‹ La Vierge et les Sonnets; poèmesChapitre 40 sur 40 · MON CHIEN! ALLONS UN PEU DANS CETTE SOLITUDE · texte numérisé non relu

MON CHIEN! ALLONS UN PEU DANS CETTE SOLITUDE

Mon chien ! Allons un peu dans cette solitude Que la lune bruineuse en montant rosira Lorsque je reviendrai, mon fusil sous le bras. Pensant à ma famille avec sollicitude.

Mes petites seront, à cette heure, à l'étude, S'appliquant aux cahiers que l'encre tachera, Affirmant à leur tour que l'homme pleurera Sur le chemin qui mène à la béatitude.

Cependant tout n'est point dans la vie une croix : On rit sur la pelouse en écorçant des noix, Un pauvre cirque passe, on achète une image,

Et le père, debout, comme avec des rameaux Retient entre ses bras ce nid criant d'oiseaux, Et sa barbe s'étend dessus comme un feuillag-e.

i:UNE DE MBS ENFANTS, DANS LA DOUCE PRAIRIE...

L'une de mes enfants, dans la douce prairie, Avant vêpres, quand l'âme et le temps sont couverts, Sur son front avait mis un peu de laurier vert, Comme en ont les élus des douces confréries.

Allongée, et tenant sa nuque, et recueillie, Elle semblait goûter un suave concert, Bien que les violons et les flûtes de l'air Ne fissent pas bouger les cimes endormies.

Comme j'étais venu rêver dans le jardin, Elle vit que je l'apercevais, et, soudain, Parut g-ênée ainsi de se trouver surprise...

Avoir une auréole, et qu'on ravit aux Cieux ! Je compris sa pudeur, car elle invitait EHeu Au pauvre paradis de notre maison ^rise.

FUT UN TEMPS. COMBIEN f ÉTAIS DÉCOURAGÉ...

Il fut un temps. Combien j étais découragé ! Mais, tel qu'un bon piéton qui fait le tour de France, J'ai repris le sentier de la verte espérance, Saluant de la main les champs et les verg'ers.

Je te dirai comment cette forceque j'ai,

Mon cœur l'a recouvrée, en un jour de souffrance

Telle que le trépas m'eût été délivrance

Tant m'était lourd ce qui maintenant m'est léger.

Avisant un vieux puits dans la cour d'une auberg-e, Son eau me fit penser à votre grâce, ô Vierge ! Qui dans la profondeur cachez votre reflet ;

I^ voulus boire à la divine transparence,

sous mes doigts, coula mon premier chapelet : La chaîne qui murmure au seau qui se balance.

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