II AVANT-PROPOS
(leur de trouver juste. Les romans du cœur ! Connaissez vous une exergue plus charmante et plus naturelle à des œuvres d'imagination ou plutôt ce litre ne devrait-il pas être celui de tous les Romans? Certes, si depuis 1825, si depuis ces quinze années qui ont donné à ce genre, parmi tous les genres de notre littérature, un droit de bourgeoisie incontestable et incontesté, nos écrivains s'étaient inspirés de cette douce pensée, — S'ils avaient écrit sur leur bannière ces trois mots si simples et pourtant si féconds, nous eussions eu sans doute à déplorer beaucoup moins de ces furieux accès de lames de Tolède, de gibets, de poisons et de crimes de toutes sortes, qu'on nousaser-
AVANT-PROPOS. m
vis sous prétexte de moyen âge et de bas-empire, sans nul égard pour la délicatesse et la susceptibilité nerveuse de certaines organisations. Ecrire sur l'amour, soulever un à un tous les feuillets de ce livre sans commencement et sans fin qu'on appelle le cœur, chercher dans ce cœur, pour nous les offrir vivants et dramatisés, les iustincts divers qui le relèvent ou l'abaissent, c'était-là une noble et délicieuse tâche, c'était travailler pour être lu par tous, car il n'est pas un être de notre société, telle qu'elle est aujourd'hui, tourmentée par la fièvre politique ou les luttes sociales, qui ne fasse de la métaphysique de sentiment, sinon l'occupation exclusive, du moins le délassement le plus réel de