Sermo primus in annunt. B. Mariae (P. L., GLXXXIII
H6 CHAPITHE VII
larisée par les mystiques et les prédicateurs du xiii^ et du xiv*^ siècle, notamment par l'auteur anonyme des Meditationes vitae Christi ' et par la Vita Christi de Ludolphe "', au point d'inspirer, au xv" siècle, l'art théâtral -^ et les arts fig-urés ^. Mais revenons à la bannière de Pérouse. Au milieu est la Vierge ; sous son manteau, contre lequel les traits lancés par le Christ viennent se briser, elle protège les Pérugins agenouillés, qui lui sont recommandés par huit saints : à droite, Bernardin, François, Herculan (évèque de Pérouse) et Laurent ; à gauche, Sébastien, Pierre martyr, et deux saints évêques — S^ Nicolas, je suppose, et S' Louis de Toulouse. En bas, Pérouse, avec ses murailles, ses clochers, et les tours de ses palazzi. Dans la ville on aperçoit une confrérie de pénitents blancs, qui se dirigent en procession vers une église. Cependant, hors des murs se passe un drame terrible : des gens suivaient tranquillement le chemin qui monte à Pérouse, quand la Mort, brusquement survenue, en a tué plusieurs à coups de javelot; mais un archange, lance à la main, fonce sur la Mort — sans doute à la requête de Marie — et l'empêche de poursuivre sa funèbre besogne. Il est croyable que cet épisode a rapport à une peste : les gens dont le peintre a représenté la mort subite durent être soudainement terrassés parla contagion, comme le sont, par exemple, quelques-uns des personnages de la grande Litanie, dans lune des plus étonnantes peintures des Très riches Heures ■\ Le thème dont ces quatre bannières sont des variantes devait être populaire dans 1 Ombrie, dans la deuxième moitié du quattrocento. Mariotti*^* décrit une fresque aujourd'hui
1. Gh. II. Les Medilidiones sont attribuées communément à saint Bonaventure. Sur cette attribution, voir plus haut, p. 15.