‹ La vierge immaculée [microforme]Chapitre 15 sur 79 · DES · texte numérisé non relu

DES

“À VIERGE IMMACULÉE 21 2e délits, d2 puiser quelques gouttes d'eau vivifiante à ce fleuve immense qui réjouit la cité de Dieu. Marie, dans les desseins de Dieu, a été prédestinée, et avant toute créature, pour être un jour sa Mère. Non, dit saint Bernard, la Vierge Marie ne s'est pas ren-

contrée aventureusement et par hasard; mais elle à

été choisie et connue de-tout temps par le Très-Haut, qui se l'est préparée Pour être un jour sa Mère.

«O Vierge bénie, s'écrie à son tour saint Bernardin

de Sienne, vous avez été prédestinée, dans la pensée

divine, avant toute créature, pour donner la vie à

Dieu lui-même, à Dieu qui à voulu se revêtir de tre humanité.

no-

« Toute l'Ecriture, dit encore saint Bernard, a Marie pour objet; elle parle de Marie ; et elle parle pour Marie!

« Or, il est dit à la première page de nos Saints Livres: «Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre sa race et la tienne.» Ces paroles divines prédisent la naissance de la Fille de Juda, l'auguste

Vierge Marie, selon le sentiment général des Pères de l'Eglise,

elle parle por Marie

«Le prince des Théologiens, saint Thomas, définit ainsi la prédestination: «La prédestination, dans l'acception propre du mot, dit l'Ange de l'Ecole, c'est l'acte de Dieu déterminant, de toute éternité, ce qu'il réalise dans le temps, selon l'ordre de la grâce. »

Pesantes ; j'étais enfantée avant les collines. Dieu n'avait fait ni la terre ni les fleuves; il n'avait pas af-

de franchir leurs bornes, quand il posait les fonde-

ments de la terre, J'étais avec lui, réglant toute chose,

Jésus-Christ est le Premier et le chef de tous les Prédestinés ; et Marie est la première des Prédestinés

eprès Jésus! Jésus, notre Père qui est aux Cieux; et Marie sa Mère et notre Mère, la douce Reine des Cieux! Un autre savant ct pieux Théologien (1) traitant de la Maternité divine, s'exprime ainsi: « Nous l'avons medité, quand on pense à Marie, quand on parle de Marie, jamais on ne doit la séparer de son Fils, le Dieu fuit homme pour nous, A quelque point de la durée qu'elle se montre, dans le temps et dans l'étérnité, elle est, ou par destination ou de fait, ce grand prodige de l’Apocalypse, «la femme revêtue du soleil,» c'est-à-dire de Celui qui est l'ineffable splendeur du Père. Voilà puurquoi nous ne pouvons la considérer ni comme Vierge, ni même comme sainte, sans voir plus ou moins explicitement en elle la mère et la Mère de Dieu: car sa Maternité l'enserre tout entière, et donne le dernier mot de tout, même de son existence. Dieu ne l'a pas autrement faite; il ne l'a pas autrement pensée. Donc, aborder la question de ses grandeurs, c'est nécessairement entrer dans cet abîme insondable qui n'est autre que la Maternité divine.

« N'est-ce pas une tâche devant laquelle doitreculer toute intelligence, je ne dis pas seulement humaine, mais créée? Tel est, sans nul doute, le sentiment des

(1) Le Père Thérien, S. J, — Il faut lire et méditer son bel Ouvrage: « La Mère de Dieu...»

LA VIERGE IMMac ULÉE

exalter comme elles le s'écriait un illustre ora ses discours sur

« Insensé que je suis, teur grec, au début de

l'un de la bienheureuse Vie

rge Marie, jai tenté d'exprimer Par mes paroles les radieuses splendeurs de Ja Mère de Dieu, ses incompréhensib! fections, le mystère du ciel et de la terre, le P toire et le miracle du monde,

désir d'expliquer une merveille tions les plus hautes et de Mais, 6 mes bien-nimés, j lysé par la crainte.

es perropitia- Mon cœur Palpitait du si digne des contempla- S plus profondes spéculations,

e m'arrête tremblant et Para-

mystère, et quelle langue, de l'exprimer ? Si, forçant mon courage, j'essaie d'énoncer mes faibles Conceptions, voilà que je retombe dans mes craintes, tant je sens mon impuissance à célébrer une telle grandeur. Ma voix est trop faible, ma lan

gue trop Paresseuse, mon éloquence trop nulle, quand il faut parler

Lime et très sainte Mère de Di Pas même permis à Ja langue humaine de nommer à

la légère... N'est-ce Pas elle, en effet, Vertus des cieux dans

de la très sueu, de celle qu'il n'est

qui jette les

la stupeur! Les Anges, les Ar-

changes, les Principautés, les Puissances, les Trônes, les Dominations, les Chérubins et les Séraphine, en

un mot, toutes les phalanges des cieux regardent la Vierge, nouveau ciel et nouveau trône, et la terreur les saisit, quand ils voient l'Eternel descendre des sommets de sa gloire pour s'asseoir anéanti dans son sein virginal (1)»

«Ce que nous avons entend. ‘e la bouche de saint Epiphane, une multitude d’autres ont dit, soit avant, soit après lui. Contentons-nous d'extraire quelques passages de l'exorde d’un sermon prononcé par saint Jean Damascène, dans la Fête du Sommeil de la très sainte Mère de Dieu: «S'il faut honorer par des louanges la mémoire de tous les justes, qui done n'exalterait pas en Marie la source de la justice, le trésor de la sainteté? Non Pas, certes, pour augmenter sa gloire à elle, mais pour s'acquérir à soi-même une gloire éternelle. Car il n'a pas besoin d'être glorifié par nous, le Tabernacle du Seigneur de la gloire, cette cité dont il est écrit: Que de choses glorieuses ont été dites de vous, à cité de Dieu! La cité du Dieu invisible, incommensurable, qui tient le monde dans sa main, n'est-ce pas celle dont les entrailles ont, contre toutes les lois de la nature, renfermé le Verbe de Dieu, grand comme son Père ?... Non, rien

(1) Les critiques ne s'accordent Pas sur l'auteur de cette homélie, plus communément citée sous le nom du saint Evôque de Salamine.

ne peut lu célébrer dignement, ni la langue des hommes, ni l'intelligence angélique, quelque sublime qu'elle soit: car c'est en ellé et par elle que la gloire du Sci- Sneur s'est mise à Ja Portée de notre vue. »

T° œcuménique, contre l'hérésie de l'impie Nestorius. «La séance où le malheureux hérésiarque fut définitivement condamné, avait duré toute la journée, dit Saint Cyrille d'Alexandrie, président du Concile, La

sitôt qu'on eut appris la Condamnation de Nestorius, des acclamations unanimes éclatèrent au milieu de la

et des torches. L'allégresse éclatait Partout; les rues étaient illuminées ; les femmes, Portant à la main des cassolettes, nous précédaient et brûlaient des parfums sur notre Passage, Le Sauveur, dont on avait outragé la divinité, faisit ainsi éclater ga gloire, en cette nuit sainte. »

Quelques jours après, sept des évêques qui avaient jusque-là suivi le parti de Nestorius s'en détachèrent et parurent à la basilique de Sainte-Marie, pour faire acte d'adhésion aux décrets du Concile. Leur apparition fut saluée par d’unanimes applaudissements. Saint Cyrille prit la parole en ces termes: « L'allégresse déborde, au sein de cette assemblée, du cœur des fidèkes serviteurs de la Mère de Dieu. Parmi nos sujets de tristesse et d’alarmes, la vue de ces vénérables évêques est un rayon de joie céleste. Salut donc, auguste et sainte Trinité, au nom de laquelle nous sommes réunis dans ce temple de Marie! Salut, Vierge Mère de Dieu, trésor de l'univers, lampe inextinguible, couronne de virginité, eceptre d'orthodoxie, temple indissoluble, tabernacle de Celui que le monde est impuissant à contenir, Mère et Vierge, par qui nous fut donné le «Béni qui vient au nom du Seigneur!» Dans votre sein virginal, vous avez porté l’Immense et l’Incompréhensible! C’est par vous que la Trinité sainte est adorée, et la croix précieuse vénérée dans tout l'univers. En votre honneur le ciel tressaille, Les anges et les archanges se réjouissent, les démons s'enfuient devant Celle qui a relevé jusqu'à Dieu l'humanité déchue, renversé les idoles, enfanté la vérité, apporté au monde la grâce du baptême et de l'onction sainte, amené les peuples à la vie. Et que dirai-je de plus? C'est par Elle que

