G, 1201 (réserve
min, mesurant Om. 61 de haut sur 0 m. .06 de large. En tête, la lettre G, initiale du mot Gloriosus, se détache en pourpre sur fond bleu encadré de baguettes d'or formant un carré, des ang^les et du milieu duquel se détachent des rinceaux de feuillage. Une guivre ailée vient mordre l'angle inférieur gauche. L'intérieur de la lettre est à fond d'or. Sur le parvis de la cour céleste, représenté par un carrelage rouge à dessins blancs, la Mère de Miséricorde, de face, très hanchée, portant les insignes des reines (couronne d'or à fleurons, manteau de pourpre doublé d'hermine) tient l'Enfant Jésus sur le bras gauche, et dans la main droite un rameau rouge. Le manteau de protection, largement étendu, est tenu, à droite, par saint Nicolas, patron de la Lorraine, à gauche par sainte Catherine, patronne des clercs. Les deux saints protecteurs sont debout. Saint Nicolas porte la mitre, la chasuble et la crosse : la main droite est levée, bénissant. La sainte a la main gauche appuyée sur l'épée, et, dans l'autre, elle tient une petite roue (les bourreaux tentèrent de rouer sainte Catherine, et n'ayant pu y parvenir, ils la décapitèrent).
Sous le manteau de la Reine des Cieux, des hommes agenouillés, les mains jointes, les uns barbus, les autres imberbes; tous semblent tonsurés et portent le manteau à capuchon des clercs et des moines. Manteaux et capuchons sont de couleurs de fantaisie : rouge, bleu, vert, pourpre.
L'Enfant Jésus porte une robe Aerte rayée de blanc, avec semis de fleurs rouges. La tête, selon l'usage, est nimbée du nimbe crucifère, et dans chaque canton supérieur du nimbe figure un petit o : ce détail a son origine dans l'iconographie grecque*, où le nimbe crucifère des personnes de la Trinité porte toujours dans les cantons supérieurs 0 QN c Je suis celui qui suis » [Exode, m, 14).
Dessin très fin, dont quelques couleurs sont légèrement passées, mais dont quelques-unes, principalement les ors, ont gardé une merveilleuse fraîcheur. Dimensions de la lettre : 100X1 16 mm.
1. Le Guide de la peinture (Didron, Manuel d'iconographie, p. 457) s'exprime ainsi : « Dans la croix marquée sur le nimbe des trois personnes de la Trinité, écrivez ces lettres O CON, car c'est ainsi que Dieu a parlé à Moïse lorsqu'il lui est apparu dans le buisson ardent : ivw du.: 0 (ôv. Disposez ainsi ces lettres : que Yomicron soit sur la partie droite du nimbe, Yôméga sur la partie supé rieure. le ni/ sur la partie ^--auche. »
O.MBlilE
1. Triptyque autrefois dans la collection Campana, aujourd'hui au musée de Perpignan (Perdrizet-René Jean, La galerie Campana et les musées fra>içais, p. 33 . Le Cat. des tableaux du musée Napoléon III, p. 88, n" 324, le décrit ainsi : « Au milieu, Jésus sur la croix avec la Madeleine à ses pieds ; d'un côté des soldats, do l'autre la Vierge évanouie dans les bras de Marie et de saint Jean. Au-dessus de la Crucifixion, le Couronnement de la Vierge. Les volets représentent X.-D. de Miséricorde, la Crèche, l'Annonciation, et dans le bas, six figures de saints. A l'extérieur, les volets portent une inscription à demi efTacée et dont on ne peut lire distinctement que la date 1333. Style de Giotto, école ombrienne. » M. Crouchandeau {Catalogue du musée de Perpignan, 1884, p. 107), transcrit ainsi cette inscription : « MCCCXXII hoc opus... factum per societatem devotam beatae Miariae) Virginis gloriosae... sanctum Vitalem ex impensis societatis prediclae... Dei semper sit filio sua in adjutorium... auxilium ad dictam tahulam. Requiescant in pace. Amen ». — Il ne m'a pas été possible de trouver à Perpignan un photographe capable de faire la reproduction de ce tableau.
