LIVRE SEPTIÈME
dure 9 vous oubliez qu'il faut savoir plaire. Ijm vierges de nos contrées , inconstantes et légères, demandent ainsi que les fleurs, qui sont leur emblème, des soins^difTérens : la violette , bumble et modeste , se contente de labri d'un buisson épineux; la primevère développe sans culture ses grappes d'or, au sein des prés humides ; presque foulée aux pieds^ la blanche marguerite croit sons les pas du voyageur; mais l'hyacinthe au calice odorant, le l^s superbe , ornement des monarques ; mais la rose, élégant chef-d'œuvre de la déed^e Herla [a] , veulent un terrain fertile , des cieux propices et des soins assidus. De même, la beauté se laisse fléchir, tantôt par la vaillance, l'adresse ou l'éclat des (conquêtes, tantôt par une belle chevelure , de belliqueuses offrandes ou des chants mélancoliques ! Heureux le héros qui y possédant l'art de la guerre, sait par la savante magie de la lyre, remplir les loisirs de
[a] Sous ce nom les Germains adoraient Cybèle ou la Terre.
la paix ! Mais plus heureux encore celui qui sait plaire ! malgré ses rivaux ^ la victoire est à lui. »
« Qui vient donc nous parler et de femmes et de fleurs? interrompit un vieux Sycambre.
Ces soins frivoles sont-ils dignes d'occuper des âmes guerrières ? Le fier Sycambire sait aussi combattre 9 aimer et plaire; mais nos vierges, au cœur belliqueux^ ne se souhiettent qu'au plus brave. Quand les trompes d'airain nous appellent aux batailles ^ les amantes des guerriers les accompagnent. Idolâtres de la seide valeur^ eUes suivent^ les yeux baissés et le sourire 9ùr les lèvres, elles suivent les traces des héros , pansent leurs plaieS" sanglantes y s'emparent de leurs armes, et portent en triomphe les tributs de la guerre. Les vierges même, qu'un devoir impérieux a retenues dans leurs foyers, accourent au-devant des vainqueurs; elles comptent avec émotion les blessures de leurs amans, et les têtes ennemies appendues au col de leurs coursiers; mais elles abandonnent le lâche qui fuit.