Bonaventurae opéra, éd. de Lyon, 1668, t. VI, p
6. L. XII, ch. 6, dans les Opéra Alberli Magni. Lyon, 1651. t. XX. p. 437.
infringuntur capita iniquorum. Unde dicitur Christo in Psalmis : in virg-a ferrea tanquani vas fig-uli confringes eos.
Virga dicitur Beata Virgo, écrit le dominicain Hugues de Saint-Cher '. haculus, crux. Haec duo vere consolantur nos in omni trihuJatione nostra. Et dicitur B. Virgo virga, quia hahet has proprietates virgae :
Plana, plicans. gracilis, mensurans, recta, rotunda ;
Percutit, irritât, corfice tecta canet.
Haec est virga illa c/ua retunduntur inipetus adversantium daemoniorum, dit au xii'' siècle un sermon Cistercien faussement attribué à Pierre Damien -: virga Aaron, per quani fiunt signa et niirahilia. Baculuni autein crucis intellige, quo non solus verberatus est, sed et occisus ille insatiabilis homicida qui mortibus honiinum nascitur et nutritur. In Virgine virga et haculo cruce miserorum spes et consolatio continétur, sicut subliniis prophcta clara voce déclarât : Virga. inquif, tua et baculus tuus ipsame consolata sunt.
On a toujours profit, quand on veut se renseigner sur une question touchant la Vierge Marie, k se reporter aux Gloires de Marie, de saint Alphonse de Liguori : sous la forme d'une paraphrase du Salve regina, les Gloires de Marie contiennent, si l'on peut ainsi dire, la quintessence de la mariologie. Les textes qu'on vient de lire y sont assez bien résumés dans ces quelques lignes : a Oh ! comme ils fuient à l'aspect de notre reine, ces esprits rebelles ! Si Marie est de notre côté, que pourront contre nous les puissances de l'Enfer ? David, redoutant sa dernière heure, se confiait déjà en la mort de son Rédempteur futur par l'intercession de la Vierge mère. Le cardinal Hugues [de Saint-Cher] dit que par le bâton dont par-
1. Dans son commentaire sur le Psautier, t. II de ses Opéra, omnia in universnm Vêtus et .\ovum Testamentum (8 vol. f", Venise, Nicolas Pezzana, 1703 . Ce commentaire des Psaumes a été attribué aussi à Alexandre de Halès Hurter. Xoinenclator lilterariiis. t. IV, col. 264 sq. . Hugues, natif de Saint-Cher près Vienne en Dauphiné, entra dans l'Ordre des Prêcheurs en 1225. devint cardinal du titre de Sainte-Sabine, il mourut en 1263. Voir sa notice dans Quétif et Echard.
2. 11 semble de Nicolas, moine de Clairvaux. secrétaire de Saint-Bernard (Mij,me,P. L., CLXXXIII, 26 sq., et CXCVI, 1589-I.'>90 . Pour lattribution à Pierre Damien, voir l'éd. des Œuvres de Damien pardom Constantin Caetani, 2 vol. f°, Rome, 1606-1608, t. II, f 110, et Migne, P. L., CXLIV, 721. Pour l'allégorie virga Virgo, cf. encore, au xii" siècle, le Mariale d'Adam, abbé fcistercien) de Perseigne P.L. CCXI, 699 sqq. le sermon sur l'Annonciation, d'Absalon, abbé augustinj de Springirsbach (P. L., CCXI, 121 , et les vers cités par Pitra. Spicil. Sofesm.,II,p. 389.
'eudrizei', Ld Virrgr rh' Miséricorde
PI. XXVIll
lait David, il faut entendre la croix, et par la verge lintercession de Marie, qui est cette Vierge prophétisée par Isaïe. La divine mère, dit Pierre Damien, est cette verge puissante, qui met en fuite les esprits infernaux '. »
On A'oit de quelle époque date la comparaison mystique de la Vierge avec une verge : du xii'' et du xiii'' siècle, du temps où, sous lintluence de saint Bernard et des Cisterciens, s'exalte la croyance à la miséricordieuse intercession de la Vierge, où le sentiment religieux associe la Vierge à l'œuvre de la rédemption au point de l'y faire contribuer presque autant que le Rédempteur.
Pourquoi, sur le tableau de Montefalco et sur celui de Palerme, la virga est-elle remplacée par une massue? La raison s'en devine aisément, si l'on se rappelle l'inspiration populaire de ces peintures. 11 ne suffisait pas aux bonnes gens que le Diable fût bàtonné : il fallait qu'il fût assommé. Le bâton a été remplacé par une massue, parce qu'une massue est, si l'on peut ainsi dire, un bâton superlatif. N'oublions pas qu'il s'agit d expliquer des tableaux italiens, et que le peuple italien, comme l'indiquent les superlatifs et les diminutifs de sa langue, a un besoin inné d'exagération.
Ainsi, la massue dont la Vierge est armée sur les tableaux de Montefalco et de Palerme, le bâton dont elle est armée sur ceux de la galerie Golonna et du musée de Montpellier s'expliquent par une métaphore que nul catholique ne saurait ignorer, Virgo virc/a. Mais ceci dit, la question que j'avais posée en appelant l'attention des érudits sur le type en question et à laquelle M. Reinach a pensé répondre, reste entière. Je ne demandais pas pourquoi la Vierge secourable s'était, pour chasser le démon, armée d'une massue, mais pourquoi on trouve en Ombrie une série de tableaux votifs qui représentent la Vierge accourant, à la prière d'une mère éplorée, au secours d'un hamhino que le Démon veut ravir. Evidemment, ces tableaux se rapportent à un miracle opéré par la Vierge, sont l'illustration d'un récit d'apparition miraculeuse que la prédication ou le théâtre avait rendu populaire, en Italie et surtout en Ombrie, dans la deuxième moitié du xv^ siècle. Ce récit serait à retrouver.