‹ La Vierge de Miséricorde; étude d'un thème iconographiqueChapitre 136 sur 158 · SAINTE URSULE · texte numérisé non relu

SAINTE URSULE

Nous ne saurions énumérer d'une façon complète les monuments qui représentent sainte Ursule abritant ses compagnes sous le manteau prolecteur : peintures, sculptures, gravures, vitraux, illustrations peintes ou gravées des livres d'Heures, monnaies et jetons, médailles de dévotion, vêtements sacerdotaux, objets d"orfèvrerie formeraient une liste interminable icf. Detzel, Chrisll. Ikonographie, t. 11, p. 662). Nous nous bornerons à signaler les monuments les plus importants, ou ceux qui nous ont paru offrir quelque particularité intéressante. Plusieurs de ces représentations montrent sous le manteau de la Sainte, outre les Vierges ses compagnes, divers personnages, un pape, un roi, un cardinal, un archevêque, un évêque. Il ne faut pas dire, comme on l'a fait [Revue de Vart chrétien, 1885, p. 130\ que sainte Ursule abrite sous son manteau des c gens de tout état » ; les personnages en question sont parfaitement déterminés par sa légende : le pape s'appelait Cyriaque, il abdiqua la papauté pour suivre Ursule et subir le martyre avec elle, à Cologne; le cardinal et l'archevêque s'appelaient Vincent et Jacques, ils suivirent le pape Cyriaque ; l'évêque est Pantulus de Bàle; le roi est Ethelreus, fiancé dUrsule, venu à sa rencontre à Cologne et martyrisé avec elle. Cf. Legenda aurea, CLviir {De undecini niillibus Virginuni).

1. Fresque de la fin du xiii*' s., dans l'église catholique de Linz-am- Rhein : sainte Ursule abrite six Vierges sous le manteau protecteur. Cf. Paul Clemen, Die roinanischen 'Wandmalereien der Bheinlande (t. XXV des publications de la Gesellschaft fiir rheinische Geschichtsliiinde), pi. 58.

2. Cliâsse peinte de la fin du xni<' siècle, à la cathédrale d'.\lbi, mentionnée dans le A'A\Y"= co/ij/rès arc/iéo/. c/e France, p. 512, et appréciée d'une façon bien surprenante par P. Mantz {La peinture française du /A'« siècle à la fin du AT/", p. 125'», qui y a découvert « cette qualité dont Téniers et les modernes revendiqueraient volontiers le privilège et qui s'appelle l'esprit. » Elle a été étudiée par le baron de Rivières dans la

Revue ai'chéol. du Midi, t. I (1866), n"* 10-11, et à part, avec une chromolithographie tout à fait insuffisante. Je dois la photographie du panneau de sainte Ursule et une description détaillée de l'ensemble, à M. l'abbé Jules Puget, d'Albi. Cette châsse est en bois de châtaignier, solide mais grossière; la forme, très simple, l'appelle celle des boites à jouets qu'on appelle « arches de Noé ». H. 0 m. 4o, long. 0 m. 54, larg. 0 m. 25. La peinture est sur couche de plâtre appliquée sur une toile de lin, laquelle a été collée à forte colle sur le bois (pour cette technique, dont Vasari attribue, à tort, l'invention à son compatriote Margaritone d'Arezzo, cf. Bouchot, Les primitifs français, p. 5, et Perdrizet, La peinture religieuse en Italie jusqu'à là fin du XIV'^ siècle, p. 23). Le toit forme couvercle, les charnières sont sur une des longues faces, celle où se trouve la représentation de sainte Ursule. La Sainte, couronnée et nimbée, soulève de ses bras écartés son manteau de reine, un manteau immense, doublé d'hermine; deux Anges Taident à le tenir ouvert. Quatre Vierges, à l'ombre de ce manteau, semblent marcher vers Ursule; elles sont nimbées et portent, dans une main, un livre, dans l'autre main, la palme du martyre. Sur une bande au-dessus des cinq vierges sont peints leurs noms ; les voici, en allant de gauche à droite : Sa Florentiana, S^ Mahilia, S"- Ursula, S* Ecleta, Sa Cristencia. Aux deux extrémités de la composition, sous la bande blanche, deux écussons pareils, presque effacés, portant d'or, au bœuf passant de gueules, à la bordure engrèlée de même : ce sont les armes du donateur, probablement des armes parlantes. Un obituaire d'Albi (Bibl. d'Albi, ms. 8, f" 28: rapporte que le 23 juin 1391 ohiit B. Vaquerius... rector Co/onie Cologne-sur-Gers, près Toulouse), chanoine d'Albi. Au xîV siècle, un Pierre Vacquier fut capitoul de Toulouse (Bvémond, Nobiliaire toulousain, éd. de 1863j. Le donateur de la chasse d'Albi était peut-être un Vacquier de la fin du xiii'^ siècle.

