‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 967 sur 993 · Sur le porlus, cf. t. I · texte numérisé non relu

Sur le porlus, cf. t. I

llfiO LA VIE FRBAINE DE DOV.aI

rcment, rimpôt tendit à une disparition rapide, non pas seulement en raison de sa faiblesse originelle, mais aussi do l'accroissement de valeur du sol. si bien qu'on en retrouve ])arfois difficilement la trace aux époques proprement documentaires. Dans quelques cas, cette taxe s'accompagnait d'une autre sur la transmission des biens, encore de nature foncière, et d"ua droit d'étalage sur le marché, de caractère ])lus ]iécuniaire. Mais ces taxes, si elles existaient, malgré leurs différences économiques, avaient un caractère juridique commun, (pu était leur c réalité » même, car cette réunion d'immigrés, en vertu de son origine généralement mercantile, ne relevait que du droit public et, dans sa condition, rien ne ra])])elait le droit domanial : elle constituait essentiellement une collectivité indéjjendante. Par son développement graduel, elle finit par former la ville que l'on connaît plus tard, mais, à son début, on doit le regarder, ainsi qu'on l'a dit, comme une colonie libre qui, à l'abri du castriim du seigneur ou près de quelque formation jjréurbaine. est venue s'établir sur son sol, si bien que. spécialement en Flandre, cette ville est exactement sortie de r\iiiion de la forteresse publique ])rotégeant la place de commerce, et de cette dernière. .\ titre matériel, l'une a été utile à l'autre, mais celle-ci, dans l'ordre i)ersonnel, s'est constituée en dehors de celle-là '.

On doit donc essayer de retrouver cette formation à Douai, malgré l'absence presque complète de textes. Que tout d'abord la ville se soit trouvée dans une situation économique avantageu.se, c'est ce qui ne ])araît pas être douteux : on doit l'admettre, non seulement d'une façon indirecte, en vertu de .son histoire postérieui-c, mais indirectement, d'après l'établissement du castrum même, placé, selon une simjile a])plicati()n particulière d'un |>rineipe courant déjà énoncé, à un véritable nœud commercial, iùisuitc, il parait po.s.siblo (le préciser encore le rôle de l'agglomération. Suivant un témoignage (jui présente la double supériorité de se rapj)orter

1. Voy. 1p8 travaux cit<S8 do Pirenne, de RieUchol, § (1, p. 124-162, do Dcw Miiri/,, cliai). l'.', p. "•2.'>: juiridrc iiiôinr pour In Normarulir, I..opra.H, 39-48.

QUATniÈME PARTIE. LA VILLE 11 (il

à une époque qui est. en Flandre et en Allemagne, celle où se produisirent tous les changements précédemment indiqués et d'en être littérairement contemporain, on sait que le petit village de Lambres, situé sur la Scarpe à moins d'une lieue en amont de Douai, était le siège d'un portus et de la pei-ception d'un tonlieu et. est-il dit, antérieurement à l'apparition du castrnm : mais k après la construction de ce dernier et lorscjue son peuplement commença, l'usage de la navigation y fut transféré de Lambres, ainsi rjue la moitié de la perception du tonlieu ^ n. A l'origine, le portiis de Lambres fonctionna donc seul, à l'exclusion de Douai. Ensuite, le castrum douaisien fut fondé et les deux organes existèrent simultanément, mais bien cjue Douayeul eut sans doute déjà apparu, l'activité économique resta concentrée en amont dans la vallée, évidemment parce que ce devait être à cet endroit f{ue finissait et commençait la navigation et que. par consécfuent. s'exécutait le transbordement des marchandises ainsi qu'il arrivera pour Douai plus tard : que par suite, on y perçut un tonlieu, rien n'était plus naturel. A Douai, au contraire, était encore réservé un rôle 2:)urement militaire.

Mais cette seconde phase ne fut pas de longue durée. La forteresse, certainement par la protection c^u'elle offrait, commença à se peupler latéralement : elle existait donc bien, mais n'était pas habitée au dehors ; ce fut alors aussi que la navigation fut reportée de Lambres à Douai, puisqu'en fait, on le sait, les fortifications fermèrent la Scarpe en amont. Or, n'est-il pas absolument légitime de voir dans ce peuplement complémentaire du rastrum, tout à la fois la fondation matérielle de la ville propre et. comme ainsi le rôle économicpie de Lambres disparaît au profit de celui de Douai et que les arrivants semblent être adonnés à la navigation, la création du nouveau centrepardesindividusciui. selon une règle contem])<)iaiii(> générale, ne peuvent être cjue des marchands ; de même, ne doit-on pas conclure que si la première agglomération était un portus,

1. Orsta fpisroporuni Camerarrnshtnt (M. (t., S. .S'.. X'IÏ. [>. HJO, § 21); cf. t. I. 1ÎI6, Pt Financer, 210.

1 1 fi2 LA ^^E rRBATXE DE DOUAI

la seooiidt» dut vn former un également et que. par une dernière analogie ))lus ]îrécise eneore, cette nouvelle jilace de commerce constitue aussi un lieu de transbordement, rôle que le croisement des routes de terre et d'eau rend d'autant ])his compréhensible. Il semble donc (|ue la valeur de Lambres et sa chute et les caractères successifs de Douai, d'abord purement militaire, puis militaire et économique, soient démontrés d'une façon très suffisante par les remarques précédentes. Et par cela même, la similitude de l'histoire hypothétique de la seconde agglomération avec l'évolution connue des centres présentant une formation topographique identique à la sienne, se trouve également déterminée. Ainsi, la cité de la Scarpe a bien été constituée par la juxtaposition d'un castrum et d'un portus et par une immigration de marchands.

Ce ne put être, en effet, qu'à sa su|)ériorité militaire ([ue Douai dut son triomphe sur Lambres, comme ce fut à son infériorité à ce sujet que ce dernier centre fut redevable de sa chute, car, semble-t-il, les avantages économiques étaient égaux, et Lambres avait même l'avantage d'avoir commercialement précédé Douai. L'exemple de ces deux localités voisines se succédant en tant que place de transit est même particulièrement intéressant, puiscpril montre clairement les nMes respectifs de la place forte et de la ])lace de commerce l't indi((ue qu'aucune ne ])o>ivait grandir sans l'autre. lv»mbres, resté sans fortifications, ne ]iut se développer et inversement. Douai, ])ure forteresse, ne luoduisit )ias la ville. Les deux éléments étaient donc bien nnitucllenuMit indis])ensables |)(nir constituer le centre urbain et on doit seulement apprécier chacun à sa juste valeur '.

8i l'on cherche à préciser les conditions de ce peuplement, il faut, en ))riiui])c. admettre (jue dès fpie les nouveaux arrivés établis sur la rive droite, sans doute dans le t'astel bourgeois, devinrent assez nombreux, le jiouvoir jiublic et eux-mêmes ne i>urent que juger nécessaire de conclure une convention

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