‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 962 sur 993 · QUATRIÈME PARTIE. LA \^LLE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. LA \^LLE

purement rural. Tous ces traits comme toutes ces différences paraissent bien être de caractères similaires et aboutir à un résultat unique : Douaveul est resté et n'est qu'un village, fût-il public.

Aussi, sans prendre aucunement le contre-pied des conclusions précédemment données, on ne peut regarder cet organisme que comme une sorte d'émanation, dans un but pratique, du castruin ; exactement, il constitue « sa viEe », qui l'aide matériellement à vivi-e ; c'est par ce côté seul qu'il en diffère, si bien qu'il paraît avoir une nature distincte et répondi'e à une fin dissemblable. Ces séparations sont justes absolument, mais relativement elles n'ont qu'une valeur de forme ; en d'auti'es termes, elles correspondent simplement à deux voies différentes menant à un même but. On ne saurait donc regarder Douayeul comme un véritable perfectionnement de la forteresse et un corps doué essentiellement d'une vie propre et d'un intérêt local ; s'il tient plus au sol que le castruin, ce lien, quoique plus fort, n'offre pas un avantage beaucoup plus grand à ses habitants. Dans ces conditions, entre les agglomérations des deux côtés de la Scarpe, les différences sont de nouveau, non seulement importantes, mais irréductibles, si bien que les deux parties, malgré leur voisinage, n'ont jamais eu qu'une liaison purement extérieure et artificielle, que l'enceinte, qui les a unies postérieurement, n'a complétée qu'en apparence. Finalement. Douayeul ne peut pas non plus avoir été le point de départ de Douai ^.

Par conséquent, la viUe ne saurait avoir eu une origine ni domaniale, ni i)ublique, ni rurale : tout, croirait-on, s'accorde à le démontrer. Comme dans l'agglomération considérée en général, les éléments précédents sont les seuls qui se montrent en dehors de la partie et de l'organisme dont la nature paraît être expressément urbaine, il faut admettre ([ue rien de préexistant, d'extérieur ni même de local, n'a pu donner naissance

1. ManniiT r portaincmcnt bipn exagéré l'influence rurale dans la ville, la nature villageoise do cette dernière fut-elle « différenciée • : or Douai est, sana aucun duuto, une cite a iiidiCtéroiiciéu » (Mauniur, 77-88).

à ces derniers : par suite, ils ont dû se constituer, en quelque sorte, par eux-mêmes. 11 semble que ce princiije absolument fondamental puisse être considéré comme établi, si bien c^u'il ne reste plus maintenant qu'à examiner les conditions sous lescjuelles il s'est développé.

Du côté matériel, tout d'abord, la ville, ne résultant ni de la forteresse, ni de Douaycul. ne saurait provenir que de la partie de Tagglomération située sur la rive droite et nommée i)roprement Douai. Si l'on considère les traits extérieurs decelle-ci, il est impossible, on s'en souvient, de ne pas être frappé de certains d'entre eux. C'est d'abord sa forme ovale, trop symétrique pour n'être pas voulue ; puis, c'est à la fois sa régularité de construction en quadrilatères suivant la direction des deux voies la coupant de part en i)art et. spécialement à leur point de croisement, à peu près au milieu de l'agglomération, l'existence d'une place ou mieux d'un marché, qui est le centre véritable de la cité, centre non pas seulement toi)ogra])hi(iue. mais é?onomi(iue. administratif même avec les halles, et enfin religieux avec l'église principale de la ville jiropre située dans le voisinage. D'autres places de marchés se trouvent disséminées un peu partout et l'une d'entre elles, en particulier, située sur la rivière, doit constituer également une sorte de port. La fin d'ordre personnel de cette agglomération est exclusivement privée. Par conséquent, régularité extérieure et intérieure et concentration autour d'un marché, le tout réalisé dans un but local, tels sont les caractères qui distinguent es.scnticlk'mcnt IJitiicum et l'opposent à la fois au castruni et à Dudculiuit, suivant le point de vue duquel on se ])lace : ce n'est plus une réunion de monuments édifiés selon une conception générale, mais construits dans un intérêt uniiiucment j)ublic, ni un ensemble d'habitations sans doute ])rivées, mais bâties au ha.sard, selon des besoins pour ainsi dire éventuels. Les maisons de la rive droite ont i)u être élevées successivement, mais, en tout cas, elles l'ont été d'après un plan bien arrêté, sinon d'un seul jet, et suivant une idée déterminée. En un mot, l'hypo-

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