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CHAPITRE XI

Ayant à parler maintenant du Saint-Esprit, continuons à chercher quelque image de la Sainte Trinité. Celle fois, prenons pour exemple deux personnes absolument à part, dont l'une est Dieu : Notre-Seigneur Jésus-Christ; dont l'autre, sans être Dieu, peut être appelée divine : la sainte Vierge Marie.

Supposons qu'un jour, dans cette mystérieuse vie de Nazareth, ils se soient arrêtés en face l'un de l'autre pour se communiquer, davantage encore qu'à l'ordinaire, leurs plus secrètes pensées, leurs plus intimes sentiments.

Voilà donc Jésus et Marie se contemplant mutuellement. L'Homme-Dieu regarde sa Mère; celle-ci regarde Jésus. Dans ce Fils adorable^ l'œil maternel découvre tout un océan de perfections et d'amabilités divines. Jésus-Christ, de son côté, admire en sa mère la créature la plus parfaite, après lui, de toutes celles qui sont sorties des mains de Dieu.

Se regardant, ils se parlent plus encore par le cœur que par les lèvres. Jésus révèle à Marie tous les secrets de son divin amour. Il lui dit qu'elle est la bien-aimée en laquelle il a mis toutes ses complaisances. Il lui parle aussi des

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hommes, de l'amour qu'il leur porte, des adorables desseins qu'il a conçus à leur sujet, et de la mort qu'il veut souffrir pour les sauver.

Répondant à son Fils, la divine Mère lui dit l'immense affection maternelle qu'elle a pour lui. Puis elle lui parle, elle aussi, de ces chères créatures humaines pour lesquelles un sang divin sera versé; et elle se déclare décidée à tout faire et à tout sacrifier afln de contribuer à les sauver.

Dans ce divin colloque, dans celte ineffable communication, dans ce mutuel regard, que vois-je? Ah! je découvre une secrète impression, une impression inénarrable, une impression qui les ferait mourir tous deux, s'ils n'étaient soutenus par la toute-puissance divine. C'est l'impression d'un mutuel et immense amour. La très sainte Vierge, à la vue de son Fils, à la vue des mystères de ce cœur divin, entre dans des transports qui ne se peuvent exprimer. Jésus, de son côté, voyant sa Mère, voyant les admirables trésors de ce cœur maternel, s'écrie : 0 ma mère, ô ma mère, que je vous aimel et que j'aime tout ce que ma grâce a déposé dans votre âme bénie! Et les voilà tous les deux plongés dans un océan d'amour.

Image de ce qui se passe dans la Divinité. Le Père regarde son Fils, le Fils regarde son Père. Ils se voient l'un et l'autre infiniment parfaits, infiniment beaux, infiniment bons. Ils se sentent si unis qu'ils sont un dans une seule et même nature. Ils se contemplent, ils s'admirent, ils se louent, ils se bénissent.

Le Père dit à son Verbe : Tu es mon Fils, je fai engendré aujourd'hui^ dans l'éternel présent de mon éternité; et c'est en toi que j'ai mis toutes mes complaisances. Et le Fils de répondre : C'est vrai, ô mon Père, vous êtes mon principe, éternellement vous me communiquez votre Divinité. Soyez loué, soyez béni!

En outre, dans cet ineffable colloque, ils se racontent

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