ACTE PREMIER | 55 LE DUC, furieux et cotiraht à elle
Qu’est-ce que c’est? Qu'est-ce que c’est?
IBIANE
Rien. Je venais apporter ce que vous m’avez demandé.
LE DUC Sors!
Elle s'approche et glisse sur la table, en la dissimulant et en la retournant, l'aquarelle cartonnée. 1[ y a un silence tragique. Mme Armaury et Diane se sont regardées, et puis, sans rien dire toujours, Diane, baissant les yeux, ressort, masquée par son père anxieux.
MADAME ARMAURY, qui s’est lévée ét s’est appuyée à la cheminée.
Ah! quel regard nous venons d'échanger, cette enfant et moi! La voilà donc, celle qui m'a pris mon bonheur!
LE DUC
Non: madame, celle- là, c’est la victime. I l’a
flétriol HART RSS ? ex ARE ARMAURY
I1 Ja aiméel…
LE DUC Je e ne peñsé be que cela soit une excusel
0e MADAME ARMAURY
Non, ça c “est 1 ma douleur. à Riou É est mon lot, .
RE LA VIERGE FOLLE comme vous dites! car, enfin. je me permets d'observer qu'il ne s’agit pas tout de même d’un viol; d’après ce que j'ai lu à l’instant, il me semble bien que votre fille était plus que consentante.… Elle l’aimait!.…. Ils s’aimaient.
LE DUC Eh bien?.… Après?
LA DUCHESSE
Se faire aimer d’une jeune fille, lui tendre le piège de l’amour pour la faire trébucher, comme . ‘c’est difficile. Nous autres, femmes, nous savons | comme il est aisé de troubler n RES quelle enfant de seize ans!
ne, ‘| MADAME ARMAURY
Puis-je vous demander de jeter les yeux sur une. de ces lettres? “ ; LE DUC
Au choix, tenez... :
Elle lit, mais ses yeux. se brouillent sans doute, car elle ne peut continuer.
MADAME ARMAURY
Non, non... reprenez ces choses, c’est trop affreux... ça fait trop de mal... J’en sais plus qu’il ne faut... (Elle répète toujours machinalement.) Ah! je n’aurais : jamais cru cela de luil...
AUTE PREMIER | FAN res PE LE DUC, résolu.
j Vous allez le revoir, madame. C’est à vous qu’incombe la mission de lui apprendre que tout est dé-
couvert. Dites-lui qu’il a la vie sauve, mais qu'il :
n’ait pas le malheur de chercher. une seule fois, une seule fois, ‘entendez-vous, à revoir ma fille, ou à torrespondre avec elle! È
° MADAME ARMAURY Je l'ai promis, soyez sans crainte.
LE DUC
°Cen est BE tout. Que jamais un mot, un 3ousentendu ne lui échappent. pas une parole qui “puisse none sa victime. ,
| MADAME ARMAURY
De ce côté aussi, je pense que vous n’avez rien :
À craindre. | : LE: DUC. FUN
à - Sait-on | jamais?.. Il ne lui reste qu’à Ltoutes 1
vantardise à l’infamie.. Une Charance, c’est flat
teur! Fe ne See
DE
“MADAME ARM AURY
étend tout cela, c’est peu. Mais, à votre!
tour, je vous en supplie, monsieur, promettez-moi silence. Que rien ne puisse atteindre, notre hono- 5
SN es Ze A pme
rabilité, notre Si tnatidus J e n’ai pas d'antan mais j'ai des parents. |
Nous devons tirer, madame, les uns et les autres, les mêmes avantages du silence, si nous l’observons” rigoureusement.
MADAME ARMAURY
C'est ça... c’est ça... Je vais rentrer. Oh! je ne. sais vraiment plus où j'en suis! Ce que la vie. nous réserve tout à coup! (A Mme de Charance) Je ne peux pas vous dire, madame, combien j'ai honte. pour mon mari, combien je suisnavrée devous avoir
amené cet homme, car, enfin, je suis responsable, ; nos relations, à toutes deux, ont précédé les siennes.
LA DUCHESSE PR 1
Ne vous excusez pas, vous avez péché, comme
aous, par inadvertance.. pas Aus que nousl, PAR MADAME ARMAURY, se levant à, CES
gp ai les jambes peu solides. 44 LA DUCHESSE
Je compatis profondément, chère madame.
MADAME ARMAURY a ne:
*phh] moi, ce n’est) paul la même chose que vousl Rae
ÿ HO ET 21 Q: : : , { une dernière lâcheté! Si je vous dis cela, c’est qu’on ne sait pas où va se nicher l’amour-propre de cer-
Il y a deux catastrophes. la mienne est moins grave. Oh! d’ailleurs, je ne suis pas embarrassée de ma personne... je ne suis pas une pleurarde, moi. Seulement, tout de même, on a beau être solide...
4 « LA DUCHESSE
Voulez-vous que je vous fasse chercher une voiture?
MADAME ARMAURY
C’est inutile... J’ai la mienne en bas...
LE DUC, comme s’il craignait d’avoir oublié l’essentiel.
Et surtout, qu’il n’aille pas se mettre en tête qu’il me doit une réparation... ni même une explication. Sa disparition et son silence ne seront pas
tains hommes! En ce qui concerne la rupture de nos relations, si lon s’en inquiète, nous trouverons
des motifs d’offense plausibles. et, quant à mon fils, Gaston, comme je le connais, et qu’il serait .
capable celui-là d’aller lui cracher au visage, nous né lui dévoilerons rien. qu s'arrête.) Allez, madame,
CHA rc PREMIER 59
Soyez sûre:que nous vous plaignons de vivre à
côté... (Les mots de haine jaillissent comme malgré lui de sa
bouehe.). d’ un pe jorbEns. de ce gibier dé correc-
À tionnellel
IPN RS Les Re 4 1 n CR E # À PRIT EE de: : ER 7 CL: écn LA VIERGE FOLLE A
MADAME ARMAURY, avec un haut-le-corps instineti,
Laissez-moi me retirer, monsieur. Quelle que soit sa faute, quoi qu’il ait fait, je ne puis oublier que c’est mon mari, et que je porte son nom... Permet: tez-moi de m’en aller... (Elle salue avec dignité. La duchesse l'accompagne à la porte.) Oh ! madame, pour la dernière fois que je franchis votre salon, je vous . ! en prie, ne FRIÉCGRRIRE pas. Le geste serait, | de trop.
LA DUCHESSE
Mais si, comme d'habitude... C’est au moïns né- .cessaire pour nos gens. pour la domesticité.….
Dans ce cas!... (Elle se retourne.) Adieu, monsieur.
Aussitôt qu'elles sont sortiés, le duc se Pre RRe à la porte de gauche par où est sortie Diane. :
LE DUC, dans le couloir, appelant d’une voix courroucée.
- Dianel Dianel.. Où es-tu? Arrive ici, arrivel Abl pie À ‘tu étais la! Tu n'étais pas dans ta chambre... tu écoutais aux portes, n’est-ce pas? Je t'y prends! (11 pousse violemment Diane devant lui) Comment t’es-tu permis d’entrer ici, tout à l heure, quand jet’ avais * donné l’ordre de monter Brhaut? le s
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Fr on l , ACTE PKEMIER 61 l 1]
à ,DIANE
Mais, papa, c'était pour l’aquarelle.
LE DUC
Ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrail Tu venais épier ce qui se passait, tu avais peur... car,ce n’était pas cette femme que tu comptais trouver ici, mais lui... |
La duchesse rentre.