‹ La vie vraiment chretienneChapitre 84 sur 309 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

AMOUR RÉCIPROQUE DE JÉSUS-CHRIST ET DE l'iiOMME.

La Providence, pour nous pousser au bien, emploie des stimulants de toutes sortes. Il n'en est pas de plus puissant que cette simple pensée : Jésus-Christ in aime!

Oui, Jésus-Christ m'aime, et de quel amour, grand Dieu ! D'un amour tel que ni les hommes ni les anges ne sauraient m'en donner une idée.

Jésus-Christ m'aime d'un amour toujours fidèle et toujours présent. Il n'est pas un instant dans ma vie oii je ne puisse m'écrier : Mon Sauveur pense à moi et il me veut du bien !

Jésus-Christ m'aime d'un amour toujours sage; car le bien qu'il me veut est le bien des biens : c'est la charité, c'est la persévérance, c'est le ciel.

Jésus-Christ m'aime d'un amour toujours puissant; il peut me donner le bien qu'il me souhaite. Il suffît pour cela que je ne m'y oppose pas.

Jésus-Christ m'aime d'un amour toujours généreux. Le bien qu'il peut me faire, toujours il est disposé à me l'accorder. Me combler de grâces, tel est son désir, tel est son besoin.

Jésus-Christ m'aime d'un amour toujours miséricordieux. Mes lenteurs, mes résistances, mes misères ne le déconcertent pas. Jusqu'à mon dernier soupir, je pourrai compter sur la pitié de son bon cœur.

Enfin et surtout Jésus-Christ m'aime d'un amour toujours j)articulier. De môme que si une mère a beaucoup doufants, son cœur semble se multiplier pour se donner à chacun d'eux; de même Jésus-Christ, à cause do la divine perfection de son cœur, aime chaque homme, comme si chaque homme lui était un fils uni(iue,

Par conséquent, moi, pauvre pécheur, je puis chanter :

Mon Bien-Aimé est à moi M II pense à moi, il me regarde, il m'écoute, et il m'aime.

0 chrétien! que feras-tu de cette forte pensée? Ce que tu en feras ! Le voici : Ta en garderas fidèlement le souvenir ; tu t'efforceras d'obtenir qu'à chaque instant, au fond de ton cœur, résonne cette parole de salut : Jésus-Christ m aime.

Tu t'en serviras pour ranimer ta confiance. Car il t'en faut de la confiance, parmi tant de misères, tant de péchés et tant de périls.

Tu la méditeras, cette pensée, pour t'astreindre à V amour réciproque qui te portera à payer le cœur par le cœur, et à te dévouer aux intérêts d'un Dieu qui te fait l'honneur de t'aimer.

Tu la mettras au-dessus de toutes tes autres pensées, pour que ton unique bonheur soit de procurer à ce Dieu qui te chérit, son plaisir le plus doux, c'est-à-dire le salut des âmes. Elle te décidera à lui offrir tout ton être, toute ta vie, tous tes travaux, toutes tes souffrances pour la Rédemption.

Ainsi cette parole : Mon Bien- Aimé est à moi! t'obligera à ajouter bientôt : Ft moi je suis à lui - !

£t quel bonheur de cultiver cette sublime et affectueuse réciprocité! Car, pour un bon cœur, aimer est toujours une bien douce joie; ne pas aimer est toujours une profonde amertume.

Réunissez dans un palais une famille nombreuse; donnez-lui la richesse, le plaisir, l'honneur... tout, en un mot, excepté l'amour. Dans cette maison dorée habiteront les chagrins, l'ennui, la discorde et le malheur.

A quelques pas de là, pénétrez dans une chaumière où le nécessaire manque, mais où l'affection mutuelle abonde. Vous verrez cette famille dans la peine et dans la joie : dans la peine, parce qu'ils travaillent; dans la joie, parce qu'ils s'aiment. |

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