SCÈNE PREMIÈRE MARCEL ARMAURY, DIANE, KETTY
Long silence. Puis peu à peu, graduellement, la voix | de Murcel s'élève.
ARMAURY
Ma des ma chérie, petit amour, ma retrouvée,
tusne peux savoir après les angoisses de ces jours-ci après cette sensation affreuse de t’avoir perdue pour
72 LA VIERGE FOLLEtoujours, ce que c’est que de retoucher ta robe... tes gants, les rubans de tes souliers, d’avoir la cer-
titude que tu es là. J’avais perdu tout espoir, je ne
comptais plus que sur le miracle: J'étais si certain de ne plus revoir ta figure et j’escomptais déjà des années d’obscurité; tu étais déjà pour moi comme une chose morte. Je classais déjà, imagine-toi, mes souvenirs.tes photographies, dans la prévision terrible de ne plus me rappeler un jour ta figure... Enfin, c’était affreux! Quelle douleur! Ouf! Je ne voudrais plus repasser par là! Tu ne peux pas
soupçonner les sept diables de jours que je viens
d’endurer. Et moi, Marcel, et moi! Quand je te dirai ma semaine...
ARMAURY
Oh! donne-moi le coin frais de ta bouche, le petit
coin où l’air passe.
DIANE
Attends... auparavant! à |
Elle défait son gant, rétrousse un peu la manche el lui
donne le poignet à embrasser. Et "
ARMAURY
Oui... tu as raison. bonjour à tes mains. Je
les oubliais, les pauvres chéries! VA Ketty, dans le fond, range une valise. { |