‹ La vieille (volume 2)Chapitre 11 sur 22 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LÉONARD, seuL Que va-t-elle faire ? je l'ignore ; mais le gouverneur lui-même, quand il le voudrait, n'est pas le maître d'éluder les ordres qu'il a reçus, et quand je pense que ce pauvre Emile, à peine remis de ses blessures, serait entrainé en Sibérie, seul et

à pied... seul , non pas! si je ne puis racheter sa liberté, je partagerai son esclavage et nous ferons la route ensemble. Je ne le quitterai pas. je le soignerai; un peintre a partout de quoi vivre, partout il trouve des sujets de tableaux: je ferai ^ en Sibérie des effets de neige, et ça deviendra un voyage d'utilité et d'agrément. ROMANCE.

Oui ; de cette terre sauvage Je peindrai les affreux déserts :

On aime à retracer l'image Des malheurs que l'on a souflfertsj Et nous prêtant un mutuel courage , Nous redirons pendant ce long voyage :

Point de malheur qui ne soit oublié Avec les arts et l'amitié.

( 2^ couplet, ) L'artiste se rit des promesses Que font les amours et Plutus :

Inconstantes sont les richesses.

Les amours le sont encor plus.

Trahi par eux, je reviens avec zèle A mon pinceau qui m'est resté fidèle. Point de malheur qui ne soit oublié Avec les arts et l'amitié.

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