Catalogue J. Rosenthal. XXXVI. n
4. PI. 80, d'après le ms. du musée Condé, à Chantilly, (jui contient la traduction de Miélot (n° 1363. f° 38 v . L'auteur de l'article paru dans la Réunion des sociétés des heaux-arts. n'ayant pas vu le manuscrit de Chantillj-, croit que c'est un exemplaire du texte latin.
Perdrizet, La Vierge de Miséricorde
Pi. XV
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Munich, clin 23 433 (xiv^ siècle)
Vitrail de Mulhouse (xiv'' siècle)
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CUchi de Vnuteur
Bibl. nat., ms. fr. 46o (xv'^ siècle)
Miroir de la /■édrinptio/i, Lyon, 1^78
La Vierge de Miséricorde et le Spéculum hu/nanœ saluationis
La peste, pour le folklore, est produite par des flèches invisibles : traces de cette croyance chez les Grecs anciens, les Musulmans, les Germains, dans la Rome chrétienne du vi*" siècle, dans la dévotion de saint Sébastien. — Les flèches de la peste arrêtées par le manteau protecteur de saint Sébastien (fresque de S. Gimignano) ou de Marie (bannières ombriennes, peintures italiennes et allemandes). — Ce thème date du w'^ siècle et semble se rattacher à la prédication de saint Bernardin de Sienne. — II a été abandonné au xvi*', comme entaché de superstition.
On se rappelle le début de Y Iliade : pour se venger des Grecs, Apollon, le dieu ambigu qui peut, à son choix, déchaîner la peste sur les hommes ou les en guérir ', descend de rOhmpe, « semblable à la nuit » — - sans bruit, car la nuit vient sans qu'on l'entende ; pendant neuf jours, il tire sur le camp des Grecs ; et tous ceux que touchent ses flèches invisibles, meurent de la peste.
Le mythe racontait qu'Apollon avait tué à coups de flèches le serpent Python, le géant Tityos, la progéniture de Niobé. Mais ce serait être la dupe de la mythologie que d'expliquer par les mythes de Python, de Tityos et des Niobides le surnom à'ky^rfiokzz dont l'épopée saluait Apollon, ou l'arc et les flèches cpii, dans l'imagerie, étaient les caractéristiques de ce Dieu. Les vieux sculpteurs Tektœos et Angelion -' l'avaient représenté à Délos portant les Grâces sur une main et dans l'autre l'arc et les flèches, — les Grâces, dit Macrobe •^, parce que, parfois, il fait grâce aux hommes, leur épargne les épidémies, — l'arc et les flèches, parce que, d'autres fois, il les tue des flèches invisibles de la pestilence ^.
1. Sur ce caractère ambigu d'Apollon, cf. Macrobe, Saturnales, I, 17; sur Apollon comme dieu des épidémies, cf. Roscher, Apollo und Mars, p. 6i.
2. Overbeck, Schriftquellen, n°' 334-337; CoUignon, Hist. de la sculpture gr., I, p. 224.
3. Sat., I, 17; quia perpeluam praestat saluhritatem et pestilens ab ipso casus rarior est, ideo Apollinis simulacra manu dextra gratias geslant, arcum cum sagitlis sinistra, quod ad noxam sit pigrior, et salutem manus promptior largiatur.