CÉTAIT UN SOIR DE MES DEUX OU TROIS ANS PEUT ÊTRE
C'était un soir de mes deux ou trois ans, peut-être ; Le vent, l'obscurité, la neig-e faisaient peur. Comme un pinson frileux se hérissait mon cœur. Les loups allaient-ils donc entrer par la fenêtre ?
Un autre soir de mes deux ou trois ans, un prêtre, Son humble presbytère abritait nos bonheurs, Dans les Ijs du jardin me montra la douceur D'un nid où quelques rossignols venaient de naître.
SOiNNETS POUR FINIR l6l
Celait un soir de mes deux ou trois ans encor ; Un parfum s'élevait de la tiédeur des pierres, Sous les feuilles, parfum qu'a l'eau de la rivière.
Il tonna. Puis ce fut une saison en or.
C'était un soir de mes quatre à cinq ans, sans doute;
Je crois que de nouveau là-bas il tonne. Ecoute.
YI
JWI REVU LE PA YS NA TAl, MAIS DAiYS UN SONGE.,.
J'ai revu le pays natal, mais dans un songe. J'errais le long- d'une maison en vétusté, M'efforçant de saisir au couloir déserté L'écho des pas de mon père, qui se prolonge.
Tout est désert comme la mort, et le ver ronge La plinthe où s'appuyait mon lit, quand me chant Ma mère l'oiseau bleu, lorsque le soir d'été Semblait une forêt d'azur pleine d'oronges.
SONNETS POUn FINIR l65
Je suis jaloux, Seigneur I Jaloux de mes amours. Puisque de mon berceau mon rêve a fait le tour, Et m'a montré que ce berceau n'est qu'une tombe,
Je ne reverrai plus ce site, moi vivant.
Mais je prendrai la voix triste d'une colombe
Pour vous redemander mon âtre et mes parents.
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