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LA VILRGE ET LES CONFRÉRIES DC ROSAIRE

e silentio, il se présente dans la question des origines du Rosaire avec une force irrésistible. Même les Dominicains d'aujourd'hui sont obligés de confesser leur surprise i de ne pas trouver la mention de cette dévotion dans les anciennes Vies du saint qui en aurait été le fondateur : pourtant il n'y a pas moins de dix Vies de saint Dominique datant du xiii° siècle, et elles sont remplies du détail complaisamment énuméré des dévotions multiples de l'Ordre envers la Vierge. De même, on chercherait en vain une allusion au rosaire, si lointaine et discrète fût-elle, soit dans les ^icta- des chapitres de rOrdre tenus au xui^ siècle, soit dans les dépositions des trois cents témoins du Toulousain qui furent entendus en 1232 au procès de canonisation de saint Dominique. Dans les deux premiers tiers du xv*" siècle, les Dominicains qui écrivent la vie de saint Dominique, Thomas -Antoine de Sienne (7 vers 1430), saint Antoine de Florence (7 1 io9), Jean Lopez [j vers 1470), ne disent encore rien du Rosaire.

Telle est, depuis ijlchard, l'argumentation des critiques. Au temps d'Echard, l'historien n'employait d'autres matériaux que des textes. On doit aujourd'hui, à l'argument négatif fourni par les textes, ajouter l'argument négatif fourni par l'iconographie. Le rosaire ne se trouve sur aucun monument figuré antérieur au dernier quart du xv*" siècle. Cette constatation ne saurait être indill'érente k l'archéologie, puisqu elle lui procure un terminus post quem pour dater les représentations où parait le rosaire. Il est certain, par exemple, que le retable du Carmel de Pérouse, qui représentait la Mater omnium couvrant de son manteau toutes sortes de gens occupés à dire le rosaire, datait au plus tôt de la fin du xv"* siècle et que la date 1119, qui y était inscrite, témoignait que les Carmes avaient tenté de s'approprier l'invention de la nouvelle dévotion 3.

Alain de la Roche paraît avoir commencé à prêcher le Rosaire à partir de 1463, dans la Flandre et la Frise, puis dans le Nord de l'Allemagne ^ En 1473, Jacques Sprenger, prieur des Dominicains de Cologne — le sinistre auteur du

1. Cf. Mortier. O.P.. Histoire des mailres généraux de l'Ordre des Frères Prêcheurs (Paris, Picard, 1903 , t. I, p. 15, et le compte rendu de cet ouvrage par le P. Van Ortroy, dans les Anal. BolL, XXIII ^1904), p. 116.

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