La vieillesse de Sedaine
En guise de préface. — Histoire de deux pièces russes. — Grimm intéresse Catherine II a Sedaine. — Analyse de
« RaiMOND V, COMTE DE ToULOUSE ».
La Vieillesse de Sedaijie est l'élargissement d'une étude que je publiais naguère, sous le titre, alors même un peu inégal au sujet, de Sedaine à Saint-Prix^'\ Cette villégiature n'en demeurera pas moins le centre du tableau. Elle a eu, en effet, dans la fin de carrière qu'elle embrasse, une influence qu'on appréciera; au lendemain de la mort du poète, elle a décidé du destin de sa postérité. Je n'arriverai pas à Saint-Prix sans un assez long circuit. Préface utile, au moins; intéressante, j'espère : Sedaine tint de la libéralité de l'Impératrice Catherine II l'argent sur lequel il préleva de quoi s'acheter une maison de campagne. —
et aoûfi^oj/' ^'H/5^,V. de Versailles et de Seine-ci-Oise (novembre 1904, mai
A quel propos ? — Ce fut le prix de deux pièces que j^rae jj. Vandeul, h fille de Diderot, a appelées « les pièces russes ». — Lesquelles? — L'une, RaimondV, comte de Toulouse, est fort peu connue, n'existant qu'en manuscrit*, de l'autre, on ignore même le nom, et il me l'a fallu demander à Saint-Pétersbourg.
En 1779, où je vais prendre le point de départ de sa vieillesse, Sedaine a soixante ans. Il n'est riche que d'estime et de renommée. Sa nomination, qui date de onze ans, aux fonctions de secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts, lui a valu un petit traitement et un beau logement au Louvre ; mais du traitement, il est payé avec des retards inimaginables, et le bénéfice du logement n'est point net. La place dont il dispose lui donne la facilité et aussi bien la tentation d'exercer sa vertu hospitalière, et finalement ses charges s'en alourdissent. Sa renommée, cependant, bat son plein. Il a deux amis qui valent cent trompettes : du bruit de son nom Diderot emplit Paris, et Grimm en renvoie l'écho à toute TEurope.
Voyons le fond des choses. Sedaine termine par ces lignes des notes autobiographiques données, en 1780, à un ami que je crois être Ducis^'^ : « J'ai lu aux Français
(i) On lit, au sujet de ce document, daus le tome XVI (p. 236) de la Correspondance littéraire (édition Tourneux) : « Le premier catalogue de la collection Trémont (Laverdet, 1852, n° 1330) renfermait un précieux fragment de mémoires autographes de Sedaine, relatifs à divers incidents de sa carrière dramatique, de 17S4 à i??^- Ces 8 1/2 pages in-4'^. d'une écriture fine et serrée, furent adjugées pour 7 francs à M. Jacques Charavay : il nous a été impossible depuis d'en retrouver la trace... Ce document, dont l.i publication -serait si fort à souhaiter, avait été auparavant communiquée à Alfred de Vigny, qui en a cité quelques lignes dans son étude sur A/"' Sedaine et la propriété littéraire (1841). » Q.uand ces lignes furent écrites, le vœu était rempli : le fragment en question est imprimé dans le Théâtre choisi de Pixérécourt, que Charles Nodier a donné de 1841 à 1843 (t- ^^^ ^ P- Soi)- Il avait été offert par M"' Sedaine à Pixérécourt, pendant qu'il était directeur de l'Opéra-Comique, c'est-à-dire de 1827 à 1832. Vigny n'a dû avoir, en 1841, communication que d'une copie Le manuscrit lui-même a figuré, sous le n° 244, dans un catalogue de vente de M""" veuve Gabriel Charavay, de juillet 1903 (n° 272).
