Cf. supra, p
\2'i CHAPITRE VII
nicain anonyme auquel nous empruntons ce texte, continue ainsi :
0 hone Jesii, exaudi siipplicanfem pro nohis fvam Mairem !
Autrement dit, la miséricorde de Marie peut faire fléchir la justice de Dieu, mais encore faut -il que la Vierg^e implore. Sur les représentations qui la montrent arrêtant les flèches de la colère, elle n'implore pas toujours '. Les saints intercèdent auprès d'elle, et elle, brusquement, s interpose entre Dieu et les hommes. Elle étend son manteau, et les flèches divines se brisent, ou même retournent Acrs Celui qui les a lancées. La Yierg-e apparait gigantesque, entre le ciel et la terre, pendant que Dieu, à demi caché dans les nuées, semble tout petit -. On ne saurait donner à entendre dune façon plus sig^nitîcative quela^ie^ge, par sa miséricorde infinie, contrarie et annihile les desseins de Dieu. Mais, parce quelle était outrancière, cette représentation devait inquiéter la prudence des théologiens. Aussi ne sest-elle pas répandue en dehors des milieux franciscains. Aussi n a-t-elle pas, que je sache, été adoptée en France, où le catholicisme a toujours été plus pondéré qu'en Italie et en Allemagne. Et elle a disparu dès le xvi'^ siècle, en même temps que le trigramme de saint Bernardin : les flèches de la colère ou de la pestilence, le fétiche du Nom sacré ^ durent paraître à l'orthodoxie catholique, quand elle tâcha de faire face aux attaques de la Réformation, des symboles compromettants, trop souvent entachés de superstition populaire pour qu'on les pût garder.
1. Sur la bannière de Corciano elle est fig-urée priant, les mains jointes : mais sur les bannières de Montone et de S. Francesco. sur les fresques d'Atella et dAversa ou sur le tableau de Pecori, rien n'indique quelle prie.
2. Même disproportion dans le tableau de la collection Butler, qui représente le pape Léon IX guéri dun mal à la main par lintercession de la Viergre
Reinach. Bépertoire, t. I. p. 492 .
3. Il se trouve aujourd'hui sur une foule d'ornements d'église et de vêtements sacerdotaux : on l'explique comme étant l'abréviation de l'invocation J esus) hiominumi sialvaton : au xv siècle, le trigramme ne signifiait pas autre chose que le Nom de Jésus. Ihesu s. IHS oj;j.
Italie.
1. Montone. Dans Téglise Saint-François. Bannière datée de 1482, transformée depuis en retable. Pour la description, voir supra, p. 114. OEuvre de Bonfigli, selon toute vraisemblance ; l'attribution à Sinibaldo Ibi, de Pérouse, dont il y a, au dôme de Gubbio, un tableau daté de 1307, et qui procède du Pérugin et de Raphaël, est inacceptable. Alinari, 3187 et 3786. Cf. Revue de l'art chrétien, 1900, p. 206 ; Broussolle, La Jeunesse du Pérugin et les origines de lart Ombrien, fig. 123; de Mandach, Saint Antoine de Padoue, p. 91; La Lorraine artiste, 1903, p. 63; Gaz. des Beaux-Arts, 1903, II, p. 407; Les Arts, n" de nov. 1907, p. 9.
2. Pacciano (village à 13 km. de Città délia Pieve^. Bannière de Bonfigli. Au centre, la Vierge couvrant de son manteau les fidèles agenouillés pour lesquels intercèdent saint Sébastien et saint Nicolas. Dans le haut, le Christ irrité, avec saint Raphaël et saint Gabriel. Au bas, une vue du pays de Pacciano. Cf. Broussolle, Pèlerinages, p. 36; Origines, p. 177.
*3. Pérouse. Fresque aujourd'hui détruite à S'^ Croce in borgo S. Sepolcro. Cf. supra, p. 117.