Echard, op. laud.. t. I, p
Maliens maleficaruin — institue dans cette ville la première Confrérie du Rosaire. Charles le Téméraire était venu mettre le siège devant Neuss : les Colonais redoutaient qu'après la prise de Neuss, il ne les attaquât k leur tour: dans ces conjonctures. Spren<j;'er n'eut pas de peine à leur persuader de recourir k la dévotion nouvelle : il les enrôla tous dans une Confrérie, qui fut inaugurée par une procession solennelle, k la fête de la Nativité de la Vierge, le jour même où, par une coïncidence dont la crédulité fît un « signe », mourait k Rostock le soi-disant." rénovateur » du Rosaire, Alain de la Roche. Sur ces entrefaites, la paix est conclue entre le duc de Bourgogne et l'Empereur : on y voit l'elfet des prières de la Confrérie nouvelle, la dévotion du Rosaire est désormais consacrée'. Aussitôt le légat de Sixte IV confirme la Confrérie et la dote d'indulgences^. Deux ans plus tard, le 30 mai 1478, elle est approuvée et enrichie de nouveaux privilèges par bulle pontificale '^ Dès lors, le Rosaire se répand partout ; dans tous les pays se fondent des Confréries sur le modèle de celle de Cologne.
L'église Saint-André à Cologne possède un grand triptyque attribué au maître de Saint-Sé vérin fpl. XIII, 1), qui commémore la fondation de la Confrérie colonaise et la protection dont la Mère de Miséricorde, touchée par les prières de cette pieuse société, couvrit alors Cologne. Au milieu, une Vierge gigantesque, debout, portant l'Enfant qui égrène le rosaire ; deux anges volant, tiennent au-dessus de la Vierge trois couronnes de roses blanches et rouges. Sous le manteau doublé d'hermine sont agenouillés, les mains jointes, k droite les clercs, k gauche les laïques, la plupart tenant le rosaire.
La dévotion du Rosaire, inventée par un Dominicain breton, lancée par les Dominicains allemands, est essentiellement dominicaine. Les monuments iconographiques ne manquent pas de rappeler cette origine. Sur le tableau de Cologne, du