une pièce en cinq actes, qui a été reçue il y a six ans, inti- .tulée Marcel et Maillard [Maillard ou Paris sauvé]. Elle a été mise trois fois à l'étude et trois fois arrêtée. Enfin toutes les difficultés étant levées, M. le Garde des sceaux, que la représentation des ouvrages ne regarde point, s'y est pourtant opposé. Il a même défendu que l'ouvrage fût imprimé, sans donner d'autre raison que celle des Polonais : Veto. J'ai un autre ouvrage, comédie en cinq actes, qui m'a été demandé par une puissance du Nord pour le faire représenter sur son théâtre, et je pense que M. de Miromesnil ne s'y opposera pas^'\ » Le poète, à n'en pas douter, traversait une crise : il venait de donner sans succès Félix ou F Enfant trouvé; Maillard était frappé d'interdit ; ses collaborateurs Monsigny, Grétry, Philidor n'aboutissaient pas, et il en était à se demander s'il serait encore joué de son vivant. 11 ajoutait finalement : « Je crois que ces six ouvrages [auxquels il venait de faire allusion, sans les nommer tous] ne paraîtront sur la scène que quand j'en serai sorti tout à fait; mais j'en suis tout consolé. » Consolé, peut-être; gêné, assurément. Le son de la confidence est mélancolique.
Mais déjà un ami dévoué, ingénieux et très tenace, préparait le relèvement de sa fortune, par l'intervention de la « puissance du Nord ». Grimm avait réussi à intéresser Catherine au talent et à la pauvreté de Sedaine, aux succès et aux difficultés de sa carrière. L'opiniâtreté de l'Allemand s'exerçait avec une adresse de plume qu'il avait empruntée à l'esprit français. La générosité délicate de l'Impératrice envers les littérateurs et les artistes parisiens a été abondamment et justement louée. Elle appréciait,
(i) M"' du DefFand disait, à propos de cette pièce, après une lecture chez les Trudaine : « Ce Sedaine a du génie. Il a, dit-on, fait beaucoup de mauvais ouvrages. Je ne les connais pas; mais j'en connais trois qui me plaisent infiniment : cette tragédie, le Philosophe sans le savoir et le Déserteur (Correspondance inédite. . . édit. Sainte-Aulaire, Paris, 2 vol. in-8'', 1859, II, 218).
d'nilleurs, l'ingéniosité et surtout la gaieté de Sedaine : elle lui demanda une première pièce, puis une seconde, celles que j'ai appelées les « deux pièces russes », après M™* de Vandeul. L'auteur de Maillard, — qu'on nomma plutôt alors Paris sauvé, — la tête toute pleine de l'injustice qu'il lui semblait qu'on avait commise, en arrêtant une pièce représentée chez le duc d'Orléans, et goûtée d'une société aussi intelligente que fidèle à l'ordre établi, s'ingénia pour tirer vengeance de la cabale de cour qui lui faisait obstacle. Singulier tribunal d'appel que la cour de Russie, et dont Catherine récusa spirituellement^ comme on verra, la présidence ! Raimotid V , comte de, Toulouse, la pièce née de cette inspiration, dut l'étonner fort et l'embarrasser un peu. Elle n'a charmé personne, au surplus. M"'^ de Vandeul a écrit ^'^ : « Paris sauve est imprimé, mais n'a pas été joué ; Raimond F, comte de Toulouse, n'a pas même été publié; le sujet ne put en permettre la représentation. Ce que je me rappelle, pour l'avoir entendu lire à l'auteur, c'est qu'une comtesse ...»
Arrêtons M""^ de Vandeul, dans son flottement entre l'inexactitude et l'imprécision. La vérité est que Raimond V a été joué deux fois à Paris, les 22 et 26 septembre 1789. Le manuscrit qu'elle n'a fait qu'entrevoir appartient aux archives du Théâtre-Français. Il porte ce titre : Raimond V, comte de Toulouse. — Comédie héroïque en cinq actes, en prose, quelques parties y sont en vers, de M. Sedaine. Notons, en passant, que la pièce, malgré la brièveté de sa carrière, a porté deux sous-titres : l'Épreuve inutile et, plus tard, le Troubadour. « Quelques parties y sont en vers », vient-on de lire; c'est la principale originalité, je ne veux pas dire le principal mérite de la pièce; — on sait quel poète était
(i) Notice historique sur Sedaine par M"" de Vandeul, née Diderot, 1797, tome X\'I, p. 234 et suiv. de la Correspondance littéraire, édit. Tourneux, Paris, 1877-1882, 16 vol. in-8°. Voir p. 2<i8.
