I. Filins meus es lu; ego hoJic genui te (Ps. ir
leurs plus intimes secrets, ou plutôt ils n'ont qu'une seule et môme pensée qui leur révèle tout. Ils voient le monde et les mondes sortis du néant par leur divine puissance; ils comptent les aslres du ciel et les grains de sable de la mer; ils contemplent les merveilles de la nature et celles de la grâce. Tout leur est présent, la multitude des anges comme celle des hommes. Dans cette multitude, ils connaissent chaque créature humaine par son nom. Ils sentent l'amour qu'ils ont pour nous; ils contemplent les mystères de l'Incarnation et de la Rédemption. Rien ne leur est caché^ rien n'échappe un instant à leur intelligence infinie. Ils jouissent de l'éternelle contemplation d'eux-mêmes et de leurs œuvres.
Or, de ce regard éternel de Dieu sur Dieu, du Père sur le Fils et du Fils sur le Père, nait ce que saint Thomas ose appeler une impression^ quoique ce mot soit en lui-môme absolument indigne de la Divinité. Hélas! pauvres mortels, nous sommes réduits, en parlant de Dieu, à balbutier desparoles humaines.
Donc, une impression Mais laquelle? Celle de l'amour, et dans l'amour tout ce que renferme ce sentiment divin : l'admiration, la louange, la bénédiction et l'éternel cantique d'un Dieu se chantant à lui-môme sa propre gloire.
Impossible en effet que le Père et le Fils, à la vue de leur infinie perfection, et se sentant du reste unis l'un à l'autre par l'unité de nature et par une éternelle parenté, n'entrent pas dans les sentiments d'une affection infinie pour eux-mômes et pour leurs œuvres. Alors, des deux comme d'un seul principe, procède ce mouvement que nous venons d'appeler l'impression d'un Dieu.
Or, en Dieu, nous l'avons dit précédemment, rien n'est accidentel, rien ne passe, tout reste, tout est fixe. Vous ne trouvez en lui ni pensées transitoires et volages, ni vouloirs incertains et changeants. Dans cette nature adorable,