SERVITES
1. Sienne, dans le chœur de Sainte-Marie des Servites. Tableau à fond dor, daté et signé dun peintre siennois qui n'est j)as autrement connu : Opus Johannis d\e\ Pétri S[enens;si MCCCCXXXVI. Lombardi, 401. « Probabihnente dev'essere stata rifalla saU'anHea. La tempera è scarsa e grigia ; la tavola ha sofjferto per i^estauro » (Cavalcaselle et Crowe, t. [X, p. 43 . La Vierge abrite sous son manteau les membres de l'Ordre des Servites. « L'on prétend, dit Hélyot (t. III, p. 301), que la Vierge s'apparut aux fondateurs de cet Ordre, en leur montrant un habit noir qu'elle leur commanda de porter en mémoire de la passion de son Fils. C'est en mémoire de cette apparition, qui, selon le P. Archange Giani [Annales Ord. Serr. B. V. M.), arriva le vendredi saint de l'an 1239, que les religieux Servites ont coutume de faire ce jour-là une cérémonie qu'ils appellent les Funérailles de J.-C. » Giovanni di Pietro a donné à la Vierge la robe noire des Servites (cf. Hélyot, t. III, pi. 81-84,, mais en l'ornant, sur les manches, de grandes broderies qui représentent des prophètes ; le scapulaire que porte la Vierge est couvert de broderies analogues : en haut, sur la poitrine, la Sainte Face; au-dessous, trois prophètes tenant des banderoles où sont figurés des caractères dénués de sens. Derrière le manteau de la Vierge, quatre anges vus à mi-corps.
2Relief de grandes dimensions, jadis au-dossusdela porte latérale de l'église des Servites, à Venise, placé depuis 1900 au-dessus de la porte d'entrée du Musée de peinture (anciennement Scuola délia Carità) ; don Guggenheim (Diego Sant'Ambrogio, La colonno votiva di Cantù,p. 12).
3. Gravure romaine du xviii'" siècle, par N. Bangiorgi. La Vierge de Sept Douleurs — l'Addolorata — avec les sept glaives plantés dans le cœur, abrite sous son manteau les Servites agenouillés, à droite les hommes, à gauche les femmes. Au-dessous, cette inscription : Regina servorum tuorinn, ora pro nohis. 3e ne connais cette gravure que par une reproduction imprimée à Rome, le 21 juin 1894, au couvent des Servites (S'-Marcel du Corso, cédé aux Servites par Grégoire XI en 1370i, et qui était en 1905 affichée à un pilier du chœur de Saint-Sauveur de Bruges. Une image analogue se trouve, parait-il, en tète des bréviaires des Servites; ce serait en quelque sorte le slenima de l'ordre.
MERCËDAIRES
1. Gravure éditée par Pierre de Jode a\ec celle lég;on(\e : Ordinis beat ae Mariae Virginin de mercede redeniplionis captivoruni (la planche usée de cette f^ravure a été réemployée par P. Mariette le fils). La Vierge, couronnée et nimbée, est vêtue de l'habit des Mercédaires : manteau, robe, et large scapulaire sur lecjuel sont brodées les armes de l'Ordre;
pour ces armoii'ies, cf. Barbier de Montault, Traité d'iconogr., t. IV, pi. XVII, n° 189 Œuvres, t. IV, p. 173. i Deux anges soutiennent son manteau, sous lequel sont agenouillés les Mercédaires avec d'autres personnes (à dr. le pape et des évèques ; à g, l'empereur et le roi). A terre, devant la Vierge, des fers de captifs. Dans le ciel apparaît Dieu le Père, qui fait le geste de la bénédiction. PI. IV, 2.
2. Gravure in- 12, non signée, du milieu du xvii<^ siècle, au Cabinet des Estampes !Fig. myst. de la Vierge, t. I). La légende est française : « La très sainte Vierge, l'an 1218, le i'"'" jour d'aoust, apparut avec grand esclat et déclara que son Fils vouloit que l'on instituât sous son nom l'Ordre des Religieux de la Mercy pour le rachapt des Chrétiens esclaves : ceux qui portent le scapulaire de leur confrérie ou qui font l'aumosne pour les esclaves gaignent de grandes indulgences qu'ils peuvent appliquer aux defuncts. » Dans un cadre ovale, où sont accrochés des fers et des chaînes, apparaît la Vierge dans le costume des Mercédaires ; sous son manteau, que soutiennent les anges, sont agenouillés, à droite le Pape, un saint en costume de mercédaire (sans doute le fondateur de l'ordre, saint Pierre Nolasque, y 13 juin 12^8 et une sainte; à gauche un jeune roi et sa jeune femme d'artiste a dû penser à Louis XIV et à Marie-Thérèse). Au-dessus de la Vierge, une banderole qui porte ces mots : Maior horum est charitas (I Cor. xiii, 13^. A terre, devant la Vierge, une paire de « doubles boucles ». Au bas du cadre les armoiries de l'ordre, et deux captifs agenouillés : ils viennent d'être rachetés et ils offrent leurs fers en ex-voto à la Vierge.
3. Musée de Valence, n° 49. Grande toile en longueur, par Antonio Vergara (début du xvii'^ s. . Xuesfra S* de la Merced. La Vierge porte le blanc costume des Mercédaires, manteau, robe et scapulaire, celui-ci marqué des armoiries de l'Ordre. Au premier rang des priants qui sont agenouillés sous le manteau protecteur, un Mercédaire tenant la bannière de l'Ordre : c'est le donateur, d'ailleurs inconnu. A côté de lui, une femme présente son enfant à la Vierge, et un captif racheté lui offre ses chaînes. Je dois cette description à M. Bertaux.
4. Musée de Valence, n° .^4. Toile en hauteur, par VicenteLopez il772- 1850!. La Vierge de la Merci, en blanc. Les captifs, la femme et les deux enfants agenouillés sous le manteau sont des portraits du peintre, de sa femme et de ses fils Luis et Bernardo. Le manteau est soutenu par des angelots. Tableau d'un joli ton clair; influence manifeste de Tiepolo renseignements communiqués par M. Bertaux . — PI. XXX, 2.