‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 876 sur 993 · Jirniril. n · texte numérisé non relu

Jirniril. n

ces métiers : l'ofFre devait donc être extrêmement abondante comme quantité, très ordinaire comme qualité : par conséquent, aucun choix, aucun triage préliminaire ne s'effectuaient sous le rapport personnel. Le mode domestique de l'exécution du travail de ces artisans, qui donnait aussi peu que possible à leurs « ouvroirs » un caractère de fabrique, et aussi la forme faible et restreinte de leurs petites industries les réduisaient sans doute eux-mêmes à n'être en relations économiques qu'avec un seul employeur : ils n'avaient pas assez de dispositions ni de forces, assez de facilités ni de vigueur pour s"en émanciper. Comme la demande était ainsi toujours assurée de trouver une main-d'œuvre surabondante, qu'elle pouvait la remplacer sans aucune difficulté, qu'il n'existait toujours qu'un seul fournisseur de travail par travailleur, cette situation rendait le premier entièrement libre et tout-puissant à l'égard des salaires : aussi, bien entendu, la rémunération n'était-elle pas fixe et il ne devait même pas exister de métiers drapiers où elle fut plus instable, en d'autres termes, plus défavorable aux artisans, qui ne possédaient assurément aucun moyen de résister à l'omnipotence économique du drapier. Les résultats de la loi de l'offre et de la demande s'exerçaient sans doute de ce côté de l'économie avec d'autant plus de vigueur qu'il s'agissait généralement de femmes, moins libres et plus malléables que les hommes. Par toutes ces conditions, l'employeur pouvait disposer de « ses » ouvriers entièrement à « se volonté ».

En fait d'ailleurs, l'état social de ces divers petits travailleurs nous est absolu7nent inconnu. Nous voyons seulement, dans la seconde moitié du xiii^ siècle, un batteur do laine acheter une mai.son '. Mais cet acte, que l'on peut multiplier par la pensée, se borne à indiquer que ce travailleur était un petit bourgeois ou un manant, comme tel habitant forcément un immeuble, et rien de plus : en cela, l'intéressé n«' différait pas du reste des fabricants, membres directs ou indirects de

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