POURQUOI PARLER DE DIEU? .'JO
Fils, la prière qui commence par ces mots : Notre Père qui êtes aux cicux^ notre Dieu est réduit à s'écrier du haut du ciel, par la bouche de Jérémie : 0 homme, au moins une fois dans ta, vie^ dis-moi cette parlote : mou Père ' !
Les plus mauvais parmi nous ne se contentent pas de rindifférence, ils vont jusqu'à Vhoslilité contre Dieu. Beaucoup d'hommes en effet sont si remplis de convoitises terrestres, si possédés par l'or, ou par la volupté, ou par le faux honneur, qu'ils ont dans l'âme le désir implicite que Dieu ne soit pas. Demandez, par exemple, à l'homme d'argent ce qu'il pense de Dieu; s'il est loyal, il vous répondra : Mon esprit croit en lui, mais mon cœur voudrait pouvoir assurer qu'il n'est pas. C'est l'oracle du Psalmiste : Uinsensé a dit dans son cœur : Il n'ij a pas de Dieu-.
Parmi les hommes dont le cœur nie la Divinité, j'en vois qui sont malades d'une maladie étrange : c'est le dégoût de Dieu. Le Prophète-Roi les a désignés d'avance par ce mot : Beaucoup demandent : Qui nous montrera le bien que l'on trouve en Dieu^'^. Parce que leur Seigneur et Maître ne satisfait pas leurs grossières passions, ils parlent de lui comme les charnels Israélites parlaient de la manne : Cet aliment divin nous donne la nausée '\
D'autres vont plus loin : au dégoût ils ajoutent la répulsion. Quand on ne sert pas Dieu, Dieu gêne, et l'on voudrait se débarrasser de lui. Chose horrible à dire! Supposons qu'aux millions d'hommes qui couvrent la surface de la terre on adresse cette question : 0 homme, si tu le veux, il n'y aura plus de Dieu: le veux-tu? Le grand nombre, le très grand nombre répondrait : Certes oui, je le veux ; et puisqu'un acte de ma volonté peut déUuire Dieu, que ce Dieu disparaisse! Le saint homme Job s'exprime en ces termes à leur sujet : fis ont crié à Dieu : lietire-toi dr nous,
î. Eif^o .s.allorn ainodo voca me : Pater meus (Jer. ni, 4).
2. Dixit iiisipiens in corde suo : Non est Deus (Ps. xiii, 1).