Panneau dAversa, Cf. supra, p. 119. — PI. XVllI
11. Vincenzo Pinturicchio, qu'il ne faut pas confondre avec son illustre homonyme, Bernardo Pinturicchio, l'auteur des fresques de la Lihreria de Sienne et des appartements Borgia, a peint en 1318 une bannièi-e conservée aujourd'hui dans Féglise de Sainte-Marie-Majeure, à Bettoua, en Ombrie. Au centre, la Madone assise dans une ?nandorla, avec l'Enfant sur ses genoux. Au-dessus d'elle, sainte Anne étend un manteau contre lequel viennent se briser les flèches que Dieu lance sur Bettona. Dans le bas, à l'arrière-plan, la ville de Bettona ; au premier plan, agenouillés, saint Christophe et saint Antoine de Padoue. Cf. G. Bianconi, /n/or/jo ar/ un dipinlo esistenie in S. Maria Maggiore di Bettona attribuifo allô Spagna i Pérouse, Santucci, 1869 : de Mandach, Saint Antoine de Padoue et Vart italien, p. 148.
Allemagne.
12. Dans la chapelle du chàteau'de Bruck, non loin de Lienz, a l'entrée du Pustertal en Tyrol, sont des peintures murales du début du xvi"" siècle, dont l'une est un Pesthild. CL Borvmann, Aufnahmen mittel. Wand-und Deckeninalereien in Deutschland, pi. II et IV; meilleure reproduction dans Semper, Beisestudien iiber einige M'erke tirolischer Malerei ini Pustertal und Karnten Jalirbuch der K. K. Centralcomniissinn, Vienne, 1904, ûg. 21 et 22). En haut, apparaissant à mi-corps dans les nuages. Dieu le Père, armé de l'arc et lançant les flèches une par une contre le monde. Autour de Dieu Hotte une banderole avec ces mots : Congregabo super eos mala et sagittas nieas coniplebo in eis (Deulér. xxit, 23). Deux Prophètes, dont le roi David, sont auprès de
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Dieu. Sur la terre, à la droite du Père, le Clirist nu, agenouillé, montrant la plaie de son flanc; près de lui flotte une banderole avec ces mots : ecce latus ineuni apertuin propter peccatores. A gauche, la Vierge, Mater omnium, beaucoup plus grande que le Christ : sous son manteau, que soutiennent quatre anges, sont agenouillés les hommes, à droite les clercs, à gauche les laïques. De la main droite, la Vierge montre à Dieu sa poitrine, qui est, ici, soigneusement couverte. Les flèches, en arrivant près du manteau, se brisent à angles droits en plusieurs morceaux : Semper les a prises à tort pour des éclairs [gezackte Blitze, col. 121).
13. Une fresque analogue, qui semble de la même main que la précédente et qui est datée de 1488, se trouve dans la même partie du Tyrol, à Obermauern.
14. Tableau du musée de Buda-Pesth, attribué à L. Cranach le Vieux ou à Griinewald. Braun, 22.j80. Pour la description, voir p. 128. — PI. XIX, 2.
15. Fresque dans la chapelle du cimetière de Mundelsheim, arrondissement de Marbach, Wurtemberg, datée de 14oo ; description dans Lehmann, Das Bildnis,p. 211 : c Marie est debout devant son fils, et lui montre le sein qui l'a nourri, pendant (]ue sous le manteau, qu'étendent les anges, se réfugient des hommes et des femmes de tout âge et de toute condition. »
16. 11 faut rapprocher des peintures précédentes la miniature d'un des manuscrit munichois du Spéculum humanae salvationis (clm 23433), où l'on voit un javelot venant du ciel contre les pécheurs réfugiés sous le manteau de Marie. — PI. XV, 1.
17. 11 en faut rapprocher encore le tableau suivant, (jui témoigne d'idées analogues.
Retable daté de 1424, jadis dans l'église des Franciscains à Gôttingue, aujourd'hui au Welfen-Museum, à Hanovre (Zeitschrift fiir christliche Kunst, 1889, col. 213). Il représente en haut le Christ comme juge du monde, assis sur l'arc-en-ciel ; du ciel tombe une pluie de flèches. En bas, à droite, est agenouillée Marie qui, dans son manteau qu'elle tient levé à deux mains, reçoit nombre de ces flèches. Derrière elle, deux saintes sont agenouillées. Devant elle, agenouillés, en pleurs, saint François et sainte Claire ; près de ceux-ci est cette légende : Salve illos, Chrisfe, pro quitus Virgo Mater te oral. Entre Marie et François gisent seize personnes, les unes vêtues, d'autres nues ou enveloppées du linceul, toutes percées par les flèches de la colère; les unes sont déjà mortes, les autres lèvent des mains suppliantes. — PI. XXX, 1.
Los liois llèclies du Dieu de vengeance représenleul les trois lléaux, la guerre, la famine et la peste, dont Dieu punit les trois concupiscences, avarice, orgueil et luxure. — Origine scripturaire et dominicaine de ce liième ; vision de saint Dominique, ex[)lication d'un Pesthlaft dominicain.
Parfois dans l'art allemand, le Dieu de vengeance, au lieu de lancer des javelots, se sert de l'arc — comme il est dit dans les Psaumes^ — et décoche des flèches, soit une à une, soit trois à chaque coup. Dans un manuscrit, copié vers liOO, d'une traduction allemande du Spéculum humanae salvationis-, on voit au-dessus de la Mater omnium, Dieu irrité, apparu à mi-corps dans les nuées, bandant l'arc contre les pécheurs (pi. XIX, 1). Sur cette miniature l'arc n'est armé que d'une flèche ; dans le tableau attribué à Cranach le Vieux, au musée de Buda-Pesth (pi. XIX, 2), dans un tableau du musée de Nuremberg, qui, comme celui de Buda-Pesth, doit dater des environs de ITiSO, Dieu le Père décoche trois flèches d'un coup-^.
Un retable du peintre Valençais, Jean Reixats, représentait, d'après les termes du contrat de commande, Jésus-Christ armé de trois lances dont il veut détruire le monde, et, audessous, la Vierge de Miséricorde abritant l'humanité sous
1. Ps. VIL 13 : ai-ciim suum lelendil et paravil illum ; XVII, 15 : misit siKjillas suas et dissipavit eos. Cf. II Rois, xxii, 15 : misit sagiltas ; Josèphe, Anl. Jud., I. n, i (il s'agit de la destruction de Sodonie) : -/.a\ ô 0êô; lys/.r'-.xs'. [jiÀo: il: Tr,v 7:oÀsv. Une Bible eu images, du xui" siècle, contient une miniature qui représente Dieu tirant des flèches — une par coup — sur les pécheurs fBibl. Xat. IV. 0561: photogr. au Cabinet des Estampes, dans Ad. l'i.J c, t. I .
2. L. Rosenthal, Iiuunahtila xi/loffraphica et typographica (cat. 90), Munich 1.S!)2, II" 1 : Cal. IV 100, p. 291-295. Cf. Bouciiot, Les 200 incunables xylographiqiies du département des Estampes, p. 2".