QUATRIÈME PARTIE. LA VILLE
d'oi'ganisation, car on peut admettre que les échevins qu'ils possèdent encore à l'époque historique, dans des conditions presque séiiarées du Magistrat du Douai véritable, sont les restes de quelque élément constitutionnel primitif. Enfin, sous le rapport économirpie, puisqu'à titre individuel, ils ne rentrent pas dans un j^ouvoir quel qu'il soit, il paraît bien être difficile que, collectivement, ils ne jouissent pas d'un lieu d'échanges, qu'ils ne montrent pas une certaine activité d'affaires. Ne supposerait-on pas volontiers qu'ils possèdent des champs ([u'ils utilisent et dont ils viennent vendre les produits sur leur marché, si même ils ne les envoient pas par les voies de terre et d'eau qui, se croisant dans le petit centre qu'ils habitent, contribuent, semble-t-il, à en faire une place de commerce ? En général, il peut exister là un organisme qui paraît bien intéresser les habitants pour eux-mêmes, qui doit donc être lié au sol sur lequel il se trouve et manifester un commencement de vie propre : c'est la marque d'une certaine existence locale et de quelque autonomie. Si peu développés que puissent être ces caractères, ils constituent certainement une nouveauté par rapport au atstrum et, en un certain sens, aucune comjjaraison ne semble être possible entre la forteresse et Douayeul. Aussi, n'y a-t-il pas d'inconvénient à supposer que ce petit Douai forme ce qu'on peut appeler, d'une façon assez vague, « une connnune rurale ".
Mais c'est que ce qualificatif paraît déterminer et distinguer essentiellement cet élément. De nouveau, comme on l'a fait pour le castrum, il importe de iiréciser sa valeur exacte et, par suite, d'établir son influence réelle sur la ville. Dans l'ensemble, on sait ({ue « Douai deçà » et « Douai delà » s'o])puseront toujours et l'examen des détails ne permet que mieux de le constater '. A titre to])()graphique, même si on laisse de côté l'existence séparée de Dimrutn et de Diaiculuin sur les deux rives de la Scari^e et leur dépendance possible