JÉSUS-CURIST, HOMME-DIEU
Celui que nous appelons Jésus-Christ est un être adorable qui réunit en sa personne Dieu et l'homme. Mais chez lui, le Dieu est devenu homme et l'homme est devenu Dieu. De ce double miracle est résulté un seul et môme être, roi du ciel et de la terre.
Efforçons-nous de pénétrer quelque peu ces deux transformations également adorables; et, pour y parvenir, considérons séparément trois choses : d'abord l'homme devenu Dieu ; puis le Dieu devenu homme ; enfln la réunion de ces deux prodiges en une seule et même personne.
Premièrement Vhomme devenu Dieu. Afin de nous faire quelque idée de cette merveille, représentons-nous, réunie sous nos yeux, l'humanité tout entière avec les innombrables individus qui la composept. Dans cette humanité vivante je distingue deux parties : la nature, et les personnes qui la possèdent.
La nature est ce composé de corps et d'âme, servant à constituer un être vivant, organique, appelé homme. Cette nature est la même dans toute Thumanilé, et de quelqut^ côté que je jette mes regards, partout je la découvre.
Les personnes sont les différents individus qui subsistent dans cette nature. C'est par la personnalité que chacun des hommes est distingué, séparé de ses semblables. C'est ainsi que je vois apparaître un homme appelé Adam,. que j'en vois un autre appelé Moïse, un troisième appelé saint Paul, et des millions d'autres, dont chacun a son nom propre, son moi, sa personne. Entre ces innombrables personnes, il existe sans doute des différences bien marquées. Cependant, malgré ces différences, on doit avouer qu'aucun homme n'est en dehors de la catégorie des êtres purement humains; de toutes les bouches j'entends sortir la même parole : « Je ne suis qu'un homme mortel. »
Je me trompe; il y a dans l'humanité un homme, un seul, qui peut dire à ses frères en Adam : « Je suis semblable à vous, mais infiniment supérieur à vous; car, tout en étant homme, je suis Dieu. Beaucoup d'entre vous se glorifient de ce qu'ils sont. L'un dit : « Je suis Alexandre. » L'autre dit : « Je suis César. » Et moi je dis : « Je suis Dieu. Je suis un homme, mais un homme-Dieu, comme Alexandre est un homme, mais un homme-roi. »
En vertu de ce miracle, nous avons donc parmi nous, dans notre race, un être extraordinaire, un homme d'une supériorité spéciale et unique, un homme plus parfait que tous les anges, un homme plus grand que l'univers, un homme capable et digne de gouverner le monde entier, un homme que l'on peut adorer aussi bien que la sainte Trinité, en un mot, un homme qui est Dieu.
Considérons maintenant l'autre face du miracle, c'est-àdire : Dieu devenu homme. Dans la divinité aussi bien que dans l'humanité, nous distinguons la nature et les personnes.
La nature divine est cette essence incompréhensible, simple, substantielle et vivante, qui est immense et remplit tout l'univers. Cette nature divine est indivisible, il n'y en a qu'une seule.
En plongeant mes regards dans le sein de cette nature