LÉONARD , LA COMTESSE
Ociel!
EMILE
Ça m'est égal.
LA. COMTESSE
Pour nous ce ne l'est pas.
(A PétérofF.)
Parle vite et sur l'heure.
PÉTÉROFF.
Dans tous les environs, et dans cette demeure On vient de publier un ordre impérial Pour faire sur-le-champ sortir de la Russie Tous les prisonniers français.
Lesquels devront, et sans délais, Etre conduits en Sibérie !
EMILE, EDOUARD^ LA COMTESSE, O ciel ! en Sibérie !
LA COMTESSE regardant Emile.
Faible et souffraul encor, c'en est fait de sa vie ! ENSEMBLE. I LÉONARD^ LA COMTESSE.
A cet ordre sévère Rien ne peut le soustraire ; La crainte et la douleur S'emparent de mon cœur.
EMILE
A cet ordre sévère Rien ne peut me soustraire; Mais c'est votreidouleur Qui déchire mon cœur.
PÉTÉROFF.
A cet ordre sévère Rien ne peut le soustraire ; Non , rien du gouverneur Ne fléchit la rigueur.
EMILE
Allons , mes amis , du courage ; Puisque le sort le veut ainsi , Je partiiai , mais c'est dommage , Car on était si bien ici!
LA COMTESSE
Et ce départ?
PÉTÉROFF.
C'est aujourd'hui ; Et le gouverneur militaire , Pour faire exécuter cet ordre si sévère , A l'instant même arrive ici.
LA COMTESSE
Je le connais et son cœur inflexible N'écoutera que la voix du devoir.
LÉONARD
Eh quoi ! vos pleurs ne pourront l'émouvoir?
LA COMTESSE
N'y comptez pas ; mais il serait possible De le tromper.
(A Emile.) Venez, j'ai bon espoir; (A PétérofF.) Vous, suivez-moi.
(A Léonard.) Bientôt nous allons vous revoir.
ENSEMBLE
LÉONARD
A cet ordre sévère Rienne peut le soustraire; La crainte et la douleur S'emparent de mon cœur.
LA COMTESSE
Tout nous sera prospère; L'amitié tutélaire De ce fier gouverneur Trompera Ta rigueur.
PÉTÉROFF.
A cet ordre sévère Rien ne peut le. soustraire; Non , rien du gouverneur Ne fléchit la rigueur.
(La comtesse sort appuyée sur le bras d'Emile, et Pétéroftles suit a quelque
distance.)