‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 942 sur 993 · I.A VIK LRIIAIM-; DK IlOfAI H · texte numérisé non relu

I.A VIK LRIIAIM-; DK IlOfAI H

1122 LA ^^E urbaine de douai

d'étouffer ses plaintes. On le voit jusqu'à arguer de son bon droit apparent vis-à-vis du représentant attitré du juge féodal chargé des saisies, ([u'il menace de taire condamner également s'il accomplit la procédure ^. Ce qui est, de toutes façons, fort clair, c'est qu'il espérait par ses menaces terroriser la plaignante et qu'il y réussit parfaitement.

Dans un cas analogue, et dont le récit forme jieut-êtrc le passage le plus vivant du dotument '-, il veut obliger un homme, après la conclusion d'un « markiet », à prendre livraison « d'estontures » : or. vu ouvrant le sac (|ui les contient, l'individu s"a])crçoit ([ue si toute la marchandise ])lacée sur le dessus est de bonne qualité, de la ((ualité correspondant au prix de la convention, à la ])artie inférieure la matière est sans valeur. L'homme refuse alors de prendre les estontures, car, dit-il à Boinebroke, « elles ne sont mie teles k'eles doivent.' Et sire Jehans dist : Teles qu'eles sont, vos les acatastes et vos les })r(MukM('s. Va i)or le justice, dit-il à son valet, je clamerai sour lui. Kt cius les prit \n\v pour, tout en plourant ». La « justice ». on le sait, c'était le sergent de la basse justice féodale. Boinebroke ordonne d'aller le chercher, sans doute parce que riiomme voulant romjn-e un marché conclu légalement, il lui est possible de le faire saisir '. Economiquement, l'acheteur a raison d'objecter (jue l'état réel de la marchandise ne réj)ond pas aux conditions générales (|u"elle devrait remplir, mais le vendeur est juridicpiement fondé aussi à lui répondre (pie ce sont bien là les estontures rprii a achetées et qu'il ne doit i)as j)rendre livraison d'autres (pie celles-là : l'un semble avoir raison en fait et l'autre en droit. Comme, en outre, le dernier est le plus arnu- et le plus fort, il en profite et fait ))eniher la balance de son c()té ; mais on voit clairement, dans cette circonstance, comment après avoir essayé

1. l'robnliIcMiw-nl du ninin». lu phraw iK' nDiin-lirnkr- : C'oniniMT, bp v<>h prpiicli'M \vaK<' i-lf... • (§ ') nVlmil pus nlwnliiiiicnl l'Inin- ; pour un iviMi llVxpliratioii, vi>y. J. fioinebrokr, 240, n. fi.

Page 1