LIVRE SEPTIÈME. zSg
» Loin de nous , 6 guerriers y la gloire effé* minée dun joueur de lyre! Savez*vous quels exploits me méritèrent le cœur de la belle et chaste Helmina ? Vous avez tousf rappelé vos hauts faits : écoutez mon récit ; il contient de glorieux souvenirs.
» Le cruel César avait dompté les Gaules '^; les Éburons, après cent combats, vaincus, dispersés dans les forêts, fuyaient leurs de-^ meures dévastées. L'astucieux tyran , par une ruse digne de lui , ne pouvant les poursuivre dans leurs retraites, appela au pillage de leurs cités les peuplades voisines. Le bruit en vint jusqu'à nous; nos >^ontagnes avaient déjà donné asile à ces infortunés : nous résolûmes de sauver ce qui restait de leurs richesses.
J'appelle mes braves > deux mille cavaliers se rassemblent; nous passons le Rhin. Nous trouvons de toutes parts les troupeaux errans sans maitres, les habitations en cendres et la cité abandonnée. Enhardis par ce silence, nous traversons les bois, les marais avec sécurité. Quelques fugitifs nous apprennent que César
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était éloigné; l'un d'eux, conduit par la haine et le ressentiment , nous dit : (c Sycambres, le » ciel vous envoie sans doute pour nous ven* » ger» Au confluent du Sabis et de la Mosa » s'élève la forteresse d'Atluaca [a]; là, sont }} déposés les trésors accumulés par nos ty- }) rans : osez attaquer le camp romain ; les » dieux de la vengeance, conjurés par nos » vœux, protégeront votre entreprise. »
}} Nous suivons cet avis. Le Gaulois nous sert de guide ; nous pénétrons à travers l'étroit défilé , et nos regards avides découvrent enfin le ]ieu que les dieux semblent avoir marqué pour humilier l'orgueil romain. A notre aspect inattendu, la cohorte court aux armes; tels que des loups acharnés au carnage, no,us nous précipitons sur le camp ouvert de toutes parts. En vain le centurion défend avec courage l'entrée du retranchement ; en vain la cavalerie ennemie, absente pour chercher des fourrages, accourt à son secours , nous taillons en pièces