‹ La Vierge de Miséricorde; étude d'un thème iconographiqueChapitre 65 sur 158 · Lycophron, 1203, Xoiiity.à ToÇîj[iaTa · texte numérisé non relu

Lycophron, 1203, Xoiiity.à ToÇîj[iaTa

108 r.iiAPiTRi: VII

Une maladie est lente ou rapide. Les unes consument le malade peu à peu, le fondent pour ainsi dire : c'est ce que les Grecs exprimaient par le verbe TÉxeiv. Les autres le terrassent brusquement, ou. comme nous disons encore, le « frappent » ; le g^rec avait une expression analogue : Hippocrate ' emploie le mot ^\r,-oi pour désig-ner les g'ens frappés dune maladie aiguë. Dans ces expressions qui d'abord semblent décolorées, la sémantique retrouve les traces de la vieille croyance qui attribuait à des coups portés par un Invisible, à des flèches mystérieuses lancées par un dieu méchant, les atteintes du « mal qui répand la terreur ». les ravages effrayants des épidémies.

L idée d'expliquer les épidémies, leurs coups soudains, multipliés, implacables, par la colère d'une divinité qui, pour faire périr les vivants, les perce de flèches qu'on ne voit pas, est une très vieille croyance, dont il serait possible, probablement, de retrouver la trace dans les folk-lores les plus divers. « LesMahométans. dit Herbelot-, croient qu'il y a des esprits ou des lutins armés de flèches, que Dieu envoie pour punir les hommes quand il lui plaît, et que les blessures que font ces spectres sont mortelles lorscpi'ils paraissent noirs ; mais qu'elles ne le sont pas lorsque les flèches sont décochées par des spectres qui paraissent blancs. C'est ainsi que les Mahométans raisonnent sur la peste, et c'est sur ce fondement qu ils ne prennent aucune précaution pour s'en garantir. » D'après Grimm 3. les anciens Germains attribuaient aux flèches des elfes, des sorcières ou des dieux, certaines maladies subites, ylfa gescot, liugtessen (/escot, êsa gescot. Honorius d'Autun ' et Jacques de ^'arazze "■ rapportent que lors de

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