DUO
EMILE
Mais que vois-je! d'ici, la chose est surprenante, On dirait que ma femme a la taille élégante. EMILE.
Yoyons, voyons , cependant!
Avançons un peu! mon trouble A chaque moment redouble.
Car le plus étonnant , C'est que ma femme a l'air d'avoir un bras charmant , Autant qu'on peut juger d'aussi loin.
(S'approchant.)
Du courage , Avançons encore.
(Dans ce moment, les femmes qui entourent la comtesse ont achevé de lui ôter et la robe et la coiffure de vieille qui la déguisaient; elle est en peignoir de mousseline et coiffée en cheveux.)
Ah ! grands Dieux !
LA COMTESSE , se retournant vers lui, Qu'avez-vous donc?
EMILE
En croirais-j e mes yeux î C'est la réalité... de la charmante image Dont mon cœur était amoureux.
ENSEMBLE
f EMILE.
O surprise ! 6 prodige D'amour et de bonheur!
Cet aimable prestige Fait palpiter mon cœur.
LA COMTESSE
Ce n'est point un prodige.*.
Mais je vois son bonheur, Et ce nouveau prestige Fait palpiter mon cœur.
EMILE
Ah! je suis trop heureux!... je devine sans peine Ce que je lisais dans l'instant...
Est votre aventure et la mienne.
Mais maintenant', monsieur, que rien ne vous retienne,
(Montrant l'appartement a gauehe.) Yoici votre appartement.
EMILE
Non pas , vraiment.
(Prenant une sonnette qui est sur la table,) Mes amis... Léonard!
Ah ! pour moi quelle ivresse !
Yenez partager mon bonheur!