‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 889 sur 993 · Joindre t. I · texte numérisé non relu

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supérieure à celle de ces mêmes travailleurs ])réliminaires, fait éclater à leurs ]iropres yeux la coutradiction entre leur humilité et leur force, entre le réel et le j)ossible : il dévelo])pe dans leur profession plus que dans tout autre métier un esprit particulièrement remuant et agissant, (pii les pousse, surtout par l'association, à essayer d'obtenir t<)\it ce (|ui )iourrait favoriser leurs ambitions et accroître leurs droits. Bref. ])lacés au centre de la draperie, participant de la préparation et de l'achèvement de la fabrication, ils tiennent pour ainsi dire du jiassé et de l'avenir et ainsi, ils présentent à tous égards un véritable dualisme *.

C) Lea lialeurs. Le^ teinturiers.

Le métier annexe des listeurs n"a iloiiiié lieu (ju"à une courte réglementation se bornant à peu près à un ban du milieu du xiii*" siècle *, et il ne nous a laissé aucun acte pratique '. Le règlement, on le sait, après consultation des maîtres du métier joints aux draj)iers, fut rendu au.x noms des j)remiers et des esgardeurs seuls, attestant une intervention des petits patrons (pii. toute restreinte et déterminée qu'elle fût, ne leur a été commune ([u'avec les pareurs et les tondeurs. La disposition du ban la j)lus caractéristi(iue fait toujours réserver en principe le travail au mari, sans raison explicable d'ailleurs, à l'exclusion de la fcmiiir it du garçon *. L'organisation des ateliers était en effet assez complexe, car elle com])renait les apprentis et même ces garçons * : l'absence de tuent ion des valets ne tient probablement ([u'à la brièveté (le la documentation. D'autre part, le .systênu- des salaires fixes n'existait pas. Il y a là un nu-lange di- dispositions j)lutôt

1. Cf. Hiir rcfl aiipirationB ol Hiir ce rAlo don tùtscranda dniu In Flandr», rin-nno. Hintnirr, M. 58. 70. MtH-litB; pour Tournai. Vorrii-Ht. Lm liMr» «nrinlf-K... à T.. 7-22.

2. Hrriiril. Il" 22fl. i>t joiiidr.- pour In lin ilii .\iv- h.. :f7 I "•. *''. :is(l'< ,| .'ISH. :i. .A la rijfiifiir. Hrrmil. n" ',i'.i'2.

i. S" 22ri'.

s. Vov. plus haut 9U0.

favorables, quelquefois contraires au métier des listeurs, qui peut permettre de lui attribuer une situation sociale moj'enne : c'est ce que confirme sa liaison technique si étroite avec la profession des teinturiers.

Les teinturiers sont les travailleurs qui ont peut-être donné lieu à la plus grande quantité de règlements échevinaux. nous renseignant surtout sur la technique et en particulier sur les ingrédients tinctoriaux ^, mais leur état social demeure tout à fait obscur. Cette absence de renseignements à ce sujet est d'autant plus regrettable qu'ils avaient un rôle exceptionnel dans l'industrie, dii justement à ce que leur genre de manipulation les mettait en dehors de la succession régulière des travailleurs.

En effet, à l'égard de la fabrication, ils se trouvaient dans une situation spéciale. L'organisation d'une teinturerie différait assez profondément de celle des autres établissements de la draperie, sauf peut-être des exploitations de fouleries. Autant que possible, une entreprise de ce genre devait se trouver près d'une rivière -, afin de se procurer facilement l'eau nécessaire. Certains travaux préparatoires paraissaient être utiles, sinon pour la conduite des eaux, certainement en vue de leur écoulement et sans doute pour l'installation de tout le matériel particulier indispensable *"•*. D'autre part, ce dernier outillage demandait naturellement à être acheté ^, puis entretenu et au besoin renouvelé. C'était là une première série de dépenses accessoires et néanmoins préalables et permanentes '. Cependant, le matériel même n'était pas sans doute la cause des frais les plus considérables : il faut la chercher dans l'acquisition des ingrédients tinctoriaux ([ue le

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