Sedaine. — Plus que médiocre en soi, elle demeure intéressante par sa forme exceptionnelle et par son histoire, presque ignorée. Le manuscrit du Théâtre- Français est unique; une copie de Le Mazurier a pris, au sortir de la bibliothèque Soleinne, dont elle faisait partie, une direction inconnue ('>. Rawiond V est le seul essai d'un genre qui porte bien sa marque d'origine. Celui qui avait renouvelé, sinon créé, l'opéra comique eut une pente naturelle à écrire suivant le mode alterné dont il avait pris l'habitude ; il crut, sans doute, facile de faire accepter du public une convention moins bizarre que le mélange du dialogue parlé et du dialogue chanté, c'est-à-dire la récitation pure et simple d'un livret d'opéra comique. Il donna donc cette pièce, que personne n'imita, et dont il ne fit pas la pareille, un monstre, pour ainsi parler : un opéra comique sans musique.
En voici, acte par acte, la très brève analyse, nécessaire à l'intelligence de mon sujet :
Acte premier. — Gavaudan, un vieux troubadour, moins féru de musique que de philosophie, un encyclopédiste (déjà !) arrive au château de Raimond V. Il n'y est pas venu depuis longtemps; il le reconnaît à peine. Les abords en sont hérissés de défenses; l'approche du nouveau maître n'est guère moins difficile, bien qu'il n'ait, d'ailleurs, encouru personnellement ni reproche, ni haine. On écarte de son entourage surtout les troubadours, qui pourraient lui apprendre des vérités funestes aux courtisans : « Malheureux souverains,, s'écrie Gavaudan, qui
(i) Le manuscrit du Théâtre-Français, qui a été, non pas écrit, mais corrigé de la main de Sedaine, porte, — bifïé, encore visible, — le sous-litre : ou. l'Epreuve inutile, reproduit par la copie signalée plus haut. On verra le changement de ce sous-titre pour la représentation.
Pixérécourt a écrit plus tard : Raymond, comte de Toulouse, ou le Retour de la Terre-Sainte, drame lyrique en trois actes, musique de Poignet, 1802. Voir le Théâtre de cet auteur, déjà cité.
ne peuvent satisfaire même le premier besoin de l'homme, la vérité ! »
Constance, comtesse de Boulogne, une veuve, est, en ce moment, l'hôtesse de Raimond, qui désire obtenir sa main. Elle a fait une comédie, qui traite des devoirs des souverains, et dont elle a perdu le manuscrit, retrouvé par Raimond. Celui-ci l'a lu avec enthousiasme, malgré la rigueur de certaines maximes, qu'il discute avec l'auteur. Ainsi le héros de la pièce, Éginhard, secrétaire de Charlemagne, peint les souverains comme de dociles instruments, dont les ministres se servent au gré de leurs passions. — Soit, pour le passé; mais aujourd'hui? — Il en est de même, réplique la comtesse. En voulez-vous la preuve ? Essayez de faire jouer ma pièce; je vous épouse, si vous y réussissez. Raimond, ravi, donne des ordres à son sénéchal, dont l'obéissance lui paraît assurée.
Cependant, il se plaint de ne plus voir de troubadours, et se souvient que son père lui disait « qu'il avait appris par eux des choses qu'il n'aurait jamais sues sans eux. » Mais le sénéchal les représente comme des censeurs éternels des princes et de leurs cours, se répandant en leçons sans fin^ en réflexions insupportables, parfois insolentes. On les a chassés, et c'était justice.
Acte deuxième. — La comtesse ne veut pas être dévoilée comme auteur de sa pièce. On obtient de Gavaudan, après qu'il en a reconnu le tour philosophique et l'esprit généreux, qu'il la prendra sous son nom.