2. Pérouse. — Frescjue dans l'église de la Commanderie de Sainte- Ci'oix, par Bonfigli, datée de 1478. Cf. Cavalcaselle et Crowe, t. IX, p. 136 et 139 : <( copia di una composizione troppo conosciuta e comune. Le figure che stanno inginocchiate, ai lati délia pittura, solto al manto délia Vergine, porlano il nome d'una Confraternità. L'Eterno scaglia dardi dalV alto. La pittura ha niollo sofferlo. >•
3. Bastia (près Assise). — Tableau peint par Bornardino di Mariotto pour la confrérie de saint Antoine abbé et de saint Antoine de Padoue
(de Mandach, Saint Antoine de Padoue et l'art italien, p. 149). La Vierge apparaît sur une nue. Son manteau est soutenu par des anges. Elle descend vers la terre, pour protéger la Confrérie agenouillée, qui lui est recommandée par les deux Antoine. Bernardino di Mariotto, qui peignait vers 1320, est un archaïque attardé.
Banmkres de confréries ombriennes
4. pérouse. — Bannière peinte (par Bonfigli ?), aujourd'hui à S. Franresro al Prafn. Mentionnée par Thode, Franz von Assisi. 2'' éd.. p. ''117.
Photog:raplnée par Alinari. Publiée dans Les Arts, n"clenov. 1907, p, 10. Pour la description, voir infra, p. 114. Dans le bas de la bannière, est représentée Pérouse ; on distingue, dans une rue, une procession de pénitents blancs qui se dirige vers une église : ce détail donne à croire que la bannière avait été commandée par une Confrérie — PL XVII.
5. Bannière peinte en 1472 (par Bonfigli?) pour les Fratelli délia confraternità di S. Benedetto, à l'église S* Maria Xuova de Pérouse; Anderson, n° 15663; médiocres reproductions dans les médiocres livres de l'abbé Broussolle, Pèlerinacjes ombriens, fig. 4, et La Jeunesse du Pérugin et les origines de Vécole ombrienne, fig. 301. Pour la description, voir infra, p. 114.
6. Assise. — Bannière ruinée, autrefois à l'église Saint-Crépin. La description de Cibo, p. 116, est visiblement inexacte ; je suis celle de Milanesi (Vasari, 111, p. 510). Cette bannière, qui appartenait à une Confrérie de Saint-Biaise, représente d'un côté la Madone, qui, à la prière de saint François et de sainte Claire, accueille sous son manteau la foule des confrères de saint Biaise, vêtus de blanc ; de l'autre côté, saint Biaise évêque, assis entre saint Rufin et saint Victorin, et au-dessous, deux épisodes de la légende de saint Biaise. Rumohr (II, p. 116) suggère que c'est peut-être la bannière dont parle Vasari dans la vie du Pinturricchio (111, p. 509) : « in Ascesi fece [rAlunno] un gonfalone che si porta a processione. »
7. Bannière, autrefois dans la collection Campana {Cat. des tableaux ^f^ musée Napoléon III, n" 372), depuis 1876 au musée d'Angoulême (Perdrizet-René Jean, La galerie Campana et les musées français, p. 33). Reiset la décrit ainsi [Notice des tableaux du musée Napoléon III dans les salles de la colonnade du Louvre, p. 48, n° 111 : « Niccolô Alunno. Toile. H. 2, 52. L. 1, 28. Grande bannière peinte des deux côtés. Au recto. Vierge de Miséricorde couronnée par des anges et entourée de chérubins. Elle couvre de son manteau saint François d'Assise et sainte Catherine de Sienne, qui lui présentent des pénitents agenouillés. Dans le haut, le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean. Au verso, divisé en trois compartiments, se voient, en haut, l'Annonciation ; au milieu, un évècjue assis entre deux évèques debout ; dans le bas, le martyre de saint Biaise. Nous supposons que cette bannière est celle dont a parlé Vasari et qui avait été peinte à Assise. » Cf. Frenfanelli Cibo, Niccolo Alunno e la scuola Umhra (Rome, 1872), p. 163. Le Catalogue du musée d'Angoulême dit qu'en 1876 la bannière était en mauvais état, et (ju'elle a été restaurée. Cavalcaselle et Crowe, qui l'avaient vue quand elle était encore à Rome, chez Campana, ont noté que la figure du Christ était mollo danneggiata e rifalta, ainsi que plusieurs autres personnages. — Il ne m'a pas été possible de trouver à Angoulême un photographe capable de photographier cette bannièi'e.
