‹ La Vierge et les Sonnets; poèmesChapitre 4 sur 40 · JUSTE EN FACE, JE VOIS LA MAISON QUE VIGNY · texte numérisé non relu

JUSTE EN FACE, JE VOIS LA MAISON QUE VIGNY

Juste en face, je vois la maison que Vig-ny Habitait dans Orthez, et son rideau de lierre. Durant son temps de servitude militaire Et de grandeur, vint-il parfois dans mon logis?

Quel destin met son nid à côté de mon nid? Rien en moi qui ressemble à ce Romain de pierre. Les feuillages qui font'le bruit d'une prière Protestent dans son parc contre son long* déni.

Et pourtant! N'était-il pareil à tous les hommes? Le contraire est souvent la chose que nous sommes. Afin de s'attendrir, il n'a jamais pleuré.

Quant à moi, contemplant le fronton de sa porte, Triang'ulaire et net, nu comme un Marboré, J'aspire au doux sang-lot qui me fait l'âme forte.

CIGALE ABASOURDISSANTE...

Cigale abasourdissante, Qui me dictes par tes cris Ces quelques vers que j'écris Dans la chaleur écrasante :

Au feu! Sur l'ocre des sentes

Toute la bruyère a pris

Et la replète perdrix

Cherche de l'eau sous les menthes.

Quelque souffle a condensé

Et, sur le sol, espacé

La sueur de mon visage :

En larmes elle a goutté, Comme on voit, avant l'orage, L'averse large d'Eté.

Yî

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