Ps. LVI
conception de Jahvé-chéroub ', sont la source où la mystique a pris la comparaison de la Vierge protectrice avec une oiselle "'. Mais jamais la protection divine n'est comparée dans la Bible à un manteau.
Cette comparaison se trouve-t-elle dans les Pères ou dans la Liturgie ? Salzer, qui a recherché avec une patience admirable les épithètes et les métaphores de la Vierge dans la patristique grecque et latine, dans la liturgie, les hymnes et les écrits mvstiques, cite des centaines de textes sur la Mère de Miséricorde : les métaphores sont vas, fons, latex, flumen, sinus misericordiae'^ ; saint Bernard, par exemple, dans un passage célèbre (jue nous avons déjà eu occasion de citer, compare la Vierge de Miséricorde à une mère qui ouvre ses bras à ses enfants : omnibus niisericordiae sinum aperii, ut de plenitudine ejus accipiant universi. Mais dans aucun des textes collectionnés par Salzer, la miséricorde de Marie n'est comparée à un manteau.
Le type iconographique de la Vierge au manteau, comme celui de la Vierge Immaculée, ou ^'ierge de Lourdes, a sa
1. Ps. XG. 3 : Ipse liberavit nie de laqiieo venanliiini... Scapulis suis obumbrabit tibi. et snh permis ejus sperabis.CL XVI. 8 -.sub umbra alai-umluarnm protège me;XXW, S: filii hominurn in legmine alaruin liiarum sperabunl; LXIl, 8 : in velamento alariim tnaruni exuUabo.
2. In Salve reçfina. II (sermon attribué à tort à saint Bernard, dans Migne, CLXXXn'^, 742) : le sermonnaire adresse à la \'ierg:e la prière du Psalmiste sub timbra alaruni iuarum nos protège Ps., XVI, 8). Cf. P. L.. CLIX, 314. Saint Ephrem. De laud. Mariae, t. III, p. 57(5 de l'éd. de Rome, 1732, cité par Salzer, op. cit.. p. 373: sub alis pietatis atque niisericordiae protège nos. Le prieur Reitter dans une ode de son Mortilogus Augsbourg, 1508), sur laquelle nous reviendrons plus loin^ a cette strophe :
Pande maternuni greminm reliclis.' Sub tuis tuti latitenius alis, Dira ne nabis noceanl venena Pestis acerbae !
(I 1.,'àme de saint Hugues de Cluny se réfugia près de la Vierge coinme sous l'aile dune mère » (Sausseret, -lp/)a7'/7('oHs et révélations de la T. S. Vierge, t. I, p. 171). Les Franciscains ont hardiment transféré cette métaphore de la \'ierge à leur fondateur : « Une femme singulière, sainte Douceline. agitait le midi de la France. Elle appartenait au Tiers-ordre de saint François. On recueillait ses paroles comme une révélation divine. A la question inquiète dune sœur, elle répondit : « Oui vraiment. sous Icsailesde saint François, vous serez toutes sauvées » Gebhardt, L'Italie mystique, p. 209, d'après la Vie de sainte Douceline, texte provençal, publié par Albanès, Marseille, 1879).