BOKGO S. Sepolcro.
8. Retable de Piero délia Francesca, conservé aujourd'hui au munlcipio de Borgo San Sepolcro. L'une des plus anciennes œuvres du maître: elle lui fut commandée le 11 juin 1445, moyennant 150 florins
d'or, pai" la Compafjnia délia Misericordia pour sa chapelle de Thôpital (Milanesi dans Vasari, 11, p. 494). Alinaii, 10o()4-S ; Rosini, III, p. 37, pi. 3S ; Jameson, Madonna, p. 33 (fig.) ; Cavalcaselle-Cro\ve, VIII, p. 193-199; Burckhardt ■', p. 677 ; Witting, Ptero dei Franceschi, p. 7, pi. 2. Sur les volets, entre autres saints, saint Sébastien. La Vierge porte un bonnet dont le bas est ceint d'une couronne, où les perles alternent avec les fleurons; la forme du bonnet rappelle celui que porte le duc Federigo d'Urbin sur le fameux portrait des OlTices, peint par Piero en 1469. Huit laïques, de condition moyenne, quatre hommes et quatre femmes, sont agenouillés sous le manteau ; un des hommes porte le costume noir de la Confrérie. Aux bouts de la prédelle, sur laquelle sont peintes des scènes de la Passion, le monogramme de la Confrérie
çpj^ = M{sericord)ia.
'9. Il ne faudrait pas identifier ce tableau avec la fresque dont parle Vasari : « Al Borgo... in fresco lavorô [il Piero] una Nostra Donna délia Misericordia in una Compagnia ovvero, come essi dicono, Confraternità ». Cette fresque n'existe plus. Elle se trouvait dans les locaux que la Confrérie occupait à l'hôpital. Elle fut peinte en 1478, et paj'ée 87 écus (Milanesi dans Vasari, II, p. 494).
VlTERBE.
10. Via del orologio vecchio, n°H, au-dessus de la ported'une maison du moyen âge, médaillon haut d'environ un demi-mètre, i-eprésentant la Vierge de Miséricorde, sans la couronne ni l'Enfant, abritant sous le manteau de protection deux membres d'une Confrérie revêtus de la catroule.
11. G. Angelmi Rota, Spoleto e dintorni (Spolète, 1905), p. 6 : « Nella
via Cecili è la chiesa délia Misericordia, sulla quale poggia la maeslosa
abside dell' ex-chiesa des'li Aaostiniani, S. Nicolô. La chiesa inferiore
trae il suo nome da uno di quei communissimi dipinti, rappreseritanti
la Virgineche accoglie sotto il manto i fratelli di una Compania di
disciplina, tavola che si vedeva nella chiesa superiore. »
Orvikto.
12. Anderson, Io:)41. A la cathédrale, maintenant dans la chapelle du sanlissinio Corporale. Tableau représentant la Vierge (pii prie pour un grand nombre de gens agenouillés sous son manteau, les hommes à dr., les femmes à g. Derrière la Vierge se pressent les Anges; deux d'entre eux tiennent les pans du manteau. Comme aucun des priants ne porte de cagoule ni de bannière, on est tenté de croire qu'ils représentent les habitants d'Orviélo ; le priant plus grand (|ue les autres, à dr., (pii porte le costume ecclésiasticjue, serait le donateur. Mais d'après
M. Fuuii, les priants représenteraient la Confrérie des Fratelli reconiinandati, et l'ecclésiastique serait leur cappellano. Parmi les femmes, deux, jeunes et belles, portent des couronnes à fleurons. La Vierge est debout sur un degré où est inscrit cet hexamètre :
LIPVS DE SEXA NATus NOS PIXXtV AMENA
non se rapportant aux priants. Cavalcaselle et Crowe (III, p. 127), Fumi {Il duomo di Orvielo e i suoi restauri, Rome, 1891, p. 361), Ileywood et Olcott {Guide to Siena, p. 183) admettent que cette inscription mérite créance. Ce tableau d'Orviéto présente en effet de grandes analogies avec la Maestà peinte par Lippo Memmi à San Gimignano. S'il est de Lippo, il est antérieur à 1336, date de la mort du peintre. Personne ne nie du i-este. que le tableau d'Orviéto n'ait subi dimportantes retouches : quelques-unes, par exemple celle de la doublure du manteau, sont visibles même sur la photographie. Je ne sais sur quoi se fonde M. Thode [Franz von Assisi-, p. ol6| pour attribuer ce panneau à un élève de Lippo. Reproduction excellente dans l'Histoire de iarl publiée par la librairie Colin, t. Il, 2, fig. o20 : l'auteur du texte explicatif (p. 844) estime cette peinture « Tune des plus suaves de Lippo ». Autre reproduction, pénible à voir, dans Reinach, Répertoire de peintures, II, 536.
