‹ La Vierge de Miséricorde; étude d'un thème iconographiqueChapitre 81 sur 158 · Rapidement. Cf. Godefruv, .s. r. isnelemcnt. '2. Tempère · texte numérisé non relu

Rapidement. Cf. Godefruv, .s. r. isnelemcnt. '2. Tempère

3. Ce texte n'est pas de saint Bernard, comme nous létablirons plus loin eu étudiant le douille thème iconograpliit(ue aufiucl il a donné naissance (voir l'Appendice).

4. Frater quidiim ininnr. relifposus et fide (l'KjniiH.qni socins h. Francisci inulto lempore fuil.nnrrnvil l'rulrihus(iitihiis(htm. quorum unus hoc rniiqislro Ordinis !icrii)sil.quod, cuin esset Rome h. Dominicns etpro Ordtnis con/irmatione ajmd Deum et .npud dominum pap.im instarel, quadam nocte orans, more solitn. vidit in visione, ul sibi videhalur. dominum Jesum Christum slanlem in aëre et très lanceascontra mundum libranlem. Cui ad genua procidens Virqo mater roqabat, ut misericors his quos redemerat, fieret et jus-

LE THÈME DES TROIS FLÈCHES loi

Cette légende est d'origine Dominicaine : cela explique qu'elle fasse le sujet d'un chapitre du Spéculum. On remarquera que dans le Spéculum comme dans le texte français que nous avons cité, la vision est attribuée à saint Dominique. Dans les plus anciens auteurs dominicains, Géraud de Frachet, qui l'a racontée le premier, et Thierry d'Apolda, elle est attribuée à un Franciscain : le fameux prédicateur Dominicain, Vincent Ferrier, l'attribuait même à saint François. Les Dominicains, pour la plus grande gloire de leur Ordre, attribuaient à leurs rivaux ' une

tiliam misericordia temperaref. Ad qiiamFilius aiehaf : << Nonne vides quantae injuriae mihi fiant '.' Justifia niea non patitiir mala tanta impunita. » Tune dixit mater :'i Sicultu sois, qui oninia nosti,haecest eia perquameos ad te reduces. Habe ounum servum fidelem quem milles in mundum.ulverha tuaannunliet, ef convertentur.et tequaerent omnium salvalorem.Alium eliam servum ei dabo in adjulorem, qui similiter operelur.» Tune Filius inquit malri : » Ecce placatus suscepi faciem tuam: verumtamen ostende mihi. quos vis ad tanlum officium destinure. » Tune domina mater b. Dominicum offerebat domino jesu Christo.Cui dnminus: « Beneet studiose fariet quae dixisti. » Obtulit ef beatam, Franciscum. et hune simiiiter salvator commendavit. Beatus iqitur Dominicus in visione iLla socium diligenler considerans. quem antea non noverat. in craslinum. cum eum in ecclesia reperisset, ex iis quae nocte viderat j-ecognovit, et in oscula sancta ruens et sinceros amplexus dixit : « Tu es socius meus ». Et ex tune facti suntcor unumel anima una in Deo. Géraud de Frachet, Vies des Frères de l'Ordre des Prêcheurs icommeiicées en 1256 , I, J . 1, éd. Reichert, p. 9 ^ Acta SS, août I. p. 442. C'est à Géraud de Frachet que l'ont emprunté les narrateurs ultérieurs, par ex. Galua^iii de la Flamnia \Chron. 0. P., p. 5, éd. Reichert , Thierry d'Apolda (Acta SS, août I. p. 576), et Jacques deA'arazze [Légende dorée, p. 470 Griissej. Cf. encore Rarthélemy de Pise, Opus conformitatum vitae b. Francisci ad vitam Domini nostriJ. C. Milan, 1513), 1. I, II, f" 16 v"> ; Gonon, Chronicon SS. Deiparae, p. 209 : Bridoul. Le triomphe annuelde .V.-D. (Lille. 1640). II. p. 107 ; Martène et L>urand, Amplissima collectio, t. VI. p. 68 : Quétif d'Echard, Script 0. P., 1. 1, p. 37 ; Sausseret, Apparitions et récélatinns delà T. S. Vierge (Paris, 1252), t. I. p. 279; J. Guiraud. Saint Dominique, p. 78 ; Lea, Hist. de l'inquisition, t. I, p. 845 de la traduction, etc. Schreiber Manuel de la gravure au XV' s., t. I, p. 213) attribue par erreur à saint Bernard la vision des trois flèches. On trouvera dans Lacordaire {Vie de saint Dominique, ch. vu) et dans le Saint François d'Assise des PP. Franciscains (Paris, Ploni. p. 106. de curieux détails sur les cérémonies auxquelles a donné lieu la légende de la rencontre. Pour l'iconographie de la scène de la rencontre, cf. le relief d'A. délia Robbia, à la log:gia di S. Paolo de Florence, reproduit dans Saint François d'Assise, j). 106, la prédelle botticellesque du Louvre (Perdrizet et R. Jean. Galerie Campana. pi. ir, la prédelle de Cortone ^Supino. Beato Angelico, éd. fr., p. 34). Pour l'iconographie de la vision des trois flèches, cf. Nys, Vita et miracula S- Dominici. n° 13.

