Non est qui se abscondat a calore ejus (Ps. xviii
2. Dilectus meus candicUis et rubicundus: electus ex millibus (Cant. V, 10).
UNE SUBSTITUTION MERVEILLELSE. i25
siens ne Vont pas connue Un saint Père nous dit que le Verbe incarné voulut naître pendant la nuit, p)^'^^^^ 9^^ '^ monde où il descendit était plongé dans une obscurité profonde^. Cette nuit a-t-elle cessé? La naissance de Jésus- Christ est le lever du soleil, du soleil de justice éclairant tout homme venant en ce monde; mais nos ténèbres sont si épaisses, la fumée du feu de nos passions est si noire, nos yeux si malades, que nous ne voyons plus l'astre resplendissant; et l'Église, au jour de Noël, a beau entonner avec les anges : Gloria in altissimis Deo^l les hommes, devenus semblables aux troupeaux qui paissaient sur les collines de Bethléem, n'entendent plus, ne comprennent plus.
Parmi les vérités incomprises concernant le Rédempteur, il en est une que je voudrais exposer à l'âme qui veut réfléchir. Cette vérité est renfermée en germe dans ces deux mots : U?îe substitution merveilleuse.
Au saint jour de la Nativité, l'Église chante, avec l'accent de la plus affectueuse reconnaissance, celte annonce du prophète Isaïe : Un petit enfant nous est né, et un fils nous a été donné '*.
Ce qui ne peut pas se faire d'homme à homme s'est opéré entre l'homme et Dieu. Quelque étroit, quelque intime que soit le commerce d'amitié unissant deux hommes entre eux, jamais ce qui est personnel à l'un ne sera également personnel à l'autre. Un roi peut donner son affection à un de ses sujets; cette affection peut tellement rapprocher la majesté du prince de l'humilité du citoyen, que celui-ci,
1. In propria venil, et sui eiim non reccperunt (Joan. i, 11).
2. Dominus nosler Jésus non soliun virginein de qua nascereliir. scil
et diem quo naseeielur elej^il Nox enim eramiis, ciiin inli.loliler vi-
vebainus. Et quoniain ipsa inOdelilas qu.» totiim iiiunduin vic.i' luxlis oblexerat, miniienda fuerat (ide crescente; ideo die Nalalis Domini nos- Iri Jesii Chiisli, et nox incipit perpeli delriinonta, et dics siiinne aiii;luenla (S. Aug. Serm. cxc. In Nalali Doniini, mi).