SlEXNE.
13. Tableau de la collection Campana [Catalogue des tableaux du musée Napoléon III, n" 144), depuis 1876 au musée de Cherbourg [Rev. archéol.. 190o, I, p. 427 ; Perdrizet-René Jean, La galerie Campana et les musées français, p. 22). Reisel le décrit ainsi (Xotice des tableaux du musée Xapoléon III exposés dans les salles de la colonnade du Louvre, Paris, 1863, p. 34. n" 82) : « Ecole de Sienne, commencement du xv« siècle. Bois. La Vierge de Miséricorde tenant l'Enfant Jésus. Sous son manteau se réfugient un grand nombre de personnes de toutes conditions. Au pi'emier plan, plusieurs pénitents se frappent avec leurs disciplines. Leur vêtement est fendu de façon à laisser voir leur dos nu », ou plutôt de façon à permettre à la discipline de frapper directement la peau. Même ouverture au dos de la robe des Disciplinati délia confraternité, di S. Domenico, sur un tableau de Boccati da Camerino, au musée de Pérouse (Alinari, o614; Broussolle. Jeunesse du Pérugin, fig. 31 ; Reinach, Répertoire, t. I, p. 272) et des pénitents du retable de Simone de Cusighe infra, p. 8o). — PI. III, 2.
14. Sous l'hôpital de Sienne sont des chapelles de Confréries. La plus importante de ces Confréries, la Confraternità délia Madonna, possède une petite collection de peintures, dont les plus curieuses ornaient lextrémité des bières dont se servaient les confrères pour transporter les morts. L'une de ces teste di barra (Lombard!, 2401) représente la Vierge de Miséricorde, trônant, avec l'Enfant qui bénit et la couronne ; deux anges soutiennent le manteau sous lequel sont agenouillés les
confrères, nu-lète. A droite, saint Bernardin ; le pénitent qui est derrière lui, et les deux premiers à ffauciie sont couronnés de rayons : ce sont, je pense, deux des douze compagnons de saint Bernardin, qui se dévouèrent avec lui, pendant la peste de 1400, à Ihopital de S. Maria délia Scala. Bernardin avait alors vingt ans; deux ans après, il entra dans rOrdre F'ranciscain {cî. Acla Sanctorum, mai IV, p. 726-727; Heywood and Olcolt, Guide io Siena, p. 97, 2fib, 260 ; Analecta Bollandiana, XXI, j). 68; XXV, p. 307). La (esta di barra photographiée par M. Lombardi est d'un archaïque attardé, Guidoccio Cozzarelli ; la date, MCCCCLXXXXlIll, est inscrite sous la Vierge. D'autres teste di barra, du même Cozzarelli, se trouvent à l'église de la Miséricorde, près S. Martino ; mais elles ne sont pas en aussi bon état que celles de la Confraternltk délia Madonna (Ileywood-Olcott, p. 280). — PI. VIII, 1.
