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lOG LA VIE VRAIMENT CHRÉTIENNE.
tout est- substantiel, tout existe à l'état d'être immuable. Par conséquent, de même que la pensée divine est une personne vivante que l'on appelle Verbe de Dieu, de même le mouvement de Dieu, le sentiment de Dieu, l'impression de Dieu, l'amour qui est en Dieu subsiste, non pas comme acte passager, mais comme être personnel; et cette troisième personne s'appelle le Saint-Esprit.
Tous les Pères de TÉglise, d'accord avec l'Écriture, sont unanimes à nous donner cette notion du Saint-Esprit. N'en citons qu'un seul, saint Augustin. Le Saint-Esprit, dft-il, est proprement l'amour qui est de Dieu^ et qui est Dieu... Quoi de plus aimable, quoi de plus suave, quoi de plus saint que r Esprit-Saint? Il est V amour du Père et du FilsK
Les Livres sacrés, pour nous faire entendre que le Verbe éternel est la parole divine émanant du Seigneur, s'expriment en ces termes : Elle est une vapeur de la vertu de Dieu et une parfaite émanation de la clarté du Tout-Puissant... Elle est la splendeur de la lumière éternelle, le miroir sans tache de la majesté de Dieu et Vimage de sa bonté-.
Du Saint-Esprit, il faut dire qu'il est l'amour divin. Sur cette parole si belle, faisons ici quelques réflexions. Si, parmi les hommes, un père et son fils étaient capables de donner à leur amour réciproque une existence fixe, une subsistance, nous verrions et nous admirerions entre eux un je ne sais quoi... un feu, ou une flamme, ou un souffle, ou un mouvement constant, et nous dirions de ce quelque chose : Voilà l'amour, voilà l'amour paternel et filial ; le voilà en personne !
Ce prodige, qui n'existe pas parmi les hommes, existe en Dieu. Dans le sein de la divinité j'aperçois, entre le Père et
1. Pater ergo et Filius et amor Patris et Filii unus Deus sunt... Quid atndbilins, et quid suavius et quid sanctius S()iiitu Sancto? Amor Patris et Filii ipse est. (S. Aug. Lib.de Spiritu et anima, cap. liv, lv).
2. Vapor est .enim virtiitis Dei, et emanatio quaedam est claritatis omnipotentis Dei sincera... Candor est lucis eeternae, et spéculum sine macula Dei majestatls et imago bonitatis illius (Sap. vu, 25, 26).
le Fils, l'éternel et immuable mouvement de l'amour qui ne fait qu'un avec eux, et je m'écrie : 0 amour, vous êtes le Saint-Esprit; et ma foi répète avec la sainte Eglise : Je crois au Saint-Esprit, qui est aussi Seigneur et source de vie, qui procède du Père et du Fils, qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils^ .
S'il était permis d'appliquer à ce divin Esprit ce que saint Jean a écrit du Verbe, nous dirions volontiers : Au commencement était le Saint-Esprit et le Saint-Esprit était avec Dieu, et le Saint-Esprit était Dieu. Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui.
Aussi le livre de l'Ecclésiastique, après nous avoir dit que la source de la sagesse est le Verbe de Dieu au plus haut des cieux^, ajoute-t-il, sur la formation de la Sagesse créée, ces divines paroles : Le Très-Haut seul, le Créateur toutpuissant, le Roi fort et très redoutable, assis sur son trône, le Dieu dominateur : lui-même Va créée dans le Saint-Esprit^.
Arrêtons-nous ici, et pour résumer nos considérations sur la sainte Trinité, disons avec saint Jean : Ils sont trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe él le Saint-Esprit^ et ces trois ne sont qu'un^.
Ensuite, pour faire écho à cet oracle de l'auteur inspiré, répétons, en l'honneur de la divinité une et trine, les paroles que noire Mère la sainte Eglise remet constamment sur nos lèvres : Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit; comme il était au commencement, et maintenant, et toujours dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il'^l
1. Credo in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificaiitein, qui ex Paire Filioque procedit ; qui cuin Paire et Filio simul adoratur et conj;lori- (icatur. (Syinb. de Nicée).