oy. plus haut 0(>:!-9f
3. Comme dociuiicnts relatifs A In vie privée des tondeurs, voy. Recueil, 274. 29!l et 373.
4. On sait qu'au tondaçe se rattachaient peut-être quelque» travailleurs annexes (voy. plus haut, 78fi-7H7) : les cottonneurs. lese.sboure.sses, le.s recou- «eros, mais on doit se contenter de les mentionner. Les premiers cependant paraissaient avoir des salaires fixes. (Recueil, n" 310*).
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CONCLUSION
Si on cherche à étabhr une comparaison entre les métiers successifs de la draperie malgré la restriction des renseignements réunis sur chacun d'eux, la connaissance, si réduite soit-elle qu'on arri\c à en posséder, permet néanmoins d'aboutir à cette conclusion générale déjà signalée que la situation des divers genres de fabricants et plus précisément les similitudes ainsi que les différences constatées entre eux, apparaissent toujours comme étant les résultats évidents et directs d'une même cause dont l'application se constate et se retrouve partout : la techni()ue. On ne saurait vraiment trop insister sur ce point absolument fondamental. Ce n'est pas, sans doute, qu'il faille considérer la fabrication uniquement en elle-même, d'inic façon isolée et absolue, bref, dans son accomplissement purement matériel, pour saisir toutes les conséquences diverses f[ui peuvent en dériver : envisagée d'ailleurs de ce point de vue exclusif et restreint, elle offre déjà une réelle importance. Mais si on veut se représenter dans leur ensemble les abords extérieurs et les caractères internes des opérations, et sous le ra])|)()rt non seulement industriel, mais financier, l'installation du matériel, puis son utilisation, la préjjaration et l'exécution du travail, les facilités ou les difficultés ([uc les deux éléments technique ou pécuniaire présentaient, la pré])ondérance ou l'infériorité de l'action du machinisme ou du « manualisme », l'absence ou l'existence des frais accessoires, on reconnaîtra ai.sément <|ue le mode général de l'ojjération déterminait d'une façon expresse l'état également général comme les divers aspect* des travailleurs (pii ra((()mi)lissaicnt. En d'autn-s ternies, des caractères et des différences teihniciucs découlaient sans aucun doute les natures et les distinctions économiques et avec elle» les formes et les séparations juridiques et sociales des artisans. Ainsi, rapi)orts des maîtres avec le drapier, en
particulier, nombre des employeurs, unique ou multiple, nature de la rémunération, changeante ou fixe ; rapports avec le personnel, organisation de l'atelier, absence ou existence d'apprentis et de valets ; rapports avec le public, défaut ou possibilité de relations avec lui ; dans l'ensemble, éloignement plus ou moins complet ou intervention plus ou moins prononcée du capitalisme, privation plus ou moins entière ou propriété plus ou moins développée de droits sociaux ; réduction à l'état de pur ou\Tier ou tendance à la situation de patron libre, contraste absolu entre le maître et le drapier ou assimilation éloignée de l'un à l'autre ; en un mot, dépendance ou émancipation et passage de la première à la seconde par des gradations successives ; au fond, si on veut s'en souvenir, tout était bien une conséquence de la technique.
La fabrication faisait en effet de certains artisans, pour lesquels l'apprentissage ne paraissait même pas être nécessaire, des travailleurs tout à fait inférieurs, qui, vis-à-vis d'une autorité ou d'un employeur quelconques, ne jouissaient sans doute pas du moindre droit ; elle en transformait d'autres en fabricants déjà plus relevés et auxquels leur rôle industriel fondamental permettait au moins des velléités d'émancipation ; elle en changeait deux séries d'autres encore, par la complexité ou par la ])luralité de leurs manipulations, en petits industriels jouissant d'une certaine indépendance générale ; elle assurait enfin une situation presque exceptionnelle à deux derniers groupes, dont l'un, par sa composition de véritables créateurs d'affaires sans aucun caractère de fabricants, et dont l'autre, par sa nature à la fois industrielle et commerciale, semblaient chacun, en un certain sens et fut-ce de très loin, être plutôt analogues à leurs fournisseurs de travail qu'à leurs compagnons maîtres. Les batteurs, peigneurs et autres travailleurs similaires, ne constituaient gtière qu'une foule anonyme et méprisée ; les tisserands montraient déjà une apjjarence beaucoup plus personnelle et vigoureuse ; les pareurs. ainsi que les teinturiers, formaient de véritables
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petits patrons assez achevés ; enfin, les tendeurs, comme embryons de capitalistes, et les tondeurs, en tant qu'artisansvendeurs, étaient respectivement des réductions partielles des drapiers. D'après des conditions déjà plus compréhensives, chacune des trois parties de la préparation, de l'apprêt et même de la teinture, comprenait des métiers d'organisation, puis des professions dachèvement, et selon les deux subdivisions correspondantes de chaque série, la question du fond, puis, celle de la forme del'ouxTage dominaient successivement dans le travail. Les tisserands utilisaient la besogne des artisans ]iréliniinaires ; les tondeurs mettaient au ])oint l'ouvrage des pareurs et des tendeurs, ; les teinturiers de pastel terminaient le travail de ceux de bouillon. Mais, dans l'ensemble, l'apprêt et la teinture formaient les éléments supérieurs de la draperie.