15. « En 1444, Domenico di Bartolo peignit pour la chapelle de l'hospice (/eZ/a Scala une fresque qui est connue sous le nom de Madonna del Manto, parce qu'on y voit la Vierge étendant son manteau, pour pi'endre le peuple siennois sous sa protection... Cette image, même dans l'état de ruine où elle est aujourd'hui, nous apparaît encore suave et grandiose; elle suffirait à elle seule pour assigner à son auteur une des premières places parmi les artistes siennois du xv« siècle. C'est le seul tableau de dévotion qui reste de Domenico à Sienne » (Rio, De l'art chrétien, I, p. 82; cf. Heywood and Olcott, Guide to Siena, p. 267*.
* 16. Milanesi \Documenti per la storia dell'arte Senese, t. III, p. 80) a j)ublié un document concernant une I)annière peinte pour la Confrérie de la Trinité par Benvenuto di Giovanni di Meo del Guasta : Memnria chôme a di XVIII di Magio anno 1 49i fu jinito il chonfalone che s'è fatto nnovo délia Comparjnia délia sanla Efernilà e da una allro lato la ç/rolioxa Xostra Madré senipre cergine Maria, la quale tiene sotto el suo santissinio manto tutti e frateglie sorele di noslra Compagnia.
Ahezzo.
* 17. Spinello d'Arezzo (y 1410) avaitpeint pendant la peste de 1383, sur la façade de l'église des saints martyrs arétins, Laurentin et Pergenlin, la Vierge de Miséricorde abritant sous son manteau la population d'Arezzo (Vasari, t. I, p. 682). La petite église Saint-Laurentin et Saint-Pergentin servait d'oratoire à la Confrérie de la Miséricorde (Vasari, t. II, p. 283 ; Spinello faisait partie de cette puissante Confrérie ; c'est pour elle qu'il peignit la fresque en cpiestion. L'œuvre a été détruite au xv!!!*" siècle, lors de la réfection de l'église. On n'en sait rien de plus que ce qu'en dit Vasari. Des peintures, œuvres de Parri (1387- 14;i2), le fils de Spinello, peuvent donner idée de la fresque perdue. Parri, qu'on a souvent confondu avec son père, fut de ces peintres attardés qui, jusqu'au milieu du xV^ siècle, restèrent fidèles aux traditions du xiv'=. Ses œuvres sont caractérisées par la longueur démesurée des personnages. Vasari, Arétin comme Parri, fait de lui, par esprit de clocher, un éloge excessif 'co/ort benissimo a tempera ed in fresco perfellanvnli'. I. II. II. 276).
18. Grand tableau d'autel, parParri Spinello, décrit par Vasari ,'t. II, p. 283), aujourd'hui à la Pinacothèque d'Arezzo ( Alinari, OOTa'i. II fut voué, dit Vasari, par la Confrérie de la Miséricorde, dont Parri était membre ; en effet, le monogramme de la Miséricorde est figuré deux fois, dans le champ. La Vierge, de taille gigantesque, vêtue d'une somptueuse étoffe à ramages, porte l'Enfant : celui-ci, dans la main droite, tient un petit oiseau. Deux anges volent autour de la Vierge, avec des encensoirs : deux autres anges tiennent d'une main son manteau soulevé; dans l'autre main, ils ont des tiges fleuries de lis et de rosier. Le sol, aux pieds de la Vierge, est jonché de fleurs. Sous le manteau sont agenouillés les gens d'Arezzo, à droite les hommes, à gauche les femmes. Parmi les hommes, des bourgeois coiffés du chaperon, des moines, et un roi, couronne en tète. A droite et à gauche, agenouillés, intercédant autour de la Vierge, saint Laurentin et saint Pergenlin. Le martyre de ces saints est représenté sur la prédelle, en quati'e compositions qui sont comme de grandes miniatures : i< La predella contiene di figure piccole il mnrlirio di que due Sand, tanlo ben fatlo, che è cerfo, per cosa piccola, una inaraviglia » (Vasari). Cf. Cavalcaselle- Crowe, éd. Douglas, t. II, p. 27.3). Vasari donne des détails sur la fête que la Confrérie de la Miséricorde célébrait le 2 juin, natale des saints Laurentin et Pergentin (Acta SS., juin I, p. i.o9 a). L'église des deux martyrs, qui était l'oratoire de la confrérie, eût été trop petite pour contenir la foule : sur la piazza alla croce, où se trouvait l'église, on dressait ime tente sous laquelle on élevait un autel ; sur cet autel, on exposait à la vénération des fidèles la chasse de Forzore, dont nous allons parler (n" 20 , et le tableau de Parri.
