Gloires de Marie, V. g
corde de Marie. Je crois bon, comme complément de mon étude sur la Vierge au manteau, d'étudier le type iconographique que le moyen âge a imaginé pour exprimer l'idée de l'intercession de Marie. Les deux idées sont connexes. L'une et l'autre semblent avoir été répandues d'abord par les Cisterciens ; et le type iconographique inventé pour exprimer la seconde paraît bien, comme le type inventé pour exprimer la première, d'origine cistercienne.
Les représentations où l'on voit la^'ierge montrant ses seins à Dieu pour apaiser son courroux contre les hommes sont fort nombreuses depuis le xv" siècle jusqu'aux débuts du xyu"^. Elles se divisent en deux catégories : ou bien la Vierge et Jésus sont aux pieds du Père et lui montrent, celui-ci la plaie de son flanc, celle-là son sein nu ; ou bien c'est le Christ qui est irrité contre les hommes et veut les punir; la Vierge est devant lui qui l'implore en faisant le geste que nous disons.
Les derniers exemples, à ma connaissance, de la ^'ierge d'intercession montrant sa poitrine nue se rencontrent dans l'œuvre de Rubens. Un dessin de Rubens, gravé par Egbert Van Panderem, représente ainsi l'intercession de la Vierge : le Christ est debout, tenant sa croix ; la Vierge, devant lui, s'incline dans uue attitude suppliante, en portant la main sur son sein nu •. Plus connu est le tableau du Christ voulant foudroyer le monde (au musée de Bruxelles) tant admiré de Fromentin : « La terre est en proie aux vices et aux crimes, incendies, assassinats, violences ; on a l'idée des perversités humaines par un coin de paysage animé, comme Rubens seul sait les peindre. Le Christ paraît, armé de foudres; tandis qu'il s'apprête à punir ce monde abominable, un pauvre moine "-^ dans sa