1. Sur la rivalité entre Dominicains et Franciscains, voir entre autres Daunou. dans VHist. litt.de la France, t. XVIII, p. 481 : Lea. Hist.de l'Inquisition,i.\, p. 343, t. II, p. 88 delà traduction. Le boUandiste Van Ortroy, dans les Analecta hollandiana, 1904, p. 115, proteste énergiquement contre les apologistes qui réduisent les querelles entre les Prêcheurs et les Mineurs « à de simples disputes de frères jumeaux ». Elles éclatèrent dès le

vision où saint Dominique avait le pas sur saint Fran-

çois

Ce récit de vision, inventé par l'orgueil Dominicain, a été représenté d'une façon bien curieuse dans un tableau de Paris Bordone, aujourd hui au musée de Brera '. En bas, sur la terre, saint Dominique agenouillé, et la Vierge qui le présente à Jésus-Christ ; le Christ apparaît dans les nuées, assis, tenant trois lances, deux dans la main gauche, une dans la main droite ; il tient celle-ci la pointe en 1 air : entendez qu'à la prière de la Vierge, il vient de relever son arme. Du fond du ciel arrivent vers Jésus les milices célestes, armées de lances : le peintre a voulu signitier que Dieu a toujours à ses ordres des légions d'anges exterminateurs. On notera l'absence de saint François. Ce tableau a dû être commandé par un Dominicain fanatique de la gloire de son Ordre. Saint François, même à la seconde place, derrière saint Dominique, eût paru de trop au donateur. Le sentiment inverse explique que dans le tableau commandé k Rubens par les Récollets de Gand et qui représente le Christ Ajoutant foudroyer le monde, saint François figure seul, sans saint Dominique ^.

xiii' siècle. En 1266. la mésintellij^ence entre les Dominicains de Marseille et rinquisitcur franciscain de cette ville est lorij^ine d'une guerre entre les deux Ordres, qui agrite la Provence et le Languedoc : Dominicains et Franciscains prêchent les uns contre les autres et se prodiguent les pires injures: Clément IV est obligé d'intervenir : il décrète notamment qu'il % aura toujours un intervalle d'au moins 3.000 pieds entre deux couvents aiipartenant aux deux Ordres rivaux. La (juerelle de l'Immaculée conception fut pendant le xiv et le xv« s. la cause de disputes scandaleuses entre les deux Ordi'cs , Lea, op. cit., t. III, p. 7J7 sq) ; la question du Saint Sang donna naissance, pendant la même période, à des luttes non moins âpres J.ea. op. cit.. t. II, p. 203 . Les Dominicains n'acceptèrent que contraints le miracle des stigmates de saint François Lea, t. II, p. 260;, puis tâchèrent d'en faire honneur à des personnes de leur ordre : inversement, les Franciscains protestèrent avec violence quand les Dominicains revendiquèrent le même miracle pour sainte Catherine de Sienne.

1. Le plus grand artiste de l'Ordre Dominicain, Beato Angelico, l'a représentée dans un tableau aujourd'hui à Berlin reproduit dans le Saint Frnnçois d'Assise, puljlié par les PP. Franciscains, p. 100 .

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