‹ La vie vraiment chretienneChapitre 186 sur 309 · LE BONHEUR DE LA PÉNITENCE. 3G · texte numérisé non relu

LE BONHEUR DE LA PÉNITENCE. 3G

ment déclarés à Jésus-Christ; je vous ai regrettés et Jésus Christ vous a détruits! Et toi, mon âme, savoure ton bonheur : tu as été lavée par Jésus-Christ, tu es pure à ses yeux !

C'est à la mort surtout que le cœur a besoin de se rassurer. Sondez les pensées intimes du vieillard agonisant. Quelle frayeur! Alors le vrai bon sens de la vie lui donne une juste appréciation des choses : Ah! s'écrie-t-il, je dois paraître devant Dieu! Hélas! où en suis-je de mes péchés? S'ils avaient été mieux accusés et davantage pleures, j'aurais l'âme plus sereine en face de la mort! Je m'approcherais plus confiant de mon divin Juge, si je m'étais plus rigoureusement jugé devant les hommes, ses représentants!

Saint Alphonse et tous les saints disent et redisent qu'on ne se convertit guère à la mort. Cela signifie donc que notre dernière confession sera probablement ni plus ni moins ce qu'aura été la précédente ou les précédentes. Si nous avons fait des confessions sans vraie pénitence , il est à craindre que la dernière soit sans vraie pénitence. Si durant les jours plus ou moins longs qui nous restent à vivre nous avons de notre mieux pratiqué la confession parfaite, Jésus-Christ nous donnera peut-être en récompense la contrition de sainte Marguerite de Cortone, c'est-à-dire une telle haine du péché, une douleur si profonde, qu'elle sera capable d'absorber toutes les peines de notre purgatoire et de nous mettre directement en paradis.

Avec la paix, la confession vraiment pénitente assure le progrès dans la vertu. L'expérience est là pour le constater et en faire un principe : autant de vertu dans une âme que de pénitence. Et pourquoi? Parce qu'on s'occupe de réprimer le mal dans la môme proportion qu'on pratique le bien qui lui est opposé. Si vous vous accusez, par exemple, d'avoir perdu la présence de Dieu pendant une heure, cette accusation est une preuve que vous avez pour loi de pousser la vertu de recueillement jusqu'à penser à Dieu plus d'une fois par heure. Dès lors, plus vous vous accuse-

rez et plus vous sentirez le besoin d'avancer, plus vous ferez des efforts, plus vous réaliserez de progrès.

Oui, autant de vertu que de pénitence. En voici une autre raison. Dans les âmes les vertus sont proportionnées à la grâce, la grâce à l'humilité, l'humililé à l'aveu, l'aveu au repentir, enfin le repentir à la charité. Ainsi toutes les vertus se donnent rendez-vous et s'enchaînent dans la confession pénitente. Confessez-vous bien, vous deviendrez une âme vertueuse et sainte.

La pénitence complète notre bonheur en nous procurant un bien précieux entre tous : la persévérance. Nous ne parlons pas ici de la persévérance possible, qui est à la portée de toutes les âmes sans exception aucune. Celle-là, Voltaire lui-même pouvait en bénéficier. Nous parlons de la persévérance assurée qui fixe une âme dans un genre de vie où l'on opère le salut d'une façon certaine. Eh bien, la persévérance assurée ne peut exister sans la confession. C'est la confession qui purifie la conscience; c'est la confession qui rétablit ou développe l'amitié de Dieu; c'est la confession qui enracine les résolutions ; c'est la confession qui fortifie pour le moment de l'épreuve ; c'est la confession qui préserve des chutes après les avoir réparées; c'est la confession qui fait couler sur l'âme le sang de Jésus-Christ; c'est la confession qui attire, augmente et multiplie la grâce jusqu'au moment de la mort.

C'est ainsi que la confession possède et donne la persévérance; c'est donc là qu'il faut revenir et revenir coûte que coûte et durant toute la vie. Qu'on le sache, la régularité dans le devoir de la confession demande parfois un surcroit d'énergie. Oui, il y a des moments où, pour se confesser surtout selon la loi de la pénitence, il faut des efforts plus grands et une générosité plus qu'ordinaire. Un déplacement, un voyage, le changement de confesseur peuvent servir de prétexte pour se départir des justes mais crucifiantes sévérités de la manifestation de conscience. Qu'alors le souci de la persévérance maintienne en nous le

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