‹ La vierge folle: pièce en quatre actesChapitre 7 sur 29 · Scène IV · texte numérisé non relu

Scène IV

LE DUC, LA DUCHESSE, puis KETTY

Le Duc. — Il a raison. Il ne me paraît pas qu'il y ait de meilleure mesure que celle de ce couvent et de cette retraite jusqu'à amendement complet. La chose est encore possible... s'ils n'ont pas eu de confident. On pourra' en effet, alors, prétexter son éducation... Sonnez trois coups. Sonnez votre femme de chambre.

La Duchesse. — Pourquoi?

Le Duc. — Faites, je vous prie. Elle est toujours enfennée dans sa chambre?

La Duchesse. — Toujours; on lui a monté son déjeuner tout à l'heure, comme on lui avait monté hier son dîner. Je ne suis entrée dans sa chambre que cinq minutes.

Le Duc. — Toujours le même genre, le même mutisme ?

La Duchesse. — Toujours les mêmes bouts de phrases évasifs, des « oui, maman », dçs « non, maman ».

Le Duc. — Je me charge de lui desserrer les dents. (Entre Ketty.) Ketty, faites descendre M"' Diane.

La Duchesse. — Dites-lui que son père l'attend en bas... qu'elle descende comme elle est. (Ketty sort.) Vous allez lui annoncer sou éloignement projeté?

Le Duc. — Non, pas encore. Nous avons avant à régler quelques points d'histoire.

La Duchesse. — Oh! vous n'en obtiendrez pas plus que moi, Amédée. Sans que nous nous en doutions, notre fille avait une nature effroyablement dissimulée.

Le Duc. — J'aurai peut-être plas d'empire. Vous paraît-elle se rebeller?

La Duchesse. — Non, je ne le suppose pas.

Le Duc. — Mais enfin, avez-voas observé chez elle une notion de repentir? Se rend-elle un compte exact de sa faute?

La Duchesse. — Oh! je crois, je crois... je l'espère... Peut-être est-ce la peur qui la fait se taire, la honte surtout... Peut-être redoute-t-elle votre châtiment envers Armaur>\

Le Duc . — En tous les cas cette situation est intolérable. Ce silence inadmissible ags^rave singulièrement sa faute à nos yeux. Oh! je n'augure plus rien de bon d'elle ! Je vous le dis, c'est une enfant perdue. Il faut en prendre notre parti, Gabrielle... Mais il est temps néanmoins de rassembler nos forces et nos

résolutions. Tout cela va se précipiter... A quelle heure, déjà, avez-vous convoqué M™* Armaury?

La Duchesse. — A quatre heures précises.

Le Duc. — Il en est trois. C'est plus de temps qu'il ne m'en faut.

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