Sur le versant arrière du couvercle, on distingue assez mal, au milieu, la Vierge Marie, trônant, avec l'Enfant, entre saint André (S.Andrieu) et une Sainte qui paraît être sainte Cécile {Cecelia ?); à côté de saint André, les mêmes armoiries que précédemment.

Les petits côtés portent, l'un un saint évêque, l'autre, semble-t-il, saint Laurent avec le gril. Sur la grande face de devant, trois bustes sans inscriptions, médiocrement peints : je ne saurais dire s'ils sont de la même date que les autres peintures de la chasse, et s'ils ne représentent pas des bustes- reliquaires. Aucune trace de peinture ne subsiste sur le versant antérieur du couvercle.

Sainte Ursule était particulièrement en honneur dans le diocèse d'Albi. Une chapelle lui était dédiée dans la cathédrale; plus tard, cette chapelle a porté le nom de Saint-Barthélémy; elle est aujourd'hui consacrée à saint Sébastien. On lit dans la Description naïve et sensible de la fameuse é(jlise Sainte-Cécile d'Albi, publiée d'après un ms. inédit, et annotée par M. Eugène d'Auriac : « A l'opposite de saint Joseph et de Moïse, et du côté de l'épitre, sont (peints le patriarche Jacob et le i^rophète Jonas... A la pointe des arceaux, du côté de l'épître, sont représentées sainte Ursule et sainte Agnès, et à la face opposite sainte Barbe et sainte Véronique... » Ces peintures auraient été exécutées de 1503 à 1515.

232 CATALOr.UE

Les érudits locaux qui se sont occupés du culte des Saints dans TAlbi^eois ignorent quelles sont les Saintes qui, sur la chasse de la cathédrale, sont groupées sous le manteau de sainte Ursule. L'abbé Salabert (Les saints du diocèse d'Alhi, 2<' éd., Toulouse, 1892, 2 vol. 8°) n'en dit pas un mot. On chercherait vainement les noms des trois dernières dans les listes de Saints publiées par Mas-Latrie Trésor de chronologie ., Giry [Manuel de diplomatique ., Cahier [Caractéristiques . Il est vrai que la liste de Mas-Latrie mentionne dans le Midi un saint Mabilis= Amabilis, dont le nom esta rapprocher de notre S* Mabilia. Le nom que nous avons lu Ecleta {= Eclecta) a paru au baron de Rivières être Celeta (= Cwlesta'? . Quant à S-"* Florentiana, qu'il faut sans doute identifier avec la pari-ula Florenlina, sœur cadette du fiancé de sainte Ursule [Légende dorée, ch. clviii, p. 704 Grasse), il en est question dans un procès-verbal de visite, daté de 1698-1699, qui a été publié par M. de Rivières Bull, monumental, 1873-1875, p. 32 du tirage à part) : « une maschoire inférieure où il y a onze dents avec un escriteau par lequel il paroi t que cette relique est de sainte Florentiane. » Le procès- verbal ne mentionne aucune relique des autres saintes ; mais Ton sait que la cathédrale d'Albi possédait quelques parcelles du corps de sainte Ursule: la peinture même de la châsse suffirait à le prouver.

4. Pinacothèque de Bologne (n" 202), peinture attribuée faussement à Caterina Vigri et datée de 1432. Sainte Ursule, de taille gigantesque, abrite sous son manteau ses compagnes, qui sont coiffées de la couronne des élus; la première de chaque côté tient une haute bannière aussi haute que la Sainte; ces bannières sont à croix rouge sur fond blanc. Reproduction dans Jameson, Sacred and legendary art, t. II, p. ;j02 et dans J. llelbig, Le baron Béthune, fondateur des écoles Saint-Luc Bruges, 1906), p. 212; cf. Grimoûard de Saint-Laurent, Guide, t. V, p. ol7. On a dit, à tort, que ce tableau représentait la Vierge de Miséricorde abritant deux confréries de Bologne Revue de l'art chrétien, 188u, p. 277).