Alors commence la lutte sourde du sénéchal contre le prince, pour évincer le troubadour et son œuvre. Il objecte la promesse faite antérieurement au poète de la cour, qui a une pièce prête; la nécessité d'une lecture préalable, pour s^assurer que celle dont il s^agit ne contient rien de contraire aux bienséances; le délai trop court imparti
pour l'apprendre et la mettre en scène. Mais Raimond passe outre à ces observations, et maintient l'ordre qu'il a donné.
Acte troisième. — La cour n'a vu attaquer jusqu'ici que ses défenses extérieures; voici l'assaut au corps de place. Une sorte de comité de lecture, composé du sénéchal, de l'intendant et de deux chevaliers, lit le manuscrit attribué à Gavaudan, s'en irrite ou s'en moque. C'est une longue revue des abus du régime, dans une conversation d'Éginhard avec Lothaire à son avènement, un vrai cahier de remontrances mises en vers, et dont on jugera les principales.
Le souverain, comme tous les hommes, a ses penchants, qu'un habile courtisan exploite, et par où il a main mise sur le maître. Développement sur la vanité des grandes charges de cour :
Ce luxe immense, apanage du trône, Ce peuple entier d'officiers, de valets Qui vous précède et qui vous environne, Et cette armée aux portes du palais, Tout cet éclat de la grandeur suprême S'est par degrés tourné contre vous-même.
Il est bon dans les instants réservés à la majesté du pouvoir, et peut servir à en accroître le respect:
Mais si ce luxe enfantait la détresse. . .
Si ce cortège était une barrière
Qui dérobât à vos yeux la misère
De tout un peuple, hélas ! dans les douleurs. . .
Combien alors, combien serait coupable
Ce vain amas de frivoles grandeurs I
Plus loin :
Le plus grand crime est de mentir, Celui qu'un roi ne saurait trop punir.
Êginhard permet à Lothaire le plaisir de la chasse parce qu'il exige de la force et de l'adresse. Cependant il lui conseille surtout de courir sus aux fripons. Il vaudrait mieux :
Tomber sur un traitant, dont la rapacité
Fait d'un sage tribut un impôt détesté.
Suivre tous les détours et les ruses obliques
D'un ministre embrouillant les affaires publiques,
Ou d'un vil magistrat, qui trafique des lois,
Et tend au plus offrant son suffrage et sa voix. . .
Soyez juste, Seigneur, . . .
Et prenez garde que la clémence même a ses abus :
La clémence est faiblesse en la toute-puissance.
Qiii punit un méchant avec sévérité
A fait pour tout l'empire un acte de bonté.
Le souverain doit rompre avec des habitudes de mollesse, parcourir ses états, s'enquérir personnellement de leurs besoins :
Craignez les protégés, craignez les protecteurs : Plus le protecteur ardemment sollicite, Et moins le protégé doit avoir de mérite.
Ayez de bons inquisiteurs, qui vous dénoncent les hommes vertueux et les hommes de mérite, et vous aident à les mettre à leur place, qu'ils ne savent pas solliciter. Une critique des fonctions données en survivance, paraît avoir été biffée par l'auteur ; mais j'en ai dit assez pour qu'on puisse juger de l'attaque, qui aura^ d'ailleurs, des reprises à l'acte suivant.
Le sénéchal, pendant cette lecture, se contient, tout en laissant deviner qu'il est résolu à se porter à quelque extrémité, plutôt que de laisser introduire au château une pareille machine de guerre.
Acte quatrième. — Le sénéchal veut encore user de ruse et temporiser. Il engage vainement Gavaudan à demander que sa pièce soit remise aux fêtes du mariage du prince. Puis il lui conseille des corrections ; mieux vaudrait^ lui dit-il, s'adresser aux courtisans qu'au prince. Mais Gavaudan pense que le bien n'a jamais remonté des courtisans aux rois ; il a découlé d'ordinaire des rois au peuple, « comme une source salutaire et sacrée de paix, de justice et de bienfaisance ».