19. Fresque de Parri Spinello, dans la grande salle de l'ancienne maison des Confrères de la Miséricorde, maintenant salle du trii)unal civil. Cf. Cavalcaselleet Cro%ve, Storia, t. II, p. 467. Douglas, dans son édition del'ouvragede Cavalcaselleet Crowe (t. II, p. 272), confond cette frest[ue avec celle de S. Maria délie Grazie [infra, ch. x, cat. n" 12). Elle représente la Vierge abritant sous son manteau les gens d'Arezzo pour lesquels intercèdent saint Grégoire et saint Donat debout ; derrière la Vierge, deux anges qui volent. Vasari (t. II, p. 283) dit que beaucoupdes priants représentaient des personnages connus d'Arezzo, notamment un certain Braccio, qu'on appelait <■ le Riche » et qui mourut en 1425.
20. Reliquaire en bronze, très médiocre travail toscan de la première moitié du xv^ siècle, au musée d'Arezzo (Alinari, 9749 . Sur les côtés, des scènes de la vie des saints Laurentin et Pergentin. Au sommet du couvercle, une statuette de bronze, qui repi'ésente la Vierge de Miséricorde, abritant sous son manteau, à droite les hommes, à gauche les femmes. Ce serait l'œuvre de Forzore di Niccolô Spinello, cousin de Parri Spinello. Vasari éd. Milanesi, t. II, p. 2831 parle d'un reliquaire de Forzore, en argent, qui contenait les corps des saints Laurentin et Pergentin, et qui appartenait à la Confrérie de la Miséricorde ; or le reliquaire du musée d'Arezzo serait en bronze. Mais Vasari, qui s'est trompé sur le degré de parenté entre Forzone et Parri, a l)ien pu se
romper aussi sur la matière du reliquaire. — PL VII, 2.
Pr.nnm/.iiT. — La Merye de Miséricorde. 6
82 CATALOGLR
21. Lunette à arc mixtilig-ne (cf. Reyniond, L'arc mirtlligne florentin, dans Riviata d'arte, II, n" 12i, en marbre blanc, sur la porte de Tancicnne maison des confrères de la Miséricorde. Perkins, Sculpteurs il.iliens (Paris, 1870). t. I, p. lofi, dit à tort que ce relief orne le portail de S. Maria délia Pieve. Reproductions dans Cicognara, Storia (lella scultura, pi. XVIII, et dans Bode, Denknviler der Renaissance- Srulplur Toscanas, pi. 313 ; cf. Alinari, 9739. Venturi Archivio slorico dcliarte, 1889, p. 233 ; cf. Burckhardt, 9, p. 449) a démontré que ce relief, altril)ué jusqualors, d'après Vasari, à Niccolô di Piero di Liimberli, Arétin, qui commença en 1383 la construction de la Miséricorde d'Arezzo, était de Bernardo di Mattco da Settignano, autrement appelé Rossellino. La maquette, assez difTérente dans les détails, est au musée d'Arezzo (Alinari, 9743 ; Bode, pi. 31G|. Les proportions très élancées de la Vierge rappellent Spinello, avec l'exagération en moins. La Vierge a l'Enfant sur les bras, dans une belle attitude maternelle; elle regarde en haut, vers Dieu ; le visage, le regard expriment la pitié, la tendresse miséricordieuse. Deux angelots écartent les pans du manteau, sous lequel sont agenouillés des gens de toutes conditions ; à droite, en haut, le pape ; derrière lui, sur la maquette, un moine encapuchonné ; derrière le moine, un soldat casqué ; devant le soldai, sur la maquette, une femme. Bernardo a rompu avec la tradition, qui ne manquait pas de mettre à la droite delà Vierge les clercs ou les hommes, à la gauche les laïcjues ou les femmes. Aux extrémités du tympan, agenouillés, les doux martyrs locaux, Laurentin et Pergentin, une main sur la poitrine, dans un geste d'adoration ; l'autre main, qui tient la palme du martyre, s'appuie sur une targe qui porte Le monogramme crucifère de la (Confrérie, Miisericordi)A, le même que sur le tableau de Parri à la Pinacothèque d'Arezzo. — PI. IX, 1.