5. Nuremberg, musée germanique. Katalog der Gemàlde, éd. de 1893, n° 9 ; Zeitschrift fiir christliche Kunst, 1895, p. 315; Delpy, p. 71. Tableau colonais, d'un élève ou imitateur de Hermann Wynrich, vers 1430. Sainte Ursule debout, de face, avec la couronne, la palme et la flèche, abritant quatre Vierges sous son manteau. A sa droite, saint Jean- Baptiste. A sa gauche, une Sainte tournée de profil, regardant sainte Ursule; elle aussi a la couronne, la flèche et abrite des Vierges sous son manteau. D'après le Catalogue de Nuremberg, le peintre aurait figuré deux fois sainte Ursule. Cette explication est inacceptable. Il est vrai que les artistes du moyen âge représentent souvent deux fois le même personnage dans la même composition, mais c'est quand ils ont à montrer deux événements successifs d'une même histoire ; or, ici, il n'y a pas d'histoire, il ne se passe rien. M. Delpy propose, avec toute vraisemblance, de reconnaître dans la sainte de profil sainte Pinnosa,ou Vinnosa,dont il est (juestion dans le Sermo in Xatalihus. Ce panégyrique qu'on lisait le jour anniversaire de la « naissance » [natale) à la vie éternelle des Vierges colonaises, autrement dit le jour de leur martyre, fut

écritentre 731 et 834; il nous représente les traditionsqui avaient cours à Cologne au viii* siècle, concernant les onze mille Vierges. On y voit qu'à cette époque, la fille du roi breton ne s'appelait pas Ursula, mais Pinnosa. Le Serino in Xatalibus a été publié dans les Acta SS, octobre, IX, p. 154-157 et dans les Bonner Jahrbiicher, 1890, p. 118-124; cf. Potthast, Bibl. nied. aevi, l. II, p. 1015, et Delehaye, Les légendes hagiographiques, 2^ éd., p. 26. C'est au xi*" siècle qu'au nom de Pinnosa se substitue celui d'Ursula, et que parait la légende, popularisée depuis par les peintres colonais, par Memling et ("arpaccio cf. Ludvig- et Molmenti, Yittore Carpaccjo, Milan, 1905i. En somme, le tableau de Nuremberg témoigne de lincertilude de la tradition quant au nom de la conductrice des Onze mille Vierges. La chasse de saint Odile, à Kerniel, qui date de la fin du xiii*^ siècle \\ou' supra, p. 229), montre qu'au diocèse de Liège tout au moins, on croyait que les Onze mille Vierges avaient eu à leur tète non pas Ursule, ou Pinnose, mais Odile.

6. Cologne, Wallraf-Richartz Muséum, 70 ( Verzeichnis, éd. 1903, p. 21) ; Scheibler-Aldenhoven, Gesc/i«c/i^e der Kôlner Malerschule, p. 163 et 400. Reproduction dans Delpy, p. 76. Fragment du retable de l'abbaye bénédictine d'IIeisterbach. Le retable, dont les morceaux sont dispersés entre Cologne, Munich, Augsbourg et Nuremberg, est de l'école de Stephan Lochner il'''^ moitié du xv^ siècle). Le fragment du Wallraf- Richartz Muséum, que Delpy (p. 78) s'est efi'orcé d'attribuer à Lochner lui-même — ce serait une œuvre de la jeunesse du maître — , représente la Sainte abritant sous son manteau quatre Saintes plus petites, nimbées, debout. Dans la main droite, Ursule tient la flèche; dans la gauche, la palme.

7. Polyptyque colonais, du début du xv^ siècle, 'au musée grand-ducal de Darmstadt (n°160). Au milieu, Jésus en croix. A droite, entre autres saints et saintes, sainte Ursule abritant cinq de ses compagnes sous son manteau. Cf. Zeitschrift fur christl. Kunst, 1895, n" 10; Klassischer Bilderschatz, n° 247; Delpy, p. 74; Scheibler-Aldenhoven, p, 136.

8- École du Maître de la Vie de Marie (vers 1460-1490) : 1» Galerie d'Augsbourg (n" 6). Cf. Delpy, p. 80; Scheibler-Aldenhoven, p. 230.

2° Pinacothèque de Munich (n" 34i. Cf. Delpy, p. 81; Scheibler- Aldenhoven, p. 221.