Si l'on veut, en effet, faire abstraction de ces particularités et chercher à synthétiser l'action de la technif(ue, les éléments de chaque métier réunis et comparés, on peut à jh-u jirès, croirait-on, poser en ])rincipe très général qu'à la valeur d'ensemble de la manijnilation correspondait celle du manipulateur : un certain luirallélisme se manifestait entre ces deux parties d'ordre réel et personnel. Qu'on examine d'abord les différentes professions d'un point de vue absolu : d'autant plus simple ou difficile était le métier dans sa nature industrielle totale, dautant jilus inférieure ou élevée paraissait être la position économique et sociale du travailleur. Si on considère la relation entre les diverses opérations et l'évolution de la fabrication, on constate (jue plus la matière quittait l'état brut ])<)\ir arriver à l'état ouvré, moins même la besogne demeurait indispensable et plus elle devenait superflue, moins il s'agissait du fond de l'ouvrage et ])lus il était question de la forme, plus aussi le manijnilateur cpiittait une situation commune et plus il se transformait en un artisan de luxe. Le travailleur s'élevait graduellement comme le travail .s'affinait : d'une façon croissante, plus l'objet était façonné, j)lus l'individu le dominait, l'nr analogie, plus la matière
sortait de l'état industriel pour arriver à une nature commerciale, à mesure ({u'elle quittait l'atelier fermé afin de se rapprocher du marché ouvert, plus aussi le travailleur abandonnait la situation d'ouvrier dépendant et acquérait celle d'artisan émancipé, moins il restait un pur élément au service d'autrui pour devenir une sorte de centre personnel. L'objet se dégageait comme l'individu. A tous égards, le perfectionnement et la libération du produit entraînaient l'élévation et l'indépendance du producteur.
La technique amenait ces différences multiples, elle créait ces situations variées et engendrait ces transformations successives : les unes et les autres s'expliquent aisément par elle. Sans doute elle n'était pas tout et il faut se garder de tout lui ramener. Ce n'était pas d'elle que provenait l'organisation générale, l'état d'ensemble des travailleurs, mais elle permet certainement de se rendre compte des caractères et des di.stinctions secondaires des divers métiers ^
2° Les forains.
La draperie étant la branche économique la plus importante de la ville, celle-ci devait se préoccuper particulièrement à son sujet de la ((Uestion des forains. De là venaient des mesures diverses regardant l'industrie ou le commerce.
Tout d'abord, au sujet de la fabrication antérieure à l'apprêt, on visait à maintenir dans la cité tous les éléments indispensables. La matière brute une fois introduite, et au moins après un début de manipulations, ne devait ])lus quitter les murs - : au milieu du xui'' siècle comme en 1403, sa réex-
1. Sur rimportanco di' la tochni<|Up, voy. d'une part, Sombart, Der Diodrrnr Kdpilnli&niuii, I, l.W, pt Hall.nvaoh.i. La classe ouvrière, 6.5-71 ; do l'autre, l'ireiinp, Histnirr, II, 72, et Des .Marez, Bruxellen, 180.
2. En 140.3, la r<ff>.\portation de la laine brute parait au contraire être autorisée ( Rerueil, n" 380'''). mais le ca.s est un peu spécial, car il s'af;it de • rpstappie des laines <•. de produit.s de passage, qui ne faisaient piére que traverser la ville dans laquelle on les pri^entait ù In vente. (Voy. pKis haut. 722-724).
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portation en laine « ointe « on de « couleur » ou en « filé >' se trouvait interdite^. En outre, en 1261 et en 1200. la vente au dehors des « ostilles » et même de certains de leurs éléments. « ros » ou u lames >'. fut également défendue -. Si ees dernières mesures furent temporaires ou durables et si également elles se généralisèrent dans le reste de l'industrie, il est imjiossible de le déterminer. En tout cas. elles visaient la partie la plus importante du matériel, sans laquelle la confection du drap ne pouvait absolument se faire. Dans l'ensemble, le but bien probable de ces dispositions était d'fissurer aux fabricants un « stock » suffisant de matières premières et \uic réserve indispensable d'outils. De leur côté, les forains n'auraient donc pas eu le droit d'acheter dans la ville les produits bruts ou certains instruments.
A l'égard de la matière façonnée, à partir de la teinture et de l'ourdissage existaient deux séries de mesures se complétant l'une l'autre. Du point de vue réel, on interdisait d'abord aux bourgeois de faire faire, pour eux-mêmes, en dehors de la ville, des opérations partielles qu'ils auraient fait achever sur place ', puis, inversement, ils se voyaient empêchés d'exécuter des manipulations isolées jiour le dehors où le reste du travail aurait été également accompli * ; du côté personnel, ces interdictions entraînaient la défense naturelle de former des « compaingnies * » entre parties locales et extralocales. Bourgeois et forains n'avaient donc pas le droit de s'associer ])our se fabri(|uer entre eux des étoffes dans des conditions technicpies déterminées : en d'autres termes, croirait-on, le tissu devait être confectionné tout entier dans la ville ou ne pas l'être du tout : il devait être absolument urbain