Flohence.
' 22. Retable et sceau de la Compac/nia di S. Maria délia Pielà o delta Miscricordia. Cette Confrérie, ordinairement appelée bucca di S. Girolamo d'après l'endroit où elle fut fondée (la grotte de saint Jérôme à P'iesole), se réunissait dans le sous-sol de l'hôpital S. Mattco. Ses statuts, de 1410, révisés en 1414, sont conservés dans les archives de la confrérie, piazza S. .Innu/jcia^a, et contiennent cette mention : « Una tavola di Noslra Donna délia Pietà overo Misoricordia, sotto il cui amanto si goda la brigata degli eletti... Ancora uno suggello colla figura di S. Maria della Pietà collo amanto steso al modo detto. » Ces deux monuments sont aujourd'hui perdus. Cf. Brockhaus, ForKchunfjen, p. 111.
22 bia. Le manuscrit (pii renferme ces statuts est orné de deux petites miniatures (lettres ornées ?) qui représentent la Vierge abritant sous son manteau des priants agenouillés. Cf. Brockhaus, op. laud., p. 114. D'après M. Grenier, qui a bien voulu les examiner à mon intention, ces mmiatures ne présentent pas de particularités notables.
23. La maison des Enfants trouvés (Spcdale degli innocenti) possède dans s-i petite galerie de peinture une toile de Pontormo (1494-1 !)')7) qui
CATALOGUE iSo
représente la Vierge couvrant de son manteau les enfants trouvés. Cet institut de bienfaisance est placé sous l'invocation de la Vierge (Brockhaus, oy). latid., p. 115).
24. Prédelle de Ridolfo Ghirlandajo, au Bigallo. Alinari, 17095 ; Poggi-Sui)ino-Ricci, Il Bir/allo (Florence, 190^>, p. 29). Cette prédelleorne le retable de marbre blanc, exécuté au commencement du xvi'' siècle pour loger les trois statues d'Alberto Arnoldi, qui sont du xiV siècle. .< Dipinse anco Ridolfo nella chiesina délia Misericordia in sulla piazza di S. Giovanni, in una predella, tre bellissime storie délia Nostra Donna, che paiono miniate » ^Vasari, VI, p. o38). La Vierge de Miséricorde occupe le milieu de la prédelle, entre deux petits panneaux qui forment comme les volets d'un triptyque et qui représentent la Nativité et la Fuite en Egypte. Les pans du manteau sont soutenus par des anges. Sous le manteau, à droite, le pape, l'évèque, le moine et des laïques ; à gauche, les femmes, religieuses et séculières. Du groupe formé par la Vierge et par ceux qui l'implorent s'approche le Christ ; de la main droite, il fait le geste de la bénédiction, les deux premiers doigts levés; de la main gauche, il montre sur sa poitrine le lis de Florence. A l'une des extrémités delà prédelle, saint Pierre de Vérone, massacré par les hérétiques. A l'autre extrémité, Tobie et son père portent un mort; dans le fond, un cortège de pénitents noirs ; la scène se passe devant S. Giovanni, c'est-à-dire devant le Bigallo môme. Ces deux compositions rappellent la double origine de la Confrérie du Bigallo. En 1244, saint Pierre de Vérone fonde l'ancienne Confrérie du Bigallo » ad onore e reverentia délia nostra gloriosa madré V^ergine Maria » i texte cité par Alinari, Eglises et couvents de Florence, p. 85), pour combattre l'albigéisme. En 1425, cette Confrérie se fond avec celle de S. Maria délia Misericordia, qui datait de 1292 (Brockhaus, Forschungen, p. 108i, et qui avait Tobie pour patron : c'est pourquoi dans l'une des chambres du Bigallo est peinte à fresque, en douze tableaux, toute l'histoire de Tobie
Urbin (environs d').
