‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 941 sur 993 · l'ar tri fucT, cou il veut · texte numérisé non relu

l'ar tri fucT, cou il veut

t-il, à vendre ses biens pour payer sa dette ^. 8a débitrice lui demande ingénuement « Sire, por Diu, por coi receveos tant dou mien ? » « Recevoir » est charmant ! Boinebroke répond par deux fois à ses plaintes naïves : « Dame Margot, sachies ke je vos ferai bon conte et loial »..I1 remet toujours la réparation éventuelle des torts qu'il a réellement causés à un avenir indéterminé et, en somme, il est impossible de « rouler » les gens avec plus de cynisme. D'autant mieux que, dans une autre circonstance, il va presque au devant des désirs des réclamants : il insiste plusieui-s fois sur son intention de réparer ses torts vis-à-vis d'un individu qu'il a outrageusement volé ; « Et nient n'en fist ! » bien entendu -. En faisant, spcntanément ou non, toutes ces promesses, il n'est évidemment pas sa propre dupe. Son seul but est moins de donner quelque espérance à de pauvres gens crédules que de calmer momentanément leurs plaintes pour se débarrasser d'eux. De même, il use d'uns certaine bruscjuerie familière destinée à éloigner les importuns. La nièce d'un plaignant lui objecte : « Sire, vos faites mal, ki tôles à men oncle sen hiretage » ; « Va. va. répond-il. tiengnions en pais * ». Dans ce cas, il est déjà un peu j^lus autoritaire.

Aussi, dès qu'on fait mine de lui résister, il n'admet aucune observation. Il se met en colère et menace aussitôt d'user de représailles et d'en appeler à la justice. Une tendeuse lui réclame le paiement de rentes sur une jjropriété bâtie située dans l'intérieur de la ville *. « Si vous mettez un gage sur mon bien, réplique-t-il, je vous ferai infliger une amende de 60 Ib. " La plaignante, comme salariée, déclara tenir naturellement par-dessus tout à conserver la clientèle de son patron, si terrible fût-il : celui-ci devait posséder ainsi, sans qu'on s'en rende même j)arfaitcment compte, quelque moyen

1. S 7. Les explications de la ]>l(iignanto et de ses léiiioin.s sont d'ailleurs un peu confuses : voy. Jehan Boinebroke, 243, n. 2.

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