relatives aux lieux et aux délais de la livraison et de la reprise d,es matières ouvrables et ouvrées. Mais le ca.,ractère essentiel était que ces sortes de lettres de commande devaient se contenter d'appliquer des points particuliers des règlement > : elles devaient donc être très brèves et ne comprendre que quelques simples stipulations pour l'exécution desquelles il suffisait en effet d'utiliser des prescriptions échevinales. On peut croire qu'à la réserve de questions de détails, variables selon les individus et les circonstances, rien ne se trouvait laissé à l'initiative privée. Aussi, dans leur ensemble, ces ordres ne faisaient-ils que se répéter plus ou moins : ils possédaient sans doute, à l'exemple de la législation administrative sur laquelle ils se modelaient, une nature réglementaire et officielle. En d'autres termes, ils apparaissaient comme un élément essentiel de " l'œuvre de la ville », puisque c'était grâce à eux qu'elle s'accomplissait chaque jour.

Les parties n'avaient donc que des raisons administratives et privées de les exécuter de point en point. En s'y conformant, elles obéissaient simplement à des prescriptions générales de l'autorité urbaine : de plus, puisque ces marchés s'établis-saient par lettres d'obligation, ces contrats de draperie acquéraient toute la valeur juridique des actes quelconques passés dans les mêmes conditions, c'est-à-dire qu'ils liaient les contractants avec toute la force possible. Aussi, tout naturellement, leur violation était-elle interdite. Dans l'ensemble, on défendait tout " barat n de matière première

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OU tinctoriale * et spécialement, les quantités de produits, à envoyer en vue de la teinture - ou du tissage, devaient être scrupuleusement conformes aux règlements. Dan.> le dernier cas. on le sait, non seulement le drapier ne pouvait pas adresser moins de trame ou de chaîne pour chaque drap qu'on ne le prescrivait, mais le tisserand non plus ne pouvait en accepter des quantités inférieures : on allait jusqu'à lui faire prêter serment à ce sujet ^ et on l'incitait en quelque sorte à l'observation des règlements en déclarant que si, par exemple, la trame manquait et que par « le defaute » de l'individu rcsi)on8able, en la circonstance du « drapier », le maître .se voyait obligé d'arrêter sa besogne, l'un était tenu de « rendre .se jornée » à l'autre *. On comprend sans peine que si le fabricant transigeait sur ce point, il ne pouvait confectionner que de mauvaises étoffes ; c'était donc son intérêt bien entendu ((u'on s'efforçait d'éveiller. En princii^e, il ne fallait pas {|ue le ])etit patron « jjcrdit » sur la marchandise, éprouvât, par ses défauts, du « damage ' » : une fois de plus, on ordonnait que l'exécution du maître fût « loiale ».

Il serait intéressant de savoir si le paiement de la marchandi.se par l'acheteur au vendeur était réel ou fictif, mais cette question comme les autres, par suite de l'absence complète de renseignements, ne ])eut être résolue, au moins avec une précision complète. En principe. puis(|ue cette matière était destinée à revenir complètement à son propriétaire, qui l'avait 9im]>lement passée d'une façon momentanée ou prêtée, et qu'au contraire l'emprunteur, l'acheteur temporaire devait, au monu'nt de la restitution, recevoir une certaine somme qui lui demeurait sans retour. le versement véritable de l'argent ne paraissait ]ms i>rati(iuement être

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