JE ME SOUVIENS DE TELLE FLEUR, DANS UN TEL BOIS
Je me souviens de telle fleur, dans un tel bois, De cet insecte au creux d'un ormeau, d'une chasse Où je distingue encor le vol d'une bécasse, D'un verre d'eau que dans une ferme je bois.
Mais j'oublie, à présent que j'avance, une voix Qui me fut chère, un cœur qui tenait tant de place Qu'il emplissait le mien, une charmante face Et des lèvres d'amour qui disaient toi pour moi.
SONNETS POUR COMMENCER l'J
Cette voix et ce cœur^ cette face et ces lèvres, Puissent-ils à leur tour m'avoir bien déserté Et ne retenir rien de cette double fièvre
Qu'une rose au Printemps, une abeille en Été,
La trace en bondissant que fait dans l'herbe un lièvre
Ce qui n'est plus cela que nous avons été.