25. Giovanni Santi vers 1483) reçut la commande d'une Madonna délia Misericordia pour l'oratoire de l'hôpital de Montefiore, à quelques milles d'Urbin. a La Vierge, debout dans une niche, présente l'Enfant, qui bénit d'une main, et de l'autre tient le globe. Deux anges soulèvent les pans du manteau. Au-dessous du groupe divin sont agenouillés à droite quatre confrères de la Miséricorde ; à gauche, trois connorelle, devant lesquelles en est une quatrième, jeune et belle, qui encourage à l'adoration son petit enfant. Ces figures, qui sont des portraits, ont beaucoup d'animation et expriment avec une rare justesse une foi naïve et un peu bornée. Saint Paul, saint Jean l'Evangéliste, saint François et saint Sébastien sont groupés à l'entour. Dans le haut, deux petits anges agenouillés sur des nuages » (Cavalcaselle et Crowe, Vlll, p. 406). La description de Passavant (Raphaël d'Urbin et son père Giovanni Santi Paris, 1860, t. 1, p. 24; cf. t. II, p. 607) est très inexacte.
Ancône.
26. Tym[)an cinti'é,sur la porte de l'église de Santa Maria delta Misericordia. La Vierge, sans la couronne et sans l'Enfant, couvre de son
manteau la foule des confrères de la Miséricorde 'Alinari, 17666'. Cette porte est une œuvi-e élégante de la première Renaissance (Biirckhardt, Le (Acerone, t. Il, p. 63 de la traduction); le relief, qui est de la même époque, g'arde une forte saveur archaïque. — PI. IX, 2.
Bologne.
*27. Retable aujourd'hui perdu Milanesi, Vasari, II, p. 140), jadis sur le maître-autel de l'église de Mezzaratta, près Bologne. Cf. d'Agincourt, t. III, p. 151, pi. 160, d'après un ouvrage anonyme que je n'ai pu voir, Pitture, scolture ed architetlure délie chiese di Bologna, 1782, p, 362. La Vierge est encore de type roman ou byzantin ; des deux mains, elle tient devant elle l'Enfant qui bénit. Les priants sont échelonnés les uns au-dessus des autres, à droite des femmes, à gauche des hommes. Ce sei'aient, d'après d'Agincourt, les membres de la Confrérie qui fit faire cet ex-voto. Au revers du tableau était cette inscription :"XPOFORUS [Christo foras) PINXIT. 1380.
Parmk.
28. Fresque de la fin du irecenlo. dans une chapelle du Baptistère. Audessous d'une Crucifixion, la Vierge de Miséricorde entre deux saints, Zenexius ^S. ZE.NEXIVS; qui joue du violon, et Zenon. La Vierge étend son manteau sur une dizaine de personnes agenouillées, de tout âge et condition, à droite les hommes, à gauche les femmes. Dans le champ, une inscription ruinée : CSORTIVM VIVORVM et MORTVORVM MCCCLXXXXVIII... La Vierge de Miséricorde était la patronne du Consorzio dei Vivi e dei Morti auquel appartenait la chapelle, et qui avait été fondé le 25 février 130* Allodi, Série cronologica dei vescovi di Parma, I, p. 576). Je dois la photographie de cette fresque à l'obligeance de M. L. Testi, directeur de la Galerie de Parme. — PI. VIII, 2.
29. Madonna délia Misericordia, fresque de Pier Antonio Barnabe! (1567-1630 , naguère au-dessus de la porte extérieure de YOrfanotrofio femminile de Parme, récemment entrée au musée de Parme. II. 2,14 ; larg. 4,60. La Vierge abrite sous son manteau les orphelins et les recteurs et rectrices de l'établissement; elle fait de la main droite un geste d'accueil et dans la main gauche tient un pain. Cf. Bnlletlino d'arte dei Minislerio délia Puh. Isfruzione, 1907, fasc. IV, p. 19, avec gravure.
Vkrone.
30. L'église Sainte-Marie de la Miséricorde, plus tard église Saint-Eloi, était celle de la Corporation (Università des orfèvres. La Vierge y était représentée abritant six membres de la Corporation sous son manteau dont deux anges tenaient les pans Biadego, L'arte dcgli ure/ici in Verona, Vérone, Francliini, 1890, p. 29-30).
Perdrizet, Lii Vierge de Miséricoi-de