Pourquoi, objecte encore le sénéchal, maltraiter les gens de cour, qui sont une réserve de vertu guerrière ? Tel n'est pas l'avis de son interlocuteur : si les cottes de mailles se perçaient comme les camisoles, une crainte salutaire aurait bientôt mis fin aux guerres. Tout homme robuste en vaut un autre, et un paysan sait mourir avec autant de courage, sinon avec autant de grâce, qu'un noble. Il est un courage bien au-dessus de celui-là : dire la vérité aux rois.
Comme s'il lui rendait les armes, le sénéchal se jette dans les bras de Gavaudan étonné au dernier point de cette effusion, et lui prodigue les témoignages de son admiration, et l'appelle : « grand homme », « homme divin ». Quelques instants après, il démasque son jeu; il lui fait signifier un ordre d'expulsion.
Acte cinquième. — A grand'peine le troubadour parvient à informer de l'événement Raimond, qui demande compte au sénéchal de cette violence. Celui-ci invoque les lois de l'État, qui défendent toute innovation dans les écrits comme dans les institutions ; il n'a fait que les exécuter, en supprimant l'œuvre du poète et en le bannissant lui-même.
Vives explications entre les deux adversaires, en présence du comte. L'Impératrice de Russie trouvera la scène digne d'un Montesquieu.
Gavaudan. — Le grand art d'un ministre est d'effrayer son maître... Les connaissances des devoirs des peuples envers leurs souverains et des souverains envers leurs peuples ne peuvent être funestes qu'au fanatisme et à la tyrannie.
Le sénéchal. — Qu'entendez-vous par le fanatisme (0? Quoi la religion ?. . .
Gavaudan. — Vous voudriez bien, sans doute, que je les appelasse du même nom ; mais je me tairai pour mon repos, et trop sans doute pour le prince qui m'entend... La loi condamne toute nouveauté, dites-vous, dans les écrits ; elle condamne donc tous les hommes à la sottise éternelle des préjugés de leurs ancêtres.
Le sénéchal. — Non, il est permis d'écrire ; mais il y a des personnes éclairées, chargées par moi d'examiner, de surveiller. . .
Gavaudan. — Et d'empêcher d'approcher du prince toute vérité qui, en l'instruisant, pourrait vous nuire.
Le comte maintient l'ordre donné. Le spectacle va commencer ; on crie au feu : le théâtre est en proie à un incendie, évidemment allumé par le parti des gens de cour. '( Eh bien ! sire comte, adieu ! dit la comtesse de Boulogne, je pars... » Elle se radoucit cependant; elle épousera le comte, qui pardonne à son tour, craignant que sa vengeance n'atteigne pas les vrais coupables.
Puis tout finit par la moralité chère à Sedaine, et rythmée suivant le mode qui lui est familier. Qu'on relise le couplet final du Philosophe sans le savoir :
Ah ! jeunes gens, jeunes gens. . .
et qu'on y compare celui-ci :
Ah ! souverains, souverains, Il ne tient bien qu'à vous que tout soit à sa place. Écrasez l'injustice et réprimez l'audace ; Accueillez la vertu, et ne souffrez jamais Près de vous que l'honneur et des sentiments vrais.
(i) '( Fanatisme » (ou <r superstition ») jouait alors, dans la polémique, le rôle douteux dévolu de nos jours à <i cléricalisme ». L'élasticité du mot permettait, comme on voit, de combattre, à l'abri d'une équivoque, l'intolérance religieuse ou la religion même.
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Telle est cette comédie, dont la Correspondance littéraire,
— onze ans plus tard, au moment de la représentation <■' — trouvait le sujet singulier et ingénieux, mais l'intérêt e't le style msuffisanis. A force d'esprit, disait-on, elle aurait pu passer : pemtures vives, critique mordante, variété des développements, saillies du dialogue, - et quoi encore >
- auraient pu en racheter les faiblesses. Autant valait demander à Sedaine de se changer en Beaumarchais. Nous dirons plus lom dans quelles circonstances Raimond V fut donné, à la fin de septembre 1789; d'autres périls que la philosophie des troubadours menaçaient alors la cour. La pièce avait vieilli, avant les représentations dont M™« de Vandeul était excusable de ne pas se souvenir.