‹ La vie vraiment chretienneChapitre 22 sur 309 · Egd siim prin(;i|iiiMn el linis (Apoc. x\ni · texte numérisé non relu

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Oh! sans doute, la pauvre humanité en possède trop de ces êtres impertinents qui, pour faire preuve d'esprit, disent : Dieu n'est pas! Mais leur acharnement à nier prouve qu'ils croient secrètement le contraire de ce qu'ils nient.

Les hommes peuvent vouloir étouffer le bruit que votre grand nom provoque dans leur conscience , ils ne parviendront pas à faire que ce nom sacré ne leur exprime rien et soit pour eux un nom muet.

La théologie, avec la gravité et la science de la vie qui la distinguent, affirme quil nest jjas sur la terre un seul homme qui soit absolument privé de Vidée de Bieu^. Malgré l'inégalité des conditions et la distance énorme qui sépare le catholique instruit du sauvage des forêts de l'Amérique, celui-ci n'en a pas moins une lumière qui lui fait voir, dans les ténèbres de son ignorance, une clarté mystérieuse : c'est la connaissance, au moins confuse, d'un Être suprême, Créateur et Père de tous les hommes, souverain Maître de toutes choses. Cette connaissance est une illumination du Verbe de qui saint Jean a écrit : // est la lumière qui illumine tout homme venant en ce monde '^.

Donc, nous parlons de Dieu, parce qu'il n'y a pas d'athées : notre parole trouvera écho dans tous les cœurs. En outre, parlons de Dieu, parce qu'il y a des athées.

Oui, il y a des athées. Nous savons tous que la créature Vumaine est conçue dans le péché. De ce péché, le désordre principal est Vindifférence envers Dieu. Nous sommes, par vice de naissance, foncièrement désorganisés d'esprit et de cœur. Un Français qui n'aurait, par instinct, ni une pensée ni un sentiment pour la France serait un être dénaturé. Dénaturés, nous le sommes relativement à Dieu. Instinctivement, nous n'avons pour lui ni une affection ni même un souvenir. Aussi, après nous avoir donné, par son

1. Deus naturali cognitione cognoscitur per phantasmata effectus sui (Sum. Theol. q. xxii, a. 2, ad 2).

2. Erat lux vera, quai illuminât omnem hominem venientein in hune mundum (Joan. i, 9).

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