9-10. Ecole du Maître « der heiligen Sippe » (vers 1480-1520) ; 1" Musée Germanique, Nuremberg, n" 33. Cf. Delpy, p. 84; Scheibler- Aldenhoven, p. 249.

2° Cologne, Wallraf-Richartz Muséum, n° 222. Cf. Delpy, p. 85.

11-13. Maître de Saint-Séverin (commencement du xvi'' siècle) : 1" Cologne, Wallraf-Richartz Muséum, n° 125. Adoration des Mages.

Cf. Delpy, p. 89; Scheibler-Aldenhoven, pi. 92, p. 279; Wormann,

Kunstgeschichle, t. Il, p. 493.

2° Tableau de l'église Saint-Sévorin à Cologne. Cf. Delpy, p. 90.

3" Petit tableau au Wallraf-Richartz Muséum. Cf. Scheibler-Aldenhoven, p. 280.

14. Colog-ne, presbytère deTéglise Sainte-Ursule, tableau daté de 1315, attribué à un élève du Maître de Saint-Séverin iZeitschrifl fiir hildende Kunst, 1892, pi. X; Scheibler-Aldenhoven, pi. 98, p. 291 ; Delj)}', p. 92, fig. à la p. 93'. Sainte Ursule présente à l'Homme de douleurs le donateur ag-enouillé, un chanoine de Cologne; aux pieds de la Sainte sont assises deux de ses compagnes; une troisième, en prière sous le manteau protecteur, intercède auprès du Christ pour le chanoine.

15. Cologne, Wallraf-Richartz Muséum, n° 216 [Verzeichnis, éd. 1903, p. 50). Tableau colonais, de la première moitié du xvi'^ siècle.

16. Gravure incunable (allemande"? de la Bibliothèque Nationale : cf. >iupra, p. 227 (saint Géréon'.

17. (Grosse en bois doré, du xv"" siècle, à Féglise Sainte-Ursule de Cologne. Voir supra, p. 22(3 (sainte Félicité).

18. Statue en pierre à Saint-Michel de Bordeaux, jadis dans le clocher, maintenant dans la chapelle des fonts. Cf. Marionneau, Descr. des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de Bordeaux (1861), p. 298 ; Corbin, Saint-Michel de Bordeaux, étude hist. et archéol. (Bordeaux, 187"/), p. 91; Guide illustré dans Bordeaux et ses environs (Bordeaux, Gounouilhou, 1904, in-18), p. 50. avec similigravure. Cette sculpture a été restaurée : sont modernes la tête de sainte Ursule, le livre recouvert d'un linge que la Sainte tient dans la main droite, les tètes de plusieurs petits personnages. Sous le manteau, au premier rang, le pape Cyriaque, le roi Ethelreus, le cardinal Vincent, Jacques, archevêque d'Antioche, l'évèque de Bàle et un sixième personnage (laïque) dont je ne sais pas le nom; les compagnes de la Sainte sont étagées derrière, sur plusieurs rangs. Les costumes indiquent le commencement du xv" siècle. Je dois la photographie de cette curieuse statue à l'amitié de M. Paul Vitry.

19. Statue en pierre, du xv'^ siècle, dans l'église d'Avioth (Meuse). Cf. Chaudel, Ann. de l'Institut archéol. du Luxembourg bel(/e, Arlon, 1902-1904.

20. Cologne, Musée Wallraf-Richartz, n" 495 ( Verzeichnis, éd. de 1903, p. 109). Ancienne copie d'après un maître hollandais du commencement du xv'= siècle. Triptyque : au centre, la Nativité; sur le volet de droite, sainte Ursule avec deux flèches dans la main, étendant son manteau sur le pape, le cardinal et les vierges.

21. Une miniature, dans un livre d'Heures de la Bibl. Nat. (ms. lat. 10945), représente sainte Ursule abritant ses compagnes sous son manteau et tenant trois flèches, au lieu d'une : même particularité dans une peinture murale du xv'^ siècle, à l'église Notre-Dame de Trêves. Cette par-

ticularité s'explique probablement par riniluence d'un thème iconographique dont nous avons parlé plus haut ch. VIIT.

22. Peinture de Memling, sur l'un des petits côtés de la chasse de sainte Ursule (Reinach, Répertoire, II, 694, dit à tort que cette peinture orne un « grand médaillon » de la châsse), au musée de l'hôpital Saint- Jean à Bruges : Braun, n° 2i403 ; Hanfstangl, n° 25. Cf. Jameson, Sacred and legendary art, fig. 127; Le musée d'art, l. I, p. 113; Ludwig et Molmenti, Vittore Carpaccio, pi. à la p. 106. Ursule, tenant la flèche dans la main droite, la tète ceinte d'une légère couronne de perles, abrite sous son manteau dix de ses compagnes.

*22. Retable d'un peintre brugeois anonyme. Cette peinture est perdue. On la connaît par le « Maître de la Légende de sainte Ursule », qui l'a représentée sur le panneau de la << Vénération des reliques des onze mille Vierges » (Frîedlander, Meisterwerke der niederl. Malerei, pi. XXXVIII).

23. Gravure incunable de la Bibliothèque Nationale, atti'ibuée par Bouchot Les 200 incunables xfjloijraphiques du Cabinet des Estampes, pi. LXXVI, p. 239i à la Flandre française, je ne sais pour quelle raison.

24. Tableau flamand du commencement du xvi^ siècle, dans l'église d'Hesdigneul-lez-Béthune (Pas-de-Calais), provenant de l'ancienne Chartreuse du Val-Saint-Esprit à Gosnay, publié dans le Bull, archéol . du comité, 1901, p. 48, pi. XIII. Sainte Ursule, tenant la flèche, abrite dix Vierges sous les pans de son manteau.

25. Statuette en l)ois. art flamand, xv<" ou xvi*" siècle, appartenant à la baronne van Caloen de Gourcy à Bruges, et qui figurait, en 1905, à l'Exposition d'art ancien org;misée dans l'hôtel de la Gruuthuuse à Bruges (n» 122).

26. Retable en bois polychrome, exécuté à Bruxelles, au commencement du xvi'= siècle, aujourd hui à Waldstena Suède'' : l'un des sujets représentés sur ce retable serait une sainte Ursule abritant ses compagnes sous son manteau (Destrées, dans Méni. de la Soc. des antiquaires de France, t. LU, p. 67).

27. Statuette en bois du musée d'Amsterdam. Cf. Catalogue van de Beeld houwerken in het Xederl. Muséum, n" 96 ; A. Pit, La sculpture hollandaise au Musée national d'Amsterdam (Amsterdam, Van Rijkom, s. d., f°), pi. XVllI. Travail rhénan du commencement du xvi« siècle. Sainte Ursule abrite de chaque côté une demi-douzaine de Vierges. Le manteau a disparu : l'espèce d'écharpe que tient sainte Ursule n'est autre chose qu'une très longue manche flottante, comme on en voit dans certains costumes de la fin du xv"^ siècle. La raison de cette transformation du manteau doit être cherchée dans la passion des sculpteurs allemands pour le déchiquetage.

28. Gravure d'Israël Van Mecheln Bibl. Nat., Est., Œuvre d'Lv. M.,

t. II, f" 192), Sainte Ursule, sous sou manteau que tiennent des anges, abrite quatre Ursulines, assises et lisant des livres de dévotion.

29. Gravure sur bois servant de frontispice à VHistoria de sancta Ursula iinpressa Colonie per Martinum de W^erdena, dont jai vu un exemplaire au musée Amstelkring, ou musée catholique d'Amsterdam, et qui est décrit dans le Caf. du duc de la Vallière, t. III, n" 4720.

30. Gravuie de .1. Wierx Alvin, Caf. de l'œuvre des frères Wierx, p. 273). Devant la Sainte, un livre sur lequel est posée une flèche. Audessous, cette légende qui fait allusion à l'illustre naissance de sainte Ursule : O quam pulchra est casta generatio cnm claritate : iinmortalis est eniin memoria illius i^Liber sapientiae, IV, 1). Sous le manteau, outre les Vierges, deux évèques.

31. Gravure de Th. Galle Bibl. \at.. Est., Œuvres des Galle, t. V, f"il . Devant la Sainte, le livre avec la flèche. Sous le manteau, outi'e les Vierges, deux évèques, des moines, des gens de toute condition.

32. Le musée archiépiscopal d'Utrecht est particulièrement riche en représentations de sainte Ursule abritant ses compagnes sous le manteau protecteur : ce type y est représenté par une statuette en bois, du début du xvi"^ siècle sous le manteau, au premier rang, le pape et le cardinal ; par un fragment de vitrail du xvii<" siècle; par un fragment de chasuble; par une médaille de dévotion, en argent.

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