Nomen habes quod vivas; et mortuus es (Apoc. m
LA COMMUNION. .'JH.'i
empoisonnée, découlent tous les maux qui inondent la société. Rendez à l'homme le jugement droit relativement à ces deux vies; dans son esprit et dans son cœur remettez à sa place, c'est-à-dire au second rang, la vie temporelle, et rendez à la vie de l'âme la supériorité qui lui convient : aussitôt la terre, au lieu d'être peuplée d'insensés, redevient le séjour d'êtres raisonnables; ses habitants désabusés remplacent la convoitise par la vertu ; la cruelle passion est détrônée par la justice, et notre vallée de larmes devient un paradis.
Mais hélas! cette transformation est un beau rêve; et, jusqu'à la fin du monde, infini sera sur la terre le nombre des esprits égarés ' .
Or, parmi les désordres qui sont le fruit de cette incurable folie, un des plus étranges et des plus lamentables est ce que je pourrais appeler Vouhli du j^ain de vie; conformément à cette parole de David : J'ai oublié de manger mon pain'^.
Cet oubli est 'naturel; car il est juste que l'homme, se trompant de vie, se trompe aussi de nourriture.
Ce qui nourrit et flatte le corps préoccupe et remue la terre entière. Depuis le laboureur, arrosant de ses sueurs le sillon qu'il a tracé, jusqu'au potentiit subjuguant des empires, tout vit, travaille et s'agite pour trouver et assaisonner le pain qui alimente le corps.
Mais le pain qui soutient l'âme, le pain mystérieux t[ui ranime l'œil de la foi, qui stimule l'élan de l'espérance, qui donne l'ardente charité, et qui fait circuler dans la vie toutes les vertus avec le sang d'un Dieu, ce pain sacré, on le dédaigne, on l'ignore.
Jésus-Christ connaissait cette double vie et l'incurable erreur des hommes; méditez ces paroles : C'est moi qui SUIS le pain de vie. Vos pères ont ma^igé la manne dans le désert et ils sont morts;... si quelqu'un mange de mon pain