‹ La vierge folleChapitre 58 sur 87 · PREMIER GARÇON · texte numérisé non relu

PREMIER GARÇON

No. Leave them alone.

Il sort.

j DEUXIÈME GARÇON ù ur >, © . ; s Voïlà le salon que vous avez fait retenir ce matin parle téléphone. 1 ARMAURY Bien. Aussitôt que quelqu'un... une ou plusieurs personnes, je ne sais au juste. demanderont M. Arraaury, faites entrer ici directement. Vous com: prenez?

LE GARÇON Parfaitement, Armaury.. C’est tout, monsieur

ARMAURŸ C’est tout.

Il reste seul avec son secrétaire.

LE SECRÉTAIRE

N'y a-t-il pas quelque crânerie de votre part, mon cher maître, à avoir avoir accepté ce rendezvous à Greenwich? En somme, pourquoi nela-tcon pas demandé ou fixé à l’intérieur de Londres? ‘

ARMAURY ÿ

J'ai été forcé d’accepter ce rendez-vous, j'y ai : été moralement obligé, je vous assure. Mon ami,

Ni

an A 2, Ka CAùTE RDS fs 133

si je vous ai fait venir de Paris, vous pensez bien que ce n’est pas seulement Pour Vous confier quelques notes sur nos travaux .en suspens à Paris... Si lourde qu’en soit pour vous la charge, nous avions tout le temps! Maintenant que nous avons fran-: chi le seuil de cet hôtel, et que nous ne pouvons plus reculer, maintenant que vous ne pouvez plus faire d’objections, n1 même, au cas où vous l’auriez cru bon, avertir ma chère Dianette, je peux enfin vous parler à cœur ouvert...

* LE SECRÉTAIRE Comment, vous supposiez que je vous trahirais? de: je parlerais à à Mlle de Charance?

{ : ARMAURY |

Ah! c’est que j'ai été à dure école! Si neui avons été pourchassés, rejoints, et si nous avons eu

un mal du diable à nous échapper de Paris l’autre

jour, c’est à cause de r indiscrétion d’une femme de : chambre, en qui nous avions pleine confiance. Une amoureux guettait! Malgré toutes ses promesses

de silence, cette fille avait averti son amant de notre fuite; l’homme a voulu $ opposer au départ - . de sa maîtresse, et il a tenté le coup des lettres ano- nymes pour faire échouer la combiraison. Il y a

presque réussi. Ga | été effrayant! Quelles :

|'transes nous avons éprouvées! Enfin, depuis cette

NS

È 4 Ar | 4 RE S'ECUI Mot 2 Le" CES

RL

ARE 70. ee TU VIERGE FOLLE D

évasion à demi rabé: je suis devenu défiant et Diet d’anxiété... Pardonnez-moi, j'aimais mieux être arrivé à l’endroitmême où a été fixé ce rendez-vous pour vous en donner le vrai motif. j’ai eu tant de peine à le cacher à Dianettel.… Asseyez-vous là... Jene pouvais pas refuser, etsävez-vous pourquoi?.. Parce que, hier, j'ai déclaré à deux témoins, que m'avait envoyés Gaston de Charance au Savoy- : Hôtel, que je ne me battrais pas.

LE SECRÉTAIRE Comment, deux témoins! Il vous a provoqué?

et sur territoire étranger?

Et j'ai refusé de me battre. +: "ANNE

LE SECRÉTAIRE

Vous avez bien fait...

ARARORE è

Oh! c’est vite dit. Je ne peux pas me battre, en effet, je ne le peux à cause de cette enfant que À j'adore au delà de tous les termes que je pourrais À

| employer pour vous l’exprimer... Je ne veux pas" de ce drame de famille, et je ne veux pas non plus 4 être tué, c’est bien simple. Elle a besoin de man vie, il m'est interdit de l'exposer actuellement.

ACTE TROISIÈME 135 Mais, cette lâcheté apparente qui est, au fond, une forme d'énergie, c’est dur, vous savez, à commettre! J’ai donc refusé de me battre, et j’en ai donné loyalement la raison. Maintenant, on me demande un rendez-vous, on exige de moi une explication! Mon premier mouvemétit était de la refuser aussi; le second, le bon, a été de l’accepter.. A fuir toujours devant tout, je passerais à juste droit pour vil.

LE SECRÉTAIRE À

Mais, les térmes de Ia lettre qûi’on vous à rémise sont vagues, si ambigus que vousne Savez même pas qui va se présenter à vous. Je trouve cela d’une témérité folle! J’ignorais qu’on fût venu ici vous provoquer! Si je l’avais su, je vous aurais dissuadé d’accepter ce rendez-vous, soi-disant pacifique. Je ne crois pas à un guet-apens, certes, mais qui allez-vous trouver devant vous?

) 7 ARMAURY

Mon ami, toutes les hypothèses sont PT) Le frère, lé. ipère;, les deux ensemble... un des . témoins peut- “êtrel.… Je les ai toutes envisagées, ces hypothèses, toutes, même les plus dangereuses.

LE asürÉTAIR

Mon cher maïtre, il faut ] prévoir.

/ PTT

tard.

L. L° : 4 “ LE 1 # "4 Per { À Le rt ff ER 5 136 * LA VIERGE FOLLE EURE F ARMAURY LAS C’est mon avis, st c’est POUR ’ai deux lettres à vous remettre...

LE SECRÉTAIRE

Comment cela?

Les voici, et ne discutez plus. Je m’empresse

de vous dire que je ne crois pas le moins du monde.

à une explication dramatique; quel que soit mon interlocuteur, et je pense que ce sera le frère luimême, il ne se portera à aucune extrémité. La

franchise de mon attitude présente, je l'espère, et.

la hâte que j'ai de justifier mon acte, par des paroles décisives.et ardentes, tout cela les apaiseral Néanmoins, il faut prévoir, comme vous dites. Écoutez... s’il arrivait un malheur, si la colère armait le bras d’un homme... voici une lettre pour Dianette.., Vous la lui remettriez avec les ménagements les plus grands... Non, non, ne dites pas un mot, mon cher ami. laissez-moi poursuivre. L'autre est

adressée à mon notaire... Vous la remettriez plus

LE SECRÉTAIRE il

Monsieur Armaury, je n’aurai pas de si HD commission à faire, eb c’est, tout à l'heure, au

2 A nt LE LL Re br ?

AE De: : © ACTE À TROISIÈME

nr. cl

Savoy” à vous-même, que je remettrai les dec

plis. Nous aurons un singulier plaisir à les brûler s

dans un bon feu de bois... Tenez!..

La porte de droite s'ouvre. L'abbé Roux entre.

Page 1