‹ La vierge d'Arduène: traditions gauloisesChapitre 29 sur 38 · LIVRE SEPTIÈME: > M · texte numérisé non relu

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heureux de ce qu'il po^ède^ en goûte le prix ^ et ne le dispute pts a ses compagnons d'armes ^ Mais quittons le festin , les jiçux commencent i venes les partager , votre présence animera nos lutteurs : les regards des héros excitept l'adresse et le courage. »

Les chefs se lèvent et suivent Tbéodemir sur la pelouse unie y choisie pour le théâtre dateurs plaisirs.

Là j divers groupes s'exercent à la course ^ à la lutte y. au saut périlleux* On apprête l'enceinte destinée aux jeux belliqueux ^ danç lesquels le Celte et le Gerniaio font remarquer leur intrépidité. Un cercle est tracé; les guerriers hérissent le sol.d'épées nues et de lances acérées. Douze d'entre eux quittent leurs yètemens ^ et ^ au signal donné y s'élancent avec adresse à travers les glaives meurtriers j il^ les franchissent y tournent rapidement dan$ l'étroit espace ménagé entre les armes y s'attaquent , se poursuivent sans les toucher et sans en être atteints *^.

D'autres rappellent les jeux de l'enfance : ih

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se placent sur une ligne ^ à des distances égales 9 s'inclinent^ appuient leurs mains, sur leurs genoux robustes y et leurs dos courbés présentent la forme d'uB autel. La troupe restée en arrière franchit, en: courant,, les douze appuis, et va plosloin former les mêmes obstacles [a]. *

Ici deux groupes tirés au sort offrent , dans leurs évolutions, l'image de la guerre [6]. l)es barrières sont posées ; le terrain qu'elles renferment représente la patrie ; Tennemi l'attaque , SCS défenseurs le repoussent. C'est là que paraissent le courage , l'adresse, la force et la générosité. Les chefs des deux partis s'exposent pour saliver leurs soldats égarés ; ils feignent de fausses attaques , jettent souvent leurs casques , leurs brillans bracelets , pour ' amuser l'ennemi et laisser à leurs coureurs le temps de regagner le camp ; car , de

[a] Le cheval fondu.

[^] Le jeu des barres doit remonter à une haute antiquité , comme tous les jew& guerriers*.

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la perte des soldats ilépend celle de la victoire* A ces exercices succède celui que les Gau-* lois de V ArmoriqUe nomment le jeu de la soûl \^j et qu'ils célèbrent en Thonneur du blorid BéleDUs^ dieu du jour. . Une outre bondissante est prépanée par, les soins des joueurs. L'air renfermé avec- force dan» son sein^ rend le globe élastique capable de s^élever à la »plus grande hauteur. Un bras vigoureux le lance vers les cieux ; mille mains s'élèvent pour le recevoir, et cette action semble un ^hommage à l'astre bienfaisant dont .le globe porte le nom. Il retombe 9 mille fois il est renvoyé avise adresse ; enfin ^ l'un des joueurs s'en empare y l'emporte en fuyant , et c'est à la course qu'il faut de nouveau le conquérir.

Mais^ parmi tous ces jeux^ il n'en est poipt qui ait autant d'attrait pour les guerriers que cçlui qu'ils nomment le tir-dé-Foie , jeu sanguinaire , inventé par eux, en mémoire, du cruel revers que leur ;fit jadis 'éprouver; la vigilance de ces oiseaux sacrés , dont les cris avertirent le jeune Manlius de l'approche de

a46 LA VIERGE D'AROUËNE.

Brennos **. Poar perpétuer leur baine et kw Tengéance, aux jours solennels ils plantent «a terre deux fortes lances? on amène une oie au blanc plumage ; une longue courroie enlace son cou flexible , malgré les cris p#r^ çan& du malheureux oiseau ^ on le suspend tout vivant aux deux javelines ; chaque Gau-* lois 9 armé d'un bâton courte se place à la distance d'un jet de pierre ^ et lance son épieu. Ija colère anime les yeux des combattans : il semble qu'un ancien ressentiment dirige leurs coups. Malheur à celui qui n'at^ teint pas la victime; les^ràiUeries le font sortir du cercle des joueurs , qui le contraignent à une amende pour racheter sa maladresse.

Bientôt les os de l'oiseau sont brisés^ il ne se débat plus : le dernier coup lui a donne la* mort. Celui qui l'a porté reçoit les bonoeuc^ du triomphe ; on détache l'oiseau meurtri'^ on l'offre au vainqueur avec les lances qui ont servi au supplice ; puis y l'élevant sur un brancard formé de javelines^ on le promène

autour du camp en célébrant sa victoire..

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