bre de la mort. , C'est par Elle que les prophètes Ont prononcé leurs oracles divins, Jes apôtres évangélisé le monde; c'est Par Elle que-les empereurs rè-

S'il lui plaît, Pour Mère son humble servante! Voilà le chef-d'œuvre de la miséricorde divine. Il ravit

mes. Ici nous ne Pouvons que redire Ja parole du Sauveur: Zuce et obmutesce. La tempête des passions humaines se calme à cette Voix. La terre gi longtemps couverte de crimes livre Passage aux envoyés du Seigneur. « Qu'ils sont beaux les pieds des évan- £gélistes de Ja Paix!» Et Guelle paix annoncent-ils ? Celle de Jésus-Christ Notre-Seigneur, le Verbe do Dieu, qui a choisi Marie pour sa Mère !,., »

Ces sentiments des saints Pères, des Ecrivains ecclésiastiques, des Théologiens sur l'ineffable grandeur de la Maternité divine, Pie IX les a admirablement résumés dans [a Bulle « Ineftabilis (),» un des plus

beaux monuments que jamais Pontife Romain ait érigé à la gloire de notre divine Mère !

Nius donnons immédiatement, le commencement de ceite admiruble Bulle, ce qui nous conduira directement à parler de l’Immaculée Conception qui a été une suite naturelle de la divine Maternité de Marie. Car, ainsi que nous le verrons également plus loin, le premier en date parmi les privilèges intrinsèques de grâce octroyés à Ja Bienheureuse Vierge, en vue de sa Maternité divine, est sa Conception Iinmaculée.

BULLE Tneffabilis. — « Le Dieu ineffable, dont les voies sont miséricorde et vérité, dont la volonté est toute-puissance (1) et dont la sagesse atteint d'une extrémité à l'autre avec force et dispose tout avec douceur, avait prévu de toute éternité la ruine déplorable du genre humain tout entier, par suite de la transgre-sion d'Adam, et, par un mystère caché dès l'origine des siècles, il avait décrété d'accomplir dans l'’Incarnation du Verbe l'œuvre première de sa bonté, d'une manière plus mystérieuse, afin que l'homme, entraîné dans le mal par les pièges de la malice de Satan, ne périt pas, contrairement au dessein de sa miséricorde, et afin que ce qui devait tomber dans le premier Adam se relevât Plus heureusement dans le

(1) Omnipotentia,

Aussi, bien au-dessus de tous les saints, il

me

de suinteté et d’innocence tell

que serpent le plus complet triomphe, cette Mère vénérable à laquelle Dieu le Père a résolu de donner son Fils unique engendré de son sein, égal à lui et qu’il aime Comme lui-même, de telle sorte qu’il fât naturellement tout ensemble le Fils commun de Dieu le Père et de la Vierge; cette Mère que le Fils a choisie pour être substantiellement sa Mère et dont le Saint-Esprit à voulu et effectué que Celui dont il procède lui-même fût conçu et né. »

LOUANGE ET PRIÈRE à LA VIERGE IMMACULÉE ,

MÈRE DE Dieu

Votre Maternité, Ô Vierge Mère de Dieu, a apporté la joie dars l'univers; car c'est de vous qu'est sorti le Soleil de justice, le Christ notre Dieu.

O Dieu, qui avez voulu que votre Verbe prit un corps dans le sein de la bienheureuse Vierge Marie, au moment où l'Ange lui annonça ce mystère, accordez à nos prières, qu'en honorant celle que nous croyons être véritablement Mère de Dieu, nous soyons aidés auprès